A Place To Bury Strangers : un mur du son glacial au Bota ce 28 mai 2008

0 Participations


Le lendemain du concert de The Duke Spirit, retour au Witloof Bar pour accueillir un trio New Yorkais au nom aussi sinistre et froid que la musique qu’ils pratiquent, j’ai nommé A Place To Bury Strangers

Elevés aux sons de Nine Inch Nails, de The Jesus & Mary Chain et de Suicide, les trois membres du groupe sont venus présenter leur premier album éponyme à un parterre de spectateurs plus curieux que nombreux. Première surprise: ils n’ont pas vraiment les têtes de l’emploi… On s’attendait plutôt à voir débouler sur scène des corbeaux aux blousons noirs mais il n’en est rien. A la limite, ils ont même l’air gentils, malgré que l’on n’entendra à aucun moment le son de leur voix. Pas un bonjour, pas un merci, pas un sourire. Juste un signe de la main pour prendre congé du public…

Mais revenons 40 minutes auparavant, lorsque Oliver Ackermann, le chanteur guitariste au jeu parfois exagérément démonstratif, Jono MOFO, le bassiste qui traite sa basse comme une guitare (à l’instar de Robert Levon Been de Black Rebel Motorcycle Club, une autre de leurs influences) et Jay Space, l’impressionnant batteur (pas par son gabarit mais par la justesse métronomique de ses coups de baguettes – cet homme est plus efficace qu’une boîte à rythme…) ont pris possession de la minuscule scène du Witloof Bar.


Le temps d’attraper leurs instruments et c’est parti à du 100 à l’heure… Le son est bon, agressif juste ce qu’il faut et les projections qui emballent le tout, légèrement psychédéliques, font encore plus ressortir le caractère hypnotico-industrio-shoegazing de leurs compositions. Mais il y a un hic… Et de taille. La balance ne met absolument pas en avant la voix du chanteur, qui restera noyée dans le brouhaha des instruments. On aura dès lors souvent l’impression de n’entendre qu’un murmure, perdu au loin derrière un mur du son d’une rare intensité.

Cet état de fait assez brouillon nous aura quand même permis de reconnaître l’excellent single “To Fix The Gash In Your Head” qui, en live, dégage une violence décuplée par rapport à l’album. Un album dans l’ensemble plus facile d’accès, plus limpide mais tout aussi saturé que leur prestation scénique. Une prestation parsemée de larsens, de feedback, de guitares presque explosées sur le sol quand elles ne sont pas collées contre un ampli réglé sur le volume 11. Meilleur exemple, le dernier morceau, qui a quand même duré un bon quart d’heure (et pendant lequel j’ai quelque peu perdu pied) dont le long break instrumental a permis au chanteur de faire encore un peu plus le pitre en massacrant sa guitare, et qui s’est terminé par une explosion de décibels, le tout dans une ambiance stroboscopique qui aurait causé une crise à un épileptique…


Cela s’est terminé de cette manière, les oreilles complètement explosées et les yeux qui flashaient. Même si dans l’ensemble leur prestation aura été intense, je ne peux pas m’empêcher d’être un peu resté sur ma faim, au vu de leurs influences et par rapport à la bombe sonore qu’est leur album. Une balance de meilleure qualité arrangerait déjà pas mal de choses. En tout cas, dans l’immédiat, il n’y a pas (encore) de quoi enterrer des étrangers…

Les autres photos de
A Place To Bury Strangers

Photos © 2008 Olivier Bourgi

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!
%d blogueurs aiment cette page :