TOKYO POLICE CLUB matraque au Bota

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La nouvelle scène indépendante canadienne est en plein boum… Aux côtés des nouvelles sensations que sont Crystal Castles, Metric, Holy Fuck ou autre Land Of Talk, le quatuor Tokyo Police Club, originaire de Toronto, fait presque figure de vétéran. Le groupe était de passage ce jeudi 5 juin à la Rotonde du Botanique. La première partie a quant à elle été confiée à The Mobius Band, en provenance directe de New York. Ce nom vous dit peut-être quelque chose car c’était déjà la deuxième fois qu’ils jouaient en Belgique. En effet, on les avait découverts en mars dernier lors de la visite de Editors à l’AB. Cette fois-ci, ils ont eu beaucoup plus de temps pour s’exprimer et ils avaient surtout trois mois de bouteille supplémentaires. Dans l’absolu, ils ont été fidèles au souvenir que j’avais d’eux.

Un trio guitare basse batterie un peu déjanté, avec deux voix tout à fait antagonistes. Une claire et limpide pour le bassiste, une brouillonne et sourde pour le guitariste. Cela se remarque d’autant plus qu’ils ne chantent quasiment jamais en même temps. Par contre, le guitariste a une drôle d’habitude de jouer avec sa guitare le manche en l’air…

Musicalement, on retrouve ces compositions quelque peu déstructurées qui englobent une masse d’influences pas toujours cohérentes, mais qui tournent invariablement de près ou de loin autour d’une pop électronique à visage humain. Ce qui veut dire que les musiciens ne se retranchent pas uniquement derrières leurs machines, même si ils ne peuvent pas nier qu’elles sont essentielles à leur son. Bref, une quarantaine de minutes pas ennuyeuses du tout, qui marque une évolution pour le jeune groupe. A suivre lors d’un prochain passage dans nos contrées, au risque de les voir devenir les Poulidor du rock si on les choisit encore en support act…

Tokyo Police Club, quant à eux, n’y vont pas par quatre chemins. Leur leitmotiv doit sans doute se résumer à une expression du genre “straight to the point!” Jugez plutôt… 8 titres en 18 minutes pour leur premier EP (“A Lesson In Crime” en 2006) et 12 en à peine 28 minutes pour leur premier album (“Elephant Shell”) qui vient juste de sortir. On s’attendait donc à voir l’histoire emballée en maximum une demi-heure chrono…


C’est effectivement l’impression que l’on a eue tout au début du concert. Celle que le groupe a un train à prendre juste après leur prestation (cfr Clinic dans la même salle en mai 2002). Mais dans ce cas-ci, on parlera plutôt du temps d’adaptation nécessaire à la découverte de leur univers. En effet, on n’est pas vraiment habitués à recevoir des uppercuts directs dans les tympans sans autre forme de procès…

L’effet de surprise passé, on a commencé à vraiment apprécier l’immédiateté et la précision de leurs compositions, ainsi que la voix chaleureuse du chanteur bassiste Dave Monks, qui, en plus, n’est pas avare de contact avec le public. Musicalement, on observe une différence notoire entre les morceaux plus anciens (les très Strokesiens “Nature Of The Experiment”, “If It Works”) et ceux issus du nouvel album, à la personnalité plus affirmée. Pointons l’excellent “Juno”, “Your English Is Good” et “Tessellate”, qui ont reçus une ovation dès la première note, mais on peut aussi y ajouter “Sixties Remake” ou “Graves”. Cela dit, le reproche que l’on pourrait leur faire, c’est que les morceaux s’arrêtent brutalement au moment où on commence à les apprivoiser… Mais à part ça (et un léger manque de puissance sur certains titres), tout était parfait…


Pas de rappel mais un narcissique “Cheer It On” (les paroles mentionnent le nom du groupe) bourré d’énergie pour clôturer cinquante minutes d’une set-list kilométrique qui n’a pas épuisé les musiciens. En effet, à peine sortis de scène, on les a retrouvés aux abords du stand de merchandising, prêts à prendre un bain de foule et à répondre aux sollicitations de leurs fans en délire…

Bravo et merci à ces canadiens qui sont en train de redorer le blason de la capitale japonaise, sali récemment par un pseudo groupe de rock allemand au look androgyne…

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Photos © 2008 Bernard Hulet

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