Nuit Touareg, Botanique, 8 mai 2007

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De manière inattendue, la nuit Touareg a fait salle comble en cette fraîche soirée de mai. Il faut se pincer pour le croire: une file attend patiemment pour s’infiltrer dans le grand chapiteau installé à l’extérieur du Botanique. Un froid mordant ne fait qu’accroître l’envie de se faufiler rapidement d’autant plus qu’on entend les premiers accords de Toumast.


Ayant réussi à me glisser jusqu’au devant la scène, je commence à mitrailler de mon reflex numérique fraîchement acquis la scène où se trouve Moussa Ag Keyna guitariste et leader du groupe accompagné d’Aminitou, sa compagne elle aussi à la guitare. Il faut parler ici de la dimension politique des Touaregs. Moussa est un touareg rebelle qui fut blessé lors de combats en Libye. On est impressionné par son doigté à la guitare, mi-blues mi-rock sur des morceaux qui commencent en douceur puis s’accélèrent avant de finir en rondes ensorcelées. Une musique enivrante, à mi-chemin entre Mali et Mississipi.

Tartit est un groupe de femmes originaires de la région de Tombouctou qui se sont “réunies” (traduction littérale du mot tartit) dans un camp de réfugiés durant la rébellion des Touaregs contre le gouvernement malien. Elles sont accompagnées de leurs griots au tehardent et à l’imzad (sorte de guitare et de violon), elles chantent leur vie, leur tradition et jouent les tindé (percussions) en tapant des mains créant une transe. La musique est plus traditionelle que rock et un peu trop répétitive.

Tinariwen arrive sur scène sous les acclamations de la salle. Les deux leaders du groupe sont Ibrahim ag Alhabib « Abraybone » et Alhousseini ag Abdoulahi « Abdallah », mais il faut considérer Tinariwen comme une grande famille d’artistes touaregs, un mouvement culturel et un courant musical.


Sur scène, Tinariwen a un son qui sonne très rock. “Abraybone” affiche avec décontraction sa tignasse crollée lui donnant un look à mi-chemin entre Bob Marley et Jimi Hendrix. De nombreux titres de leur répertoire sont joués, incluant leur dernier album “Aman Iman”. Peu à peu la scène est envahie d’autres femmes et hommes touaregs qui viennent se joindre à la danse, au point de cacher les musiciens qui n’en ont cure. Tinariwen nous rappelle ce soir que la musique est aussi une fête.

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