John Cale dans l’ambiance feutrée du Palais des Beaux-Arts

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Ce 25 juin 2008, il ne fallait pas être turc ou allemand pour assister à un concert quel qu’il fut, demi-finale de l’Euro oblige. John Cale en personne à Bruxelles, qui plus est dans le cadre luxueux du Palais des Beaux-Arts, est l’événement que l’on ne pouvait rater. Le sexagénaire gallois joue donc ce soir en soutien à l’exposition «
It’s Not only rock’n’roll baby
» accompagné de son Acoustimatic Band, soit Dustin Boyer (guitares électrique et acoustique, chœurs), Joseph Karnes (basse électrique, contrebasse, chœurs) et Michael Jerome (batterie, cajón, batterie électronique, percussions, chœurs). Le co-fondateur avec Lou Reed du Velvet underground monte sur scène vers 20h45 accompagné de son groupe. Le look n’est pas vraiment soigné. Jean, chemise style mexicain un peu démodée, l’imparable bouc et des cheveux aux reflets multicolores… Ce gars a pourtant 66 ans.

La salle n’étant pas pleine, je me retrouve au premier rang et je n’en rate pas une miette. Je shoote donc cette icône du rock pendant les deux premières chansons, pendant que le gallois entonne au piano « Heartbreak Hotel » suivi de « Paris 1919 » tiré de l’album éponyme. Là, devant mes yeux le miracle s’accomplit. Il faut revenir sur ce « Paris 1919 » qui est un véritable monument rock peu connu. Depuis qu’il squatte mon iPod, je suis sidéré à chaque écoute de l’incroyable modernité de cet album paru en 1974 et qui n’a pas pris une ride. Fin du deuxième morceau j’arrête de photographier en respectant scrupuleusement les instructions du label.


Horreur, c’est juste le moment que choisit John Cale pour empoigner sa guitare. Je ne pourrai donc pas immortaliser cet instant. « Save Us » est le premier morceau joué à la guitare et sonne un peu comme Nick Cave avec ses riffs acérés et menaçants. A ce moment du concert, le groupe est au meilleur de sa forme. « Sold Motel » et « Perfect », tirés de « Black Acetate », contiennent des riffs imparables et sont assénés avec une fulgurance incroyable, avec une énergie punk. Un duo se dessine entre d’un côté John Cale et son batteur, le batteur et le guitariste, tandis que le bassiste semble exclu du groupe, dissimulé derrière une énorme enceinte Marshall.

Retour au clavier avec la ballade lugubre mais non moins saisissante « Fear is a Man’s best Friend » issu de « Fear » (1974). Suit ensuite une chansons inédite : « Common cold ». La voix de John Cale est traitée au vocoder, vient ensuite un break de guitare qui tombe en vrille en fin de morceau. Encore deux morceaux inédits, « Catastrophic » et une balade « Waddya Mean », joués à la guitare acoustique de couleur verte avec l’intérieur des frets irisés en vert. « Cable hogue » est une merveilleuse balade western, très dylanesque. Le concert se termine sur « Pablo Picasso » tiré de « Helen of Troy » avant « Dirty ass rock’n’roll » ultime morceau joué en rappel, trempé dans le meilleur blues rock.


Oui, ok, cet étourdi a oublié de citer ses musiciens, mais ce soir on a eu droit à une superbe leçon de rock pour tous les petits branleurs qui prétendent le réinventer.

PS : Ruez-vous sur sa discographie, et surtout ne passez pas à coté de « Paris 1919 » !

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John Cale

Photos © 2008 Olivier Dahon

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