ROCK WERCHTER (jour 1) avec e.a. R.E.M., Lenny Kravitz et Vampire Weekend

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Rock Werchter. Le festival belge de référence… Une affiche alléchante répartie sur quatre jours et deux scènes. 2008 perpétue la tradition avec l’objectif avoué de rafler une nouvelle fois le titre envié du meilleur festival du monde, même si pour la première fois depuis longtemps, il n’affichait pas complet des semaines à l’avance. En effet, le line-up de cette année, bien que très intéressant, ne rivalisait pas avec ceux des éditions précédentes. Cet état de fait couplé à la situation économique actuelle explique sans doute en partie cela… Laissons de côté ces considérations et Herman Schueremans à ses réflexions et concentrons-nous plutôt sur la musique…

Le premier groupe intéressant à se produire sur la Pyramid Marquee était Vampire Weekend, de retour en Belgique après un concert convaincant lors des dernières Nuits Botanique. Pour l’instant, le soleil brille toujours et se fond parfaitement au cocktail africo-exotique proposé par le groupe. A vrai dire, le quatuor New Yorkais remet au goût du jour les sonorités chères à la world music mise en avant par Peter Gabriel et Paul Simon dans les années 80. Ils ont sorti cette année un tout bon
album
éponyme qui risque de se retrouver bien classé dans les référendums une fois l’heure des bilans de 2008 arrivée.

Etant donné que le seul visuel est la pochette dudit album (un lustre bien laid suspendu à un plafond orangé vieillot), notre attention se porte naturellement sur les musiciens qui peuvent en plus compter sur un public acquis à leur cause. Un public qui a d’ailleurs participé activement aux vocaux de “One (Blake’s Got A New Face)”, qui s’est déchaîné sur “A-Punk” et qui a dansé à l’unisson sur “M79”. Pointons aussi le single “Oxford Comma” et un autre sommet de leur plaque, “I Stand Corrected”. Sans oublier un remuant “Walcott” en final. Quand je vous dis qu’on tient entre nos mains un des albums de l’année! Et, sans le savoir, on venait déjà d’assister à un des grands moments de cette édition de Rock Werchter.

Pendant ce temps, sur la Main Stage, se terminait la prestation de Counting Crows, tout juste remis de leur concert complet de la veille à l’Ancienne Belgique. “A Long December” et “Hanginaround” ont ainsi accompagné calmement les festivaliers dans leur sieste de fin d’après-midi…

Retour ensuite sous la Pyramid Marquee avec The National, un groupe qui commence à s’affirmer ces derniers mois et qui a sorti un quatrième album (“Boxer”) acclamé par la critique l’année dernière. Etait-ce la chaleur étouffante sous la tente ou un manque de connaissance du produit, mais le début de leur set, bien que de qualité, ne nous a pas paru transcendant. On est donc retourné chercher un peu de fraîcheur sur la Main Stage. Et on allait être servis… Non pas grâce à Mika (qu’est-ce qu’il faisait sur la scène de Rock Werchter?) mais par la faute d’un méchant nuage noir qui allait nous arroser pendant près de deux heures (ma montre s’en souvient encore…).

Pour en revenir à Mika, il aura au moins eu le mérite de nous faire rire, avec sa tête de Jim Carrey et ses chansons pop gentillettes à la mise en scène téléphonée, qui auront ravi la majorité des midinettes présentes sur la plaine. Sa voix rappelle à la fois Elton John (le piano), Freddie Mercury (la présence sur scène) et Jon Bon Jovi sans les guitares (“Relax Take It Easy”). Il a même chanté une cover de Depeche Mode (“Just Can’t Get Enough”, encore plus commerciale que l’original). On peut aussi affirmer qu’il s’est mouillé et montré solidaire en se promenant torse nu sous la drache.

C’était ensuite au tour de Lenny Kravitz de monter sur scène. Mes expériences passées le concernant au même endroit (1999 et 2004) n’étaient pas des plus positives… Je me souviens d’un type avec un costume blanc et des morceaux systématiquement allongés à outrance. Ce soir, il a changé de look avec des cheveux courts et un perfecto aussi noir que ses lunettes. Et comme souvent, c’est quand on s’y attend le moins que les meilleures surprises arrivent. On ne va pas dire qu’il a donné une prestation d’anthologie, mais je me suis réconcilié avec lui. D’abord avec une set-list très équilibrée, qui a couvert l’ensemble de sa carrière, déjà longue d’une vingtaine d’années (“It Ain’t Over ‘Til It’s Over”, “Fly Away”, “American Woman”) sans oublier son dernier hit radio, “I’ll Be Waiting” (interprété avec plein de tendresse dans la voix). Ensuite avec des versions au format plus supportable à l’oreille (mis à part un kilométrique “Let Love Rule”). Le rappel, “Are You Gonna Go My Way” a mis le feu, d’autant plus, qu’entre-temps, la pluie avait cessé de nous pourrir la vie. Comme quoi, un sourire n’arrive jamais seul…

Le groupe suivant (R.E.M.) était présent pour la septième fois à Werchter, notamment en 1999 (décidément…) et leur prestation magique avait été ternie par un orage phénoménal qui s’était abattu sur le site du festival. Vu qu’ils avaient magistralement rattrapés la chose en 2003 et 2005, on pouvait légitimement s’attendre à un nouvel étalage de leur talent. D’autant plus que leur dernier album (“Accelerate”) renoue avec un rock nettement plus musclé que certaines de leurs dernières productions.

Mais voilà… Une fois n’est pas coutume, nous avons dû (un peu) déchanter, malgré un début en fanfare: “Orange Crush” suivi de la plage d’intro du nouvel album (“Living Well Is The Best Revenge”) et d’un nerveux “What’s The Frequency, Kenneth?”. Tiens, j’ai tendance à définir “Accelerate” comme le chaînon manquant entre les albums “Green” (1988) et “Monster” (1994). A voir le début du set, ils me donnent raison à 100%…

Si on ne peut pas reprocher grand-chose à la set-list (leur back catalogue regorge de perles intemporelles), leur performance de ce soir peut par contre être sujette à discussion. En effet, la magie et l’émotion qui caractérisent en temps normal leurs prestations étaient pour une fois restées dans les loges. Mais, à sa décharge, Michael Stipe (qui a chanté en col et cravate) était malade et cela s’est ressenti. On peut toutefois ressortir du lot un “Walk Unafraid” complètement réarrangé, un toujours aussi efficace “The One I Love”, un délicat “Electrolite” et un “Bad Day” qu’ils ne chantent pas souvent. Mais “Drive”, par exemple, n’avait pas la même aura que d’habitude. Comme lors de la dernière tournée, c’est “I’m Gonna DJ” qui a terminé le set principal avant un rappel composé notamment de “Losing My Religion” (pas top, qu’on aurait préféré voir remplacé par “Everybody Hurts”, par exemple), de “Supernatural Superserious” et de “Man On The Moon” (pour cette dernière particulièrement, on sentait que le cœur n’y était pas…).

On a donc assisté à une petite prestation de R.E.M., mais, vu les circonstances, on ne peut pas trop leur en vouloir. Espérons simplement qu’ils réserveront une date belge lors de leur tournée (ce qui n’est, pour le moment, pas à l’ordre du jour).

Pour terminer la soirée et se dégourdir les jambes, on avait le choix entre les mixes savants des 2ManyDJs ou l’électro innovante des Chemical Brothers. C’est finalement vers les frères chimiques (qui, pour la petite histoire, étaient aussi présents en…1999) que notre choix s’est porté. N’ayant pas vraiment envie de sauter pendant 1h30, c’est vers le fond du site que nous nous sommes laissés emporter par les compositions efficaces des deux faux frères, soutenues par un visuel, comme à chaque fois, de grande qualité. En une demi-heure, ils ont balancé “Galvanize”, “Do It Again”, “Hey Boy Hey Girl” et leur futur single “Midnight Madness” (qui sera sur “Brotherhood”, une nouvelle compilation à la rentrée). Rien à redire, impossible de rester en place au contact de beats pareils. Maintenant, reste à savoir si tout cela est réalisé en direct, voire si c’était bien Ed Simons et Tom Rowlands qui étaient derrière les platines…

C’est sur ces réflexions que nous avons pris congé du site pour une première journée, au final assez mitigée…


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