SONS AND DAUGHTERS + The Willowz au Botanique, 19 février 2008

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A l’instar de British Sea Power vendredi dernier, le Botanique accueillait ce mardi un autre groupe qui vient tout juste de sortir son troisième album. En effet, les quatre écossais de Sons & Daughters avaient envahi l’Orangerie pour présenter “This Gift”, leur recommandable nouvel opus. En première partie, ou plutôt comme premier groupe d’une double affiche, The Willowz, groupe de chevelus originaires de Californie. Totalement inconnus chez nous, malgré déjà quatre albums et deux titres placés sur la B.O. du film “Eternal Sunshine Of The Spotless Mind”, ils sont autant influencés par le rock blues bien gras de la fin des 60’s (John Mayall & The Bluesbreakers, The Yardbirds) que par les balbutiements du hard rock du début des 70’s (Led Zeppelin, Deep Purple). Pour les plus jeunes, on pourrait les comparer à un mélange entre The Datsuns, Kings Of Leon et Jet. Rien de bien révolutionnaire, donc.


Le chanteur, genre de grande asperge très maigre aux jambes kilométriques, outre son jean moulant et ses chaussures rouges, est doté d’une excellente voix qu’il peut amener sans encombre vers des sommets inexplorés. C’était assez impressionnant, en contraste total avec l’homme repéré l’après-midi en train de comater sur un banc du Botanique… Le reste des musiciens n’est pas en reste (sauf la bassiste qui ne connaît que la première corde). Mention spéciale au batteur qui a sorti quelques solos de derrière les fagots et au guitariste qui a l’air d’être né avec sa guitare tant les riffs qu’il décoche sont précis. On peut ne pas trop aimer (c’est mon cas), mais on doit bien avouer que ce qu’ils font, ils le font bien…

Lorsque j’ai découvert Sons & Daughters sur une compilation du label Domino en 2004, j’ai directement accroché et je m’étais rué sur leur premier mini LP, “Love The Cup”, qui avait été suivi d’une remarquable prestation à la Rotonde. Ils étaient repassés par la même salle l’année suivante en support de
The Repulsion Box
, un deuxième album que j’avais à l’époque trouvé sans surprise et trop similaire au premier.

Par contre, avec “This Gift”, ils ont à mon sens franchi un palier en proposant des compositions accrocheuses emballées par la voix de Adele Bethel et rythmées par la guitare de Scott Paterson (excellent guitariste qui assure aussi une deuxième voix hyper efficace). La preuve est déjà démontrée avec le morceau d’ouverture, “The Nest”, qui installera directement le public dans leur univers.


Adele Bethel a beau avoir une bonne voix, elle n’a pas vraiment bon goût pour s’habiller. Elle portait un collant bleu électrique qu’elle a dû dénicher dans la garde-robe de Lovefoxxx (la chanteuse de CSS) avec une jupe noire qui remontait jusqu’au-dessus du nombril et un top doré en paillettes… Par contre, la bassiste, Ailidh Lennon, rentre dans la catégorie très sélect des Hilary Woods (ex-JJ72) ou autre Charlotte Cooper (The Subways), c’est-à-dire assez agréable à regarder…. Pour sa part, Scott a une coiffure et une attitude de star tandis que le batteur David Gow se démarque avec ses longues bretelles… Cela dit, la scène de l’Orangerie est vraiment beaucoup trop grande pour eux, ils ont l’air perdus (le fait qu’ils aient placés la batterie tout au fond n’arrangeant évidemment rien), surtout quand Adele s’en va sur le côté gauche pour y tapoter son clavier.

Durant la soirée, bien sûr, une majorité d’extraits du dernier album, truffé de hits potentiels comme les hyper efficaces “Gilt Complex”, “Split Lips” ou “Darling” (introduit par Adele avec un “Chéri” langoureux et troublant). Mais j’ai par la même occasion redécouvert le deuxième album et je me suis fait la réflexion qu’en live, ce sont de véritables petites bombes qui ont bien fait remuer les spectateurs (particulièrement “Dance Me In”, “Red Receiver” et “Medicine”).

A un moment donné, Scott entame une des deux seules chansons qu’il chantera en lead vocal ce soir (“Rama Lama”), mais après deux minutes, voilà qu’il casse une corde de sa guitare, ce qui va le rendre fou furieux et relativement vulgaire. Le temps de se calmer et le voilà qui reprend, cette fois sans encombre (mais quelque part, cela ne m’étonne pas qu’il abîme ses guitares car il ne ménage pas ses cordes…). Le deuxième titre qu’il interprétera sera le célèbre “Johnny Cash”, pièce angulaire du premier mini LP.


Les deux derniers morceaux (“Broken Bones” et “House In My Head”) étaient prévus en rappel mais pour je ne sais quelle raison ils ont été ajoutés au set principal, avec à la clé un petit goût de trop peu dans le chef du public.

Au final, on a assisté à un concert de qualité, avec un groupe qui maîtrise bien ses (nouvelles) compositions et qui dégage quelque chose de très sympathique. Cependant, il aura manqué un petit quelque chose. Et si justement c’était l’intensité de leurs prestations dans des plus petites salles où leur furie peut vraiment s’exprimer?

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Photos © 2008 Stephane Odent

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