ROCK WERCHTER (jour 2) avec e.a. Neil Young, The Verve et Slayer

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Deuxième jour de festival entamé avec un temps qui a l’air de se remettre. En tout cas, les bénévoles ont fait du bon boulot pendant la nuit. Plus aucune trace des flaques de boue qui jalonnaient le site la veille. L’organisation légendaire de Werchter… C’est toutefois depuis le camping que l’on a entendu The Black Box Revelation (voir chronique de
Set Your Head On Fire
) qui ouvrait la Main Stage ce vendredi. “I Think I Like You”, même de loin, est quand même une fichue bonne chanson…

Le premier groupe qu’on aura l’occasion de voir est Slayer, les vétérans du trash métal californien, qui ont pavé la voie notamment à Metallica. Première constatation, ils ont la tête de l’emploi. Surtout Kerry King, le guitariste chauve au bouc en saucisson couvert de tatouages (y compris sur son crâne), qui porte une chaîne massive à gros maillons à la taille. Je ne voudrais pas le croiser au détour d’une ruelle déserte… Deuxièmement, leur ego doit sans doute être proportionnel au nombre de décibels qu’ils balancent en direction des oreilles du public, vu que deux d’entre eux portent des t-shirts au nom de leur groupe… A pointer aussi leurs guitares customisées, dont une avec le manche qui se termine par des oreilles de diable, et d’autres avec des têtes de morts ou des poignards en dessous des cordes. Ne parlons même pas du titre de leur dernier album (“Human Genocide”). Quand je vous dis qu’ils font peur…

Musicalement, on ne peut s’empêcher de penser à Metallica, mais en nettement moins efficace (ils n’ont déjà pas autant d’hymnes que James Hetfield et ses camarades). Le volume dans le rouge, ils balancent des riffs précis hyper speedés sur un rythme endiablé emballés avec la voix agressive de Tom Araya. Les puristes auront pogoté ferme sur “Chemical Warfare” (autre chose que les Brothers), “Mandatory Suicide” ou le controversé “Angel Of Death”. Les autres auront bien rigolé.

C’est donc avec les tympans explosés que nous avons appris l’annulation (prévisible?) de Babyshambles. Une fois de plus et on commence à se demander si ce n’est pas une fois de trop. La raison invoquée (officielle) est classique tout en étant vague: “Peter has a bit of troubles with the law”. Allez? Cela ne fait même plus rire… D’autant plus que c’est aux (trop) gentils Air Traffic qu’a été confié le soin de remplacer la bande à Pete Doherty. Air Traffic, genre de Keane avec une guitare, qui avait déjà ouvert le festival la veille et qui peut maintenant se targuer d’avoir joué trois fois en deux ans à Werchter (ils étaient déjà là l’année dernière). Mais bon, on aurait franchement préféré entendre “Delivery” ou “Fuck Forever” que “Charlotte” ou “Shooting Star” (à peut-être prendre comme un clin d’œil…).

La suite du vendredi (soit dit en passant la journée la plus faible sur papier) passait par le folk soul de Duffy ou par le rap de Jay-Z. Deux flops. Duffy, malgré le fait qu’elle se produisait dans l’intimité de la Pyramid Marquee n’a jamais réussi à imposer sa voix qui doit autant à Aretha Franklin et à Dusty Springfield qu’à Amy Winehouse. Jay-Z, quant à lui, n’avait à mon sens pas sa place au festival. Pas plus qu’à Glastonbury la semaine dernière (on en reparlera). Des “Yo! Yo!” ou “Come On Baby Come On”. Bof bof. Sans compter les innombrables samples (“Back In Black” d’AC/DC, “I Want You Back” des Jackson 5) et autres covers auxquelles il a participé à l’origine (“Crazy In Love” de sa femme Beyoncé, “In The End”, sa collaboration avec Linkin Park). Rien de bien excitant jusqu’à présent, donc.

Heureusement, la suite allait s’avérer bien meilleure avec The Verve. Le groupe emmené par Richard Ashcroft s’est reformé après 11 années de séparation et a même enregistré un nouvel album (“Forth” sortira le 18 août). Une reformation musicale plutôt que pécuniaire. En tout cas, c’est ce qu’ils déclarent et après la prestation de ce soir, on veut bien les croire. L’histoire du groupe va vivre un troisième chapitre (ils s’étaient déjà séparés en 1995, après l’album “A Northern Soul”). Un chapitre qui s’annonce intéressant, au vu des deux nouveaux morceaux joués ce soir, dont l’imparable single, “Love Is Noise”, une véritable bombe, qu’ils ont jouée en final, après l’ennuyant (car trop entendu) “Bitter Sweet Symphony”. Leur set a débuté de la meilleure manière avec “This Is Music” et “Sonnet”. Richard Ashcroft a l’air content d’être là, malgré un faciès traditionnellement froid qui contraste avec la couleur vive de son t-shirt jaune. L’autre nouveau morceau sera “Sit And Wonder”, la plage d’intro de ce futur album. Autres extraits choisis, les magnifiques “The Drugs Don’t Work” et “Lucky Man”. Seule déception, ils ont oublié “History”. Peut-être parce que justement, une nouvelle page est en train de s’écrire.

Après cette bonne surprise, on a été jeter un œil à Hot Chip sous la Pyramid Marquee. Le groupe électro rock que tout le monde vénérait voici deux ans sur la base d’un single imparable (“Over And Over”). Depuis, un relativement décevant troisième album est sorti (“Made In The Dark”) et leurs prestations live semblent un peu à son image. Les deux premiers titres sont justement les deux qui ouvrent l’album (“Out At The Pictures” aux sonorités bizarres et “Shake A Fist”) mais la magie n’y est pas. En plus, la voix du chanteur est aussi spéciale que sa tête d’intello. Cela dit, les échos rapportés par après étaient tout sauf négatifs et on est peut-être partis un peu tôt…

Mais bon, un festival est parsemé de choix à prendre et plutôt que de risquer d’être déçus, on a préféré aller voir sur la Main Stage le vétéran de cette édition, Neil Young qui, à 62 ans, pourrait être le père de la majorité des artistes présents durant tout le week-end. Toutefois, avec sa pléthorique discographie et pas moins de deux heures au programme, il est assez compliqué de le chroniquer (surtout qu’il pourrait être mon père aussi…). Physiquement, il commence à sentir le poids des années (si ses cheveux sont toujours longs, ils ont légèrement blanchis). Par contre, sa dextérité par rapport à sa guitare est intacte. Ce type est une bête.

Je vais donc m’attarder sur les titres phares de son set, comme cette cover de Bob Dylan (“All Along The Watchtower”) ou son classique “Heart Of Gold”. Ou encore “Oh, Lonesome Me” et son harmonica. Bien que très calme, son set folk en a quand même fait bouger plus d’un. Et même s’il aurait plutôt eu sa place à TW Classic, il ne fait aucun doute qu’on a assisté à la prestation d’une légende. Et puis surtout, cela nous a permis de le voir à un prix “raisonnable” (voici quelques années, il avait demandé 125 EUR pour un concert à Anvers). Dernière petite chose à épingler, le rappel avec une version acoustique et magnifique du “A Day In The Life” des Beatles.

Après le calme, c’est la tempête qui était prévue, avec la venue de Moby et de son nouveau concept: “Live Remixed”. Comme son nom l’indique, et malgré le fait que son actualité récente est la sortie d’un nouvel album (“Last Night”), il se retourne sur sa carrière et donne une nouvelle jeunesse à des titres qui, sur le papier, n’en auraient peut-être pas besoin. Sur le papier seulement… Sur scène, Richard Hall (c’est son vrai nom) est en général relégué au second rang et c’est sa choriste black géante aux cheveux bouclés qui lui vole (volontairement?) la vedette.

Tout débute à du 200 à l’heure (ou plutôt… BPM) avec “Honey” et “Disco Lies”. La machine est lancée et ne s’arrêtera que quelques minutes entre le set et les rappels. Moby porte un t-shirt de la fameuse expo
It’s Not Only Rock ‘N’ Roll, Baby
(au Bozar jusqu’au 14 septembre) et, armé de sa basse, se démène comme un beau diable. Plein de souvenirs ressurgissent de nulle part: “Go” (le titre avec lequel il s’est fait connaître), “Porcelain”, “Lift Me Up”, “We Are All Made Of Stars” dans deux versions, “Why Does My Heart Feel So Bad”… Mais avec un seul et unique dénominateur commun, un beat infernal qui empêche tout un chacun de s’ennuyer et donne la même envie à tout le monde. Bouger! Et c’est exactement ce qui s’est passé durant 1h30… Deux ultimes chances de sauter sur le sol avant le couvre-feu: “Bodyrock” et “Feeling So Real”… Mission accomplie pour le New Yorkais chauve. Il a fait bouger les rockeurs et les ravers. Tout ça avant d’aller rêver sous la tente et de repenser aux moments forts de cette deuxième journée…


Jour 1


Jour 3


Jour 4

Une pensée sur “ROCK WERCHTER (jour 2) avec e.a. Neil Young, The Verve et Slayer

  • juillet 10, 2008 à 09:44
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    Et oui…très bon résumé comme d’hab. Pour ma part, j’ai trouvé la prestation de Neil Young vraiment sympa. Tu vas me dire…pour 1 million d’euro…ce serait bien dommage que ce ne soit pas le cas…

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