ROCK WERCHTER (jour 4) avec e.a. dEUS, Beck, Kaiser Chiefs et The Kooks

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Quatrième et dernière partie de cette édition 2008 du festival de Werchter avec une affiche faible en début de journée qui promettait de se bonifier au fil des heures, surtout que cette fois, le soleil allait être généreusement au rendez-vous…

On a pénétré sur le site au son de Anouk sur la Main Stage. Cette hollandaise, une des favorites du public néerlandophone est là quasiment chaque année. On la connaît surtout au sud du pays avec le single “Nobody’s Wife”, mais à part ça, on a du mal à comprendre l’engouement de nos amis flamands. Ce n’est pas encore cette année que nous nous pencherons sur la question car nous avons plutôt été voir ce qu’il se passait sur la Pyramid Marquee. En effet, une curiosité s’y produisait. Hercules & Love Affair, le groupe de Andrew Butler, très pote avec Antony Hegarty (Antony & The Johnsons) qui est signé sur le label DFA (géré par James Murphy, la tête pensante de LCD Soundsystem). Autant d’influences qui plaident en leur faveur. Musicalement, on pense à du revival disco (un peu comme MGMT samedi) mais en plus scène gay. Visuellement, pas de doute possible, on est vraiment au Studio 54 de New York (genre Village People sans les déguisements). Et lorsque l’on sait que dans le groupe, il y a également un transsexuel, cela rajoute encore un peu plus de piment à l’ensemble…

Ils ont joué une bonne demi-heure sans pause usant et abusant de sons largement inspirés de Donna Summer et de son producteur Giorgio Moroder. Le single “Blind” est arrivé très tôt dans le set et les vocaux sont partagés entre Nomi (qui a joué également avec CocoRosie) et Kim Ann Foxman, un (une?) chanteur(euse) à la coiffure en brosse et aux yeux légèrement bridés. A pointer également, une cover assez amusante du “(Don’t Fear) The Reaper” de Blue Öyster Cult, déjà repris en son temps par Apollo 440. Spectacle garanti et assez marrant au final.

Retour sur la Main Stage avec les Kooks, qui avaient rempli l’Ancienne Belgique au mois d’avril en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Mais malgré cela, leur prestation avait été relativement banale, sans doute en raison d’une mauvaise maîtrise de leur deuxième album,
Konk
, qui venait tout juste de sortir. Aujourd’hui, Luke Pritchard et son groupe ont pris confiance en leurs nouveaux morceaux, car c’est essentiellement ceux-là qu’ils ont présentés, “Always Where I Need To Be” en tête. Dans le public, une majorité de jeunes filles hystériques qui avaient rédigé des messages explicites de débauche à l’attention du groupe. Des jeunes filles qui devaient sans doute prendre comme argent comptant le nouveau single des quatre anglais, “Do You Wanna” (make love to me?). A côté de ces scènes d’amour platoniques, les autres ont néanmoins eu l’occasion d’apprécier “See The Sun” et “Stormy Weather”, deux des meilleurs extraits du nouvel album, que je trouve malgré tout un peu inférieur au premier. C’est justement les quelques extraits de “Inside In/Inside Out” qui ont récolté le plus de cris: “Naïve”, “She Moves In Her Own Way” et surtout “Ooh La”. Une prestation positive dans l’ensemble, inondée par un soleil de saison…

Pendant ce temps-là, sous la Pyramid Marquee, Mark Ronson, le producteur de Amy Winehouse et de Lily Allen, terminait son set. Avec une kyrielle de musiciens et de chanteurs, il proposait des extraits de son album de covers (“Version”, sorti l’année dernière). On est arrivés lors du final et sa relecture du “Stop Me If You Think You’ve Heard This One Before” des Smiths, couplée à quelques mesures du “You Keep Me Hangin’ On” des Supremes. Impossible dès lors de se faire une idée précise par rapport à sa prestation.

Le gros dilemme du jour allait pointer le bout de son nez… The Raconteurs sur la Main Stage ou Grinderman sous la tente pyramidale. Deux side projects intéressants qu’on a finalement été visionner chacun en partie… Les Raconteurs tout d’abord, avec Jack White, en congé des White Stripes et Brendan Benson (mais aussi deux membres des Greenhornes, Jack Lawrence et Patrick Keeler). A eux quatre, ils ont enregistré (et surtout distribué dans le commerce) un deuxième album (“Consolers Of The Lonely”) en un temps record. Volontairement rétro, il fait la part belle aux mélodies country et aux solos de guitares bluesy pleurantes. Un album inégal, tout comme le concert, dont les images diffusées sur les écrans géants le seront en noir et blanc. Des morceaux excellents, comme “Rich Kid Blues”, “You Don’t Understand Me” et le fabuleux “Steady, As She Goes” ont côtoyé d’autres avec beaucoup moins d’intérêt (“Hold Up”, “Top Yourself”). On est en présence de musiciens hors pair, mais qui ont parfois tendance à plutôt jouer pour eux que pour l’auditoire. Par contre, les voix de Jack White et de Brendan Benson se marient à merveille, et c’est encore plus le cas en concert.

Ce qui veut dire qu’après un certain moment, on a couru vers la Pyramid Marquee pour profiter de la voix de Nick Cave, entouré de musiciens qui ne sont pas (ou en partie) les Bad Seeds vu que Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos font tous partie des mauvaises graines. Un groupe qui se connaît donc, et qui a soufflé tout le monde avec des extraits de leur
premier album
éponyme sorti l’année dernière. Une interprétation musclée, quelquefois à des années lumières du style de leur groupe d’origine. D’abord dans le visuel, puisque Nick Cave ressemble autant à un tueur à gages qu’au Cardinal de Richelieu tandis que Warren Ellis se confondrait aisément avec un SDF. Puis musicalement où j’ai littéralement été impressionné par l’interprétation brute et par moments flippantes de titres comme “Honey Bee (Let’s Fly To Mars)” ou “(I Don’t Need You To) Set Me Free”. C’est “No Pussy Blues” aux paroles hilarantes qui a terminé avant une ultime occasion de vibrer sur “Love Bomb”. Une autre bonne surprise de ce festival, car tout à fait inattendue…

C’est Justice qui allait succéder à ce cataclysme mais on s’est plutôt dirigé vers la grande scène, où nous attendaient les Kaiser Chiefs, présents à Werchter pour la troisième année d’affilée. Leurs compositions pop rock immédiatement assimilables à l’oreille font des ravages, et cela a directement été le cas avec les deux morceaux d’intro, “Everything Is Average Nowadays” et “Everyday I Love You Less And Less”. Il n’a pas fallu beaucoup plus de temps pour que le leader Ricky Wilson commence à faire le pitre et à gambader d’un côté à l’autre de la scène (quand ce n’est pas au milieu de la foule) tout en hurlant dans son micro et en faisant scander le nom de son groupe aux spectateurs qui ont franchement joué le jeu. Ses deux exploits du jour: grimper sur la colonne de baffles à droite de la scène et chanter depuis le toit de la cabane qui abrite la table de mixage. D’un point de vue look, le batteur, Nick Hodgson s’est laissé pousser la moustache et ressemble désormais à s’y méprendre à Ringo Starr période “Sgt. Pepper’s”. Au programme, tous les tubes du groupe (“I Predict A Riot”, “Oh My God”, “Ruby”) ainsi que des nouveaux morceaux (dont “Never Miss A Beat” et “You Want History”), qui sont déjà devenus des hymnes avant le deuxième refrain. Même une face B (“Take My Temperature”) a subi le même sort. Impressionnant. Autre bonus: Mark Ronson (producteur annoncé de leur troisième album) qui était toujours dans les parages est venu jouer du tambourin sur un titre. Un concert amusant et efficace, comme à l’accoutumée, mais sans réelle surprise non plus.

Je n’attendais pas grand-chose de l’artiste suivant, Beck, dont je me demandais ce qu’il faisait aussi haut sur l’affiche. Grosse erreur, et je n’ai pas du tout été déçu d’avoir renoncé à l’idée de vivre le set d’Underworld sur la petite scène. En effet, Beck Hansen, qui porte maintenant des cheveux longs (et qui fait penser à Kurt Cobain) a donné une prestation parfaite de bout en bout, entamée en force avec “Loser”. Il a ensuite revisité son abondante discographie, ce qui nous a permis de nous rappeler à quel point ce petit bonhomme a bercé nos oreilles ces quinze dernières années, tout en évoluant et en ne se parodiant jamais. “Devils Haircut”, “Where It’s At”, “Sexx Laws”, autant de joyaux joués ce soir. Mais le plus impressionnant résidait dans la découverte des extraits de son nouvel album, “Modern Guilt”, qui sortait ce lundi. A première écoute, c’est un jackpot assuré et des compositions qui ne dépareillent pas du tout avec les classiques précités. Je vous le disais, une dernière bonne surprise du festival.

Car il ne restait qu’un groupe avant la clôture de Rock Werchter 2008. Et pas des moindres… dEUS. De mémoire de festivalier, c’était la première fois qu’un groupe belge clôturait la grande scène (il y a bien eu 2ManyDJs en 2004 suite à la défection de David Bowie, mais cela ne compte pas). Enfin, un groupe de rock belge avec la carrure, les morceaux et la prestance pour porter solidement sur ses épaules le statut de tête d’affiche. Entre nous, je ne vois pas à qui d’autre que le groupe de Tom Barman serait revenu cet honneur, surtout que le dernier album,
Vantage Point
, est un nouveau chef-d’œuvre.

C’est d’ailleurs avec “When She Comes Down”, l’incroyable plage d’intro qu’ils ont entamé les débats. Le son est bon (le micro de Tom sera d’ailleurs réglé un peu fort lors de ses interventions, car il nous faisait sursauter à chaque mot) et l’ambiance est à son paroxysme. Ce dernier album sera abondamment visité (dont les excellents singles “The Architect” et “Favourite Game”), mais “Instant Street” a monté le volume dans le rouge dès la troisième chanson avec un final toutes guitares en avant. Ce ne sera pas la seule fois… “Fell Of The Floor, Man” avec l’indispensable seconde voix de Mauro Pawlowski, “Sun Ra” ainsi que le toujours aussi bon et crescendo “Bad Timing”. Deux petites faiblesses toutefois (les deux mêmes qu’à Droixhe le 30 avril dernier lors de l’étape liégeoise des warm-up shows du groupe). “The Vanishing Of Maria Schneider”, à mon sens le plus faible extrait de “Vantage Point” et “Nothing Really Ends”, qui ne dégage plus du tout le même lot d’émotion que par le passé.

En rappel, un mignon “Popular Culture” avec une petite chorale sur la scène, un “Roses” de folie et le classique “Suds And Soda” (un peu trop allongé toutefois) qui a fait trembler le sol de la plaine lorsque les festivaliers jetaient leurs dernières forces en sautant à pieds joints comme un seul homme, pendant que certains chanceux envahissaient la scène…

Les derniers moments de cette édition de Werchter faisaient plaisir à voir, si ce n’est que le feu d’artifice a débuté avant même la dernière note du groupe. On n’a dès lors pas entendu Tom Barman remercier la foule, vu que les pétards explosaient déjà en plein ciel. Une rigolade, en plus, car cela n’a même pas duré une minute… Mais bon, cela ne va pas nous faire regretter le déplacement et ces quatre nouvelles journées sans faille. Rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles aventures et une programmation digne des plus grands (du meilleur?) festivals du monde.


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One thought on “ROCK WERCHTER (jour 4) avec e.a. dEUS, Beck, Kaiser Chiefs et The Kooks

  • juillet 14, 2008 à 17:12
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    Effectivement, je trouve aussi que vous nous baladez bien au travers votre rédaction. Pour ceux qui n’ont pas la chance de s’y rendre, c’est plutôt sympa !

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