19e édition du DOUR FESTIVAL, 12-15 juillet

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Cette 19e édition restera dans les annales puisque, on a pu le lire un peu partout, le festival affichait un soldout complet pour la première fois de son histoire. Soldout qui, s’il a certainement fait plaisir au portefeuille des organisateurs, dénature peut-être un peu le caractère de « plus petit des gros festivals belges », presque familial qu’on retrouvait autrefois. Désormais, impossible de rentrer dans les chapiteaux pour les têtes d’affiches du soir si l’on n’y est pas rentrés une demie heure à l’avance, et surtout, l’accumulation incroyable des déchets dans le camping sera elle aussi digne de records. Mais, trêve de discussions, c’est avant tout pour la musique qu’on vient à Dour, voici une petite chronique des groupes qui m’ont fort marqué durant ces quatre jours carrément rock’n’roll.

Jeudi 12 juillet

C’est avec un petit groupe belge que je n’avais pas encore eu l’occasion de voir sur scène que commencera mon Dour: The Only Room. J’avais déjà vraiment apprécié leur pop pétillante via leur myspace, et cette bonne impression s’est plus que confirmée sur scène: une chanteuse qui a vraiment le sourire aux lèvres quand elle joue, et un groupe qui tient parfaitement la rythmique derrière. Parfait de grand matin pour ouvrir le festival…

Ensuite, c’est le duo explosif de The Black Box Revelation qui remportera vite l’adhésion du public avec ses riffs acérés et sa batterie surmusclée. Du gros rock garage qui n’a rien à envier aux White Stripes si ce n’est d’avoir popularisé la configuration minimaliste guitare-batterie avant eux. Après cela, petit détour via la tente où joue Minérale que j’apprécie beaucoup mais qui me lassent assez vite en concert. Néanmoins, un coup d' »Eyes, eyes, eyes » met toujours de bonne humeur et c’est avec plaisir qu’on ira se squetter quelques pintes avec leur musique en fond.

C’est sur la grande scène (Last Arena) que je me prendrai ma première grosse claque du festival, avec un groupe que j’ai pourtant déjà vu maintes fois sur scène: The dIPLOMAT. Leurs nouvelles chansons sont encore plus survoltées qu’à l’habitude, et prennent une dimension d’autant plus immense sur une telle scène. Et puis, leur jeu scénique s’affirme de plus en plus, avec en avant le chanteur-guitariste complètement allumé, et la bassiste sexy as ever. L’album est prévu pour bientôt, et j’ai plus que hâte d’entendre ça…

Après une pause repas un peu trop longue qui m’aura fait rater Triggerfinger de peu, c’est avec les trois déments de l’Experimental Tropic Blues Band que j’attaquerai la soirée en force, leur show étant encore plus déjanté que jamais. Malgré un son effroyable (ce qui sera d’ailleurs le cas très souvent dans la plupart des chapiteaux, quel dommage), le trio a littéralement brûlé la scène sous nos yeux, jusqu’à ce que le Colonel Bastard finisse Garbage man « queue contre jack ». De quoi aller se reposer dix minutes sur la fin du très joli concert d’Aaron, histoire de reprendre un peu ses esprits et voir des gens un peu plus normaux… Hum.

Par contre, s’ensuivra ma plus grosse déception du festival, tant j’avais entendu de bien du trio japonais de Guitar Wolf, d’ailleurs conseillés en fin de concert comme « LE groupe à voir » par les Tropic. Mais, une fois sur scène, les « fils des Ramones » (tels qu’annoncés par Jacques « Pompon » de Pierpont) s’avéreront beaucoup plus brouillons que garage, commençant le concert par un vacarme d’un quart d’heure où des chansons des Ramones passaient en façade tandis qu’ils faisaient rugir leurs guitares. J’ai voulu me forcer à croire les critiques et tenir le plus longtemps sous le chapiteau, mais ça n’a pas duré longtemps. Allez, hop, on va se changer les idées devant la pétasse de Vive la Fête, un peu de fraîcheur gratuite et sans prétention fait parfois énormément de bien.

Vendredi 13 juillet

Après une courte nuit où j’aurais bien assassiné l’inventeur du djembé, un peu de rock’n’roll fera le plus grand bien, en commençant la journée avec les Louviérois de Dr. Voy. Du classic rock aux frontières entre Lenny Kravitz et AC/DC, très bien ficelé et en place, mais qui n’aura malheureusement pas trouvé son public à Dour. Bah, de temps en temps, ça fait du bien aussi, de se ranger du côté des vieux cons.

Et tant qu’on y est (à jouer dans la cour des vieux cons), autant aller se faire plaisir devant le rejeton Lennon, Sean ne devant se faire aucunement du souci de porter le patronyme de son Beatle de père, tant ses chansons sont belles à en chialer. Peu de présence sur scène, peut-être, mais ses airs d’Elliott Smith hippie sont plus qu’appréciables une fois allongé dans l’herbe de la Red Frequency Stage.

Histoire de se réveiller un peu, retour à la Dance Hall où jouent Les Anges, c’est-à-dire les ex-Hulk augmentés de la claviériste de 50 Foot Combo. Du rock’n’roll pur jus, plein de tension et carrément crado, et décidément un groupe de scène…

Changement total d’ambiance avec Hot Chip sur la main stage, que j’avais adorés en disque mais qui m’ont un peu déçu en live. Malgré quelques refrains bien entêtants et un bon son électro groovy, les cinq anglais ont du mal à assurer durant tout le set. Mais ils s’amusent, c’est clair, et ce serait de mauvaise foi de dire que je me suis emmerdé tout le long.

Par contre, en matière de mélange rock et électro, les new-yorkais de The Rapture ont su autrement mettre le feu à la plaine. De l’énergie en-veux-tu-en-voilà, riffs dansants et nappes synthés bien grasses, des singles à la tractopelle…

En attendant d’aller voir Clap Your Hands Say Yeah, un peu de random-picking sur le programme s’avérera plus qu’intéressant. Ainsi, si le nom zZz a du en intriguer plus d’un, c’est une musique plus qu’intrigante qu’ils jouent également, quelque part entre électronique et psychédélisme, qu’ils exécutent à deux seulement (un batteur-chanteur accompagné d’un claviériste). Décidément une bonne surprise. Quant aux suscités, leur concert était à peu près comme celui que j’ai vu à l’AB il y a un an, hormis quelques nouvelles chansons: bien, mais un peu chiant.

Histoire de finir joliment la soirée, un petit détour devant Bright Eyes et sa pop sucrée et nostalgique s’impose. Plus de djembé, mais du klaxon, cette fois-ci.

Samedi 14 juillet

On commence la journée par mes potes de Melchior qui livrent un show rouleau-compresseur comme à leur habitude, riffs sanglants et batterie uppercut. Après ça, aller revoir Sioen en plein air sera également un parfait concert de début de journée, avec leurs chansons chacune digne d’être une bande son de film, et leur chanteur plus que possédé derrière son piano. Difficile d’ailleurs d’imaginer ça en voyant sa tête de gentil petit gars propret.

Une petite pause avant d’aller voir Two Gallants que je mourrais d’envie de voir depuis un bout de temps. Et la claque a été à la hauteur de mes attentes, ces deux gars-là sont bourrés d’énergie, et l’émotion qu’ils font passer à travers leurs chansons prend au tripes, tant la voix sur le fil d’Adam Stephens semble venir de ses sentiments les plus profonds.

Ensuite, sur la même Red Frequency Stage, une autre claque d’une toute autre dimension, d’un groupe que j’avais sélectionné sur mon programme uniquement parce que son nom m’inspirait. Motorpsycho, donc. Au menu, un mélange de riffs lourds très stoner avec des ambiances plutôt psyché. Pas si loin du Kyuss des débuts, donc, mais avec un chant plus aérien. Génial pendant une heure, mais en prévoir une heure et trois quart, surtout en festival, c’est un peu optimiste. Bah, c’était l’heure de manger, et la dernière chanson, sur laquelle on est revenus, était de loin la meilleure. Très bonne surprise, en tout cas.

J’aurais voulu ensuite aller voir The Notwist, mais la tente trop pleine à craquer n’était absolument pas propice pour écouter leur électro pop fraîche et rêveuse. C’est donc allongés dans l’herbe qu’on ira attendre la venue de Girls in Hawaii qui sont là pour présenter leurs nouvelles chansons, l’album étant à paraître pour bientôt. Le concert, mis à part la timidité hors du commun des membres entre les chansons, laisse plutôt rêveur quant à ce prochain opus. A noter également, quelques ré-instrumentations d’anciens morceaux, histoire de montrer qu’ils n’ont pas uniquement glandé pendant cette longue absence.

Dimanche 15 juillet

La dernière journée se prévoit beaucoup plus légère en nombre de concerts, mais question concerts marquants, c’est plutôt l’inverse. On commence fort avec les américains de The Thermals et leur indie-punk percutant. Une bassiste sautillante, une guitare rugissante et une batterie minimaliste mais pleine de groove, des refrains très pop, et surtout, des sourires sur chaque bouche, groupe comme public.

Petite déception du jour pourtant avec les Van Jets dont j’attendais beaucoup, vu la qualité des chansons sur leur myspace, malheureusement, ceux-ci ne s’avéreront pas passionnant du début à la fin du concert. Et bougent trop peu à mon goût, pour la musique qu’ils jouent. N’empêche, quelques très bons moments avec des perles comme Johnny Winter ou Electric soldiers.

Le plus grand moment du festival, pour moi, arrivera ensuite avec Black Rebel Motorcycle Club. Ces mecs incarnent l’essence même du rock’n’roll, et avec l’album qu’ils viennent de sortir (qui est leur meilleur à ce jour, tout simplement), ils ne pouvaient que livrer un concert d’anthologie. Lunettes noires et vestes en cuir (alors qu’on approche des 35 degrés), guitares vintage et dégaine de ravagés, ajoutez à ça un son crade et énorme, que demander de plus? Et puis, malgré le malaise qu’a apparemment fait le bassiste à mi-chemin, ce dernier repart de plus belle après quelques mots à son roadie. L’heure de concert a paru courte comme jamais, c’est sûr, je vais les revoir dès que je le peux.

Je ne pouvais pas ne pas aller ne fût-ce qu’aller jeter un coup d’oeil au concert de cet allumé de Katerine, dont le concert a été beaucoup plus rock’n’roll que je n’aurais pu l’imaginer. Et à se tordre de rire, cela va sans dire… Moment parfait du concert: alors qu’il se traite de benêt lors de quelques refrains sucrés dont il a l’habitude, son groupe le quitte et le laisse seul avec ses dix choristes (les Vedettes), qui s’étendent en babillages divers pendant qu’il termine sa chanson a cappella. Ensuite, une fois celles-ci parties, c’est tout seul à la batterie qu’il entonnera « J’adoooooore… » plein d’auto-dérision.

Une fois les zygomatiques détendues, c’est avec Wilco que j’irai finir en beauté mon festival. Si je n’avais encore presque rien entendu d’eux auparavant à part de nombreuses critiques élogieuses, on peut dire que ces six américains sont ma grosse découverte de cette édition de Dour. Leurs chansons sont lumineuses et aériennes, rêveuses et légères. Parfait concert de fin de soirée, de quoi repartir l’esprit plein de belles choses et regretter que le festival soit déjà fini. A l’année prochaine pour les vingt ans, sûrement!

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Music In Belgium
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