MONSOON habille l’Ancienne Belgique de son rock multi-facettes

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Ce 22 mars 2008, le groupe rock belge Monsoon était à l’AB Club pour un concert attendu impatiemment depuis la sortie de leur très réussi dernier album. La salle était bien remplie sans pour autant être pleine, mais il faut aussi dire qu’un concert durant le week-end de Pâques n’est sans doute pas le meilleur moyen de faire un sold-out.

La première partie était assurée par My TV Is Dead, un duo entre Joël Grignard (le bassiste de Monsoon) et le chanteur Amaury Massion (membre de Attica). La voix de ce dernier était bien agréable, séduisante même. Son expressivité était telle qu’il était difficile de résister. Pourtant, les parties électroniques dont la batterie étaient particulièrement irritantes. Mais bon dieu, me suis-je dit durant leur set, pourquoi ne s’accompagnent-ils pas d’un percussionniste qui se tiendrait debout entouré de quelques fûts et autres artifices ? Cela ajouterait sans nul doute une autre ampleur à leur musique tout en supprimant ce côté mécanique désagréable d’une boite à rythme. Car oui, les guitares et basses sont parfaites tout comme la voix et les compositions sont aguicheuses. Malgré tout il manque le petit zeste qui donnerait une touche plus personnelle et moins froide.

C’est donc devant un public de connaisseurs que le quintette de Monsoon envahit la scène. Delphine Gardin est vraiment une excellente chanteuse et sa présence scénique me fait un peu penser à Blondie. Certes, elle n’est pas blonde (quoi que Debbie Harry, sous sa blondeur se dissumulait une vraie rousse!). En tout cas, cette analogie avec Debbie Harry confirme un sentiment déjà ressenti durant l’écoute de l’album.

La scène semble être son ghetto pour les moments plus agressifs, son théâtre pour la complicité et enfin son flat pour son naturel. Elle s’y déplace avec l’agilité d’une panthère noire câlinant au plus près les notes sorties de chaque instrument. Une grande complicité règne au sein du groupe, les musiciens ont dû apprendre à dompter ses va-et-vients en pattes de velours. L’homogénéité du groupe est bien présente, musicalement cela se ressent. Avec Monsoon, le rock n’est pas en reste se faisant parfois punky. Joël Grignard alterne les titres à la basse avec ceux à la guitare. Il empoigne de tant à autres une contrebasse pour des chansons plus intimistes. Le claviériste Peter Vandenberghe donne parfois de par son jeu des tons jazzy aux morceaux. Le guitariste Laurent Stelleman est explosif. Il dégage quelque-chose ce gars-là ! Quant au batteur Cédric Guffens, il assure une fameuse rythmique parfois secondé par le claviériste qui prend la basse quand Grignard empoigne sa guitare. Bref, ils sont multi-instrumentistes et de ce fait l’image scénique s’en trouve tout aussi gratifiée.


Delphine use de son charme et séduit la salle, même les filles en sont folles, pour ne pas dire plus… De féline, elle se métamorphose toute en légèreté, incognito derrière un masque de papillon noir. Elle se déhanche, prend des tons à la An Pierlé, jongle avec les micros et même avec des pédales raccordées à ceux-ci. Et puis comment ne pas succomber à ce “Stories Of Love”, véritable hit en puissance ! Toujours au chant, un invité de marque en la personne de Sacha Toorop pour deux chansons en duo vocal avec Delphine, dont une saupoudrée de pili-pili (hot!).

Monsoon nous a gratifié d’une heure et demie de concert absolument réussi. Voilà un groupe qui a de l’avenir. Nul doute que l’exportation sur les scènes européennes ne va pas se faire attendre, si ce n’est pas déjà fait… D’ailleurs, ils ont de la matière avec déjà quatre albums dont le petit dernier
The King Of Eyes, Tits And Teeth
sorti au mois d’octobre 2007.

De l’album à la scène aucune déception. Ils tournent régulièrement alors, pour une soirée réussie, allez les voir !

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Monsoon
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My TV Is Dead

Photos © 2008 Ingrid Ballieu

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