Eruption volcanique avec TRIGGERFINGER au Het Depot

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Ce mercredi 16 avril, nous avions rendez-vous au Het Depot de Louvain pour un concert très attendu de Triggerfinger dont l’excellent dernier album est sorti à la fin du mois de février. Avec leur réputation de groupe de scène, un grand nombre de fans ont fait le déplacement afin de juger sur pièce. Pour un premier contact scénique, même avec la connaissance de cette dernière rondelle, qui aurait pu prédire ce qui nous attendait…?

La première partie du concert était assurée par Cabrón, un quatuor originaire de Louvain dont l’album est sorti en 2006. Leur énergie fait plaisir à voir. Ils ont donc bien chauffé la salle avec leur rock aux couleurs Whitesnake, Slade, Deep Purple voire même un peu Black Sabbath. Le chanteur se donne à fond jusqu’à s’en décrocher la machoire. Il joue aussi de la guitare qu’il aime coller à son ampli afin de tirer des effets larsen parfaitement contrôlés. L’autre guitariste se la joue en finesse avec son air très décontracté. La section rythmique puissante joue aussi un grand rôle dans leur musique. C’est une assise parfaite pour l’ensemble.

Après une pause, les trois musiciens de Triggerfinger montent gentiment sur scène en file indienne, disposition à la Dalton. Le bon dieu sans confession, celui-ci n’y verrait que du feu ! Surprise, ce n’est pas Monsieur Paul (Paul Van Bruystegem) à la basse comme sur l’album, son médecin lui a prescrit quelques semaines de repos. Qu’à cela ne tienne, Ruben Block a déniché une perle rare. Il s’agit de Renaud Mayeur, guitariste du groupe Les Anges, qui s’habille cette fois d’une basse. Paraît qu’il a tout appris en à peine plus d’une répétition. Ce qui est certain, c’est qu’il s’est vite intégré et qu’il prend vraiment son pied avec le band. A ses côtés, il y a Mario Goossens (on l’a vu aussi derrière les fûts de Hooverphonic) qui se démène comme un beau diable derrière sa batterie à double grosse caisse. Difficile de rester derrière des cymbales, ce diable est monté sur ressort et son jeu est de la dynamite. Il s’élance en arrière et fouette sa horde de fûts, pince ses cymbales, une vraie chevauchée fantastique. D’ailleurs sa bougeotte fait nerveusement penser au batteur de Dream Theater.


Si Mario Goossens est la dynamite montée sur ressort, le leader Ruben Block y met feu. Il déborde d’énergie comme de guitares changeant presque à chaque morceau. Afin d’en exploiter les sons au maximum, il les martèle, les secoue, même les bords d’amplis sont mis à contribution en bottleneck de fortune.

La musique du trio est baignée d’une énergie semblable à celle de The Experimental Tropic Blues Band. La différence est qu’ils le font avec plus de maturité, un talent sauvagement maîtrisé, mais aussi avec plus de finesse. Leurs influences sont à chercher du côté de Humble Pie, Led Zeppelin, T.Rex voire Status Quo. Ils nous ont aussi gratifié d’une reprise musclée du « Boris The Spider » des Who. Pendant tout le concert, ce trio étale ses tripes, ils sont passionnés et passionnants. Leur rock s’est fait éruption volcanique. Le chant de Ruben est habité et son contact avec le public est aisé ce qui porte les spectateurs qui reçoivent la déferlante de lave comme une bénédiction. Pour s’en rendre compte, il suffit d’entendre les applaudissements plus que chaleureux qui ponctuent les morceaux.


Ruben commence le rappel seul prenant un peu les tons d’un John Lennon, avec un morceau qui se veut blues mais dont l’énergie le transforme rapidement en boogie. Ensuite, rejoint par les deux piliers de sa section rythmique, ils nous offrent un rappel généreusement long, nous gratifiant du meilleur d’eux-mêmes jusqu’aux dernières notes. En un quart de seconde, Ruben grimpe sur son ampli joue l’équilibriste puis torture sa guitare sur les rebords de la malle de transport. Il fini le concert en mimant sa destruction puis en la brandissant tel un trophée.

Après un tel concert, nous sommes sur le cul, déjà impatients de leur prochaine éruption. Aussi un bon conseil, ne manquez pas Triggerfinger quand ils passeront près de chez vous et si ce n’est pas le cas faites comme nous, déplacez-vous ! Après ceci, vous ne pouvez pas dire qu’on ne vous a pas prévenu… C’est sans aucun doute un des grands groupes belges actuels. En attendant, courrez vite acheter leur nouvel album « 
What Grabs Ya?
« 
que nous vous recommandons chaudement.

Le Rédac’Chef

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Photos © 2008 Ingrid Ballieu

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