Roger CHAPMAN au Spirit of 66 le 25 avril 2007

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A soixante-cinq ans, Roger Chapman ne reste pour certains que l’ancienne figure de proue du mythique Family. Pourtant, il n’a pas chômé depuis puisqu’il poursuivit d’abord l’aventure avec son copain le plus fidèle de la bande, le guitariste Charlie Whitney, dans Streetwalkers, avant de passer à un groupe fluctant au gré de ses envies, The Shortlist. Il n’est donc jamais apparu en bout de course, même si le succès l’a parfois boudé. Et, en effet, il a gardé la pêche et dégage toujours autant d’énergie et de punch. Il a peu vieilli et a conservé le même physique de taureau qu’auparavant. Sur scène, il ne se ménage pas. Il est resté un frontman d’exception, sans réelle comparaison, agité, brutal, au langage parfois peu châtié. Il semble toujours fonctionner à l’humeur du moment, aussi peu enclin au compromis ou à la longue parlote stérile. Gêné par un photographe, par trop de lumière, … cela se sait et doit se régler sur le champ. La fin du concert sera d’ailleurs étonnante avec un Roger Chapman qui tirera littéralement hors de scène ses compères à moitié surpris, avant un excellent rappel qui fera rapidement comprendre qu’il n’y en aurait pas d’autres.

Il n’a donc pas vraiment changé. Le personnage reste un spectacle à lui tout seul. Il lui faut toujours aussi peu de temps pour dégouliner de sueur et, nouveauté peut-être, s’asperge abondamment à l’eau de Spa. A l’entendre, on ne peut nier que sa voix a souffert des agressions qu’il lui fait subir depuis tant d’années. S’il la pousse aux extrémités, au maximum de sa puissance, elle a malgré tout perdu une part de son potentiel originel ; elle est aussi devenue moins chevrotante et plus rauque, rappelant parfois Joe Cocker ou, dans un autre registre, Ray Charles. Heureusement pour son public, il rencontre moins de difficultés à chanter qu’à parler.

Comme d’habitude, il est soutenu par une formation de fidèles, au joli pedigree, qui le suivent parfois depuis de longues années. Leur moyenne d’âge, comme celle du public d’ailleurs, est déjà bien avancée.

L’organiste Ian Gibbons, le plus ravagé (physiquement) de la bande, ainsi que les deux guitaristes Steve Simpson et l’ex-Whitesnake Micky Moody, spécialiste de la « slide », effectuent un travail de grande classe derrière leur leader, ne ratant jamais l’occasion de s’envoler dans de flamboyants solos. D’ailleurs, plus le temps passe, plus l’espace qui leur est dévolu devient important. Steve Simpson opère également au violon dans quelques pièces plus marquées par la « Country ». Celui-ci accomplit également un imposant travail de choriste avec l’excellente Helen Hardy. Ces deux-là confèrent une large tonalité « Soul » à la prestation.

La rythmique est efficace et sans faille, bien que sans surprise, tenue par le bassiste Gary Twigg et le batteur John Lingwood.

Le répertoire présenté ne manque pas de variétés, oscillant entre « Blues », « Rhythm & Blues », « Gospel », « Soul », « Country », dans la tradition de Roger Chapman tout simplement. Il restera principalement concentré sur les plus belles pièces de l’époque de The Shortlist, complété par l’une ou l’autre reprise (de Bob Dylan, par exemple) et quelques titres de son nouvel album, le pépère « One More Time for Peace » (dont on reparlera bientôt sur MiB). Ainsi, dans ce fantastique « Best of » idéalement charpenté pour maintenir la tension dans la salle, on pourra reconnaître quelques perles comme « Prisoner », « Chicken Fingers », « Love Is a Hard Thing », … et, en rappel final, une version adaptée et rallongée du célèbre « Shadow on the Wall » de Mike Oldfield, à l’origine sur le fantastique « Crises ». Seuls les quelques rares nostalgiques définitivement « calés » sur Family en seront sortis déçus.

Une soirée à classer dans les bons souvenirs !

JPS1er

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