DOUR FESTIVAL 2008 (jour 1) avec e.a. Goldfrapp, Foals et Mystery Jets

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Le festival de Dour fête cette année son vingtième anniversaire avec une formule qui fait son succès depuis plusieurs années maintenant. Une affiche pléthorique (plus de 200 groupes répartis sur 6 scènes durant quatre jours) couvrant un large éventail de styles musicaux… Et cette année encore, c’était sold out! Nous voici donc partis pour quatre jours de découvertes… Un festival qui a débuté exceptionnellement (anniversaire oblige) le mercredi avec une soirée surprise réservée aux campeurs qui avaient déjà planté leurs tentes (ils étaient 21000!). Au programme, un DJ set de Showstar, une prestation de Björn Again (un groupe qui s’était fait connaître avec une cover d’Erasure mais qui a plutôt viré vers ABBA depuis) et un DJ set de Princess Superstar. Cela commençait fort…

Cela dit, ce n’est que le lendemain que nous sommes arrivés sur place et, oh surprise, nous avons directement remarqué les améliorations sensibles qui ont été apportées au site suite aux nombreuses critiques formulées l’année dernière. Avec un espace accessible au public agrandi de près de 25%, on ne s’est jamais sentis oppressés. C’était également le grand retour des espaces détente, avec des bancs qui permettaient aux festivaliers de manger confortablement et de se reposer. Le nombre de poubelles a aussi été revu à la hausse, ainsi que celui des urinoirs (même si cela n’empêche pas les irréductibles mal élevés de jeter leurs détritus par terre ou de se soulager contre les palissades…).

Mais bon, c’est avant tout de musique que nous allons parler avec le premier groupe que nous avons été visionner. Elvis Ghettoblaster, les bruxellois qui ont sorti dernièrement leur deuxième album, « 
Love Is A Schizophrenic Hungry Monster
« 
. Pas super facile d’accès sur CD, pas beaucoup plus sur scène (à leur décharge, le son était particulièrement pourri). Même mon extrait préféré, « Radio Days », n’a pas trop bien donné en live. En tout cas, je les avais beaucoup mieux sentis lors de leur passage à la Boutik Rock en février dernier. Dommage aussi leur manque d’image où ils se montrent à mon sens trop gentils (le bassiste ne dépareillerait pas au guichet d’une banque…).


C’est donc avec un goût de trop peu que nous sommes partis en direction de la grande scène pour un des ‘gros’ noms du festival (comme c’est le cas depuis quelques années, plus vraiment de têtes d’affiche au programme), The Brian Jonestown Massacre. Le groupe emmené par Anton Newcombe, connu pour son influence prépondérante sur le son de The Dandy Warhols (voir le film « DiG! » de Ondi Timoner pour plus de détails), a donné un set un peu pompant au début, mais qui a véritablement décollé après quelques titres. Sept musiciens sur scène, dont certains spécimens (par exemple Joel Gion, l’homme au tambourin et au képi qui, avec sa barbe en ‘U’, aurait bien pu jouer dans « La Planète Des Singes »), tous plus ou moins sous influences. Cela a donné quelques moments de fous rires, comme quand Anton Newcombe (qui a débuté le concert de dos) a fait monter sur scène un type déguisé en Ronald McDonald, lorsqu’il a adressé un geste obscène en direction de l’hélicoptère de la police qui survolait le site ou encore lors d’une improvisation d’une petite histoire après avoir vu flotter un drapeau pirate dans le public…

En tout cas, ils n’avaient pas trop l’air divisés malgré une rixe entre deux membres du groupe le jour précédent à Londres. Musicalement, cela a prolongé la prestation des Dandy Warhols la semaine dernière aux Ardentes (mais en un rien plus hilarant) et, de fait, nous a prouvé que Courtney Taylor-Taylor n’a absolument rien inventé…

Petit détour par l’Estpak Core Stage (les noms des scènes à Dour sont parfois un peu tirés par les cheveux) pour jeter une oreille à General Mindy, qui, comme son nom ne l’indique pas, est plutôt rock (je pensais avoir affaire à un groupe de dub ou de ska). Je serais tenté de faire un parallélisme avec Elvis Ghettoblaster, car le son est sensiblement le même. Par contre, l’ingénieur du son est un peu plus performant car cette fois-ci, tout était limpide.

On n’a toutefois pas traîné, histoire de voir quelques minutes de Koffee dans La Petite Maison Dans La Prairie (autre nom de scène cocasse), le groupe qui a remporté le concours Dour Tremplin 2008. On n’a pas vu grand-chose, mais on a eu l’occasion de remarquer pas mal d’influences dans leur jeu, genre de Radiohead expérimental sur des guitares criantes et un son progressif, emmené par un chanteur guitariste au physique pas facile mais avec un cœur grand comme ça… Tout un programme, mais le plus incroyable, c’est que ça tient drôlement bien la route. Vu qu’ils étaient en quelque sorte les régionaux de l’étape, ils avaient beaucoup de fans dans le public et cela a sans doute contribué au joli succès qu’ils ont remporté. Clin d’œil sympa, les mots « Thank » et « You » collés au dos des guitares brandies au public à la fin de leur set. Une bonne petite surprise à suivre de près…

Retour sur la Last Arena (la scène principale) avec Neon Neon, le side project de Gruff Rhys, le leader des Super Furry Animals, un groupe gallois dont le succès est resté cantonné aux îles britanniques. Ce nouveau projet ne va sans doute pas connaître meilleure performance, même si tout cela est bien emballé. Basé exclusivement sur des sons très 80’s (pas moins de deux keytars sont employées simultanément dans le morceau d’intro), il permet à Gruff Rhys, genre de Daan mal rasé et moins élégant) d’explorer de nouveaux horizons et de se faire plaisir. Par moments, on pense à Alphaville ou à Ultravox et on ne peut malgré tout pas s’empêcher de battre la mesure. Un chouette morceau chanté en duo avec la bassiste (« I Lust U »), avant une surprise…


L’arrivée sur scène d’un invité, en la personne de Har Mar Superstar, un sbire tout à fait inconnu ici, mais qui a la particularité, malgré un physique assez ingrat, de faire tomber bon nombre de représentantes de la gent féminine. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’il a une pêche d’enfer et un humour décapant qui ont rendu le concert plus intéressant, éclipsant parfois même Gruff qui profitait lui aussi du spectacle offert par Har Mar. Un Har Mar, qui, entre deux raps et quelques déhanchements suggestifs, a même réussi à chanter le refrain d’un morceau la tête collée au sol et les jambes en l’air. Assez impressionnant et surtout hilarant à regarder. Il a également réussi à faire chanter la foule sur « Sweat Shop » et à remplacer quelques minutes le claviériste. Une vraie pile électrique ce bonhomme. Fin de concert très amusante, donc, avec en lieu et place du rappel, la petite troupe qui est revenue sur scène pour dire au revoir, une valise la main pour Har Mar et un balai (!) pour Gruff. Un brin de folie qui leur va si bien…

Après ce moment de rigolade intense (et cela n’allait pas être le seul du festival…), on est retournés à l’Eastpak Core Stage pour les Teenagers, qui ont donné sans discussion aucune le plus mauvais concert du festival. Ce sera certainement également le pire concert de mon année et en concurrence pour le plus mauvais de toute ma vie. Leur album (« 
Reality Check
« 
) tient plus ou moins la route (même si toutes les plages ont tendance à se ressembler) mais sur scène, c’est tout bonnement affligeant. Le son, la voix du chanteur, son accent de parisien qui tente de chanter en anglais, son attitude de « m’as-tu vu? », ses interventions, ses commentaires lorsque la sécurité lui a interdit de faire monter des filles sur scènes pour chanter « Homecoming », sa manière de vérifier si il était toujours bien coiffé (alors que sa coiffure ne ressemblait à rien), si ses lunettes de soleil tenaient toujours bien sur son nez, si son singlet n’avait pas trop souffert de son passage dans le public (composé principalement d’adolescentes naïves et boutonneuses – vous allez me dire, avec un nom de groupe pareil, on ne peut pas attirer autre chose)… Bref, une vraie tête à claques… A oublier au plus vite et à mettre sur la liste noire.


Sur la Last Arena se produisait ensuite Foals, le groupe qui jouit d’une certaine hype car leurs compositions sensiblement électro sortent un peu de l’ordinaire et parce que leur album « 
Antidotes
« 
a été produit par David Sitek, le guitariste de TV On The Radio dont les talents de producteur ont explosé récemment. Le groupe s’était déjà produit au Polsslag Festival en avril dernier, mais sans vraiment convaincre. Ce sera pareil aujourd’hui. Le groupe de Yannis Philippakis n’a pas fait beaucoup mieux. Après une (trop) longue intro (premières paroles prononcées après une dizaine de minutes), ils ont commencé l’exploration de l’album, mais sans grande conviction. On a même trouvé leur prestation un peu plate. Tellement plate qu’on est partis voir autre chose (le choix ne manque pas à Dour…). Peut-être que la deuxième partie du concert était plus intéressante…

On est arrivés pour le début du set de Mystery Jets, un groupe qui vient de sortir son deuxième album (« Twenty One » – toujours pas distribué chez nous). On les avait découverts en février 2006 en première partie des Arctic Monkeys au Botanique. A ce moment-là, le papa du chanteur Blaine Harrison était guitariste du groupe et c’était assez marrant visuellement parlant. Depuis, il est toujours présent, mais ne tourne plus avec le groupe qui est dès lors réduit à un quatuor. Si Blaine a une très belle voix, celle-ci ne sera malheureusement pas mise en avant ce soir, le son étant (de nouveau) anormalement sourd. On a quand même apprécié l’excellent nouveau single « Two Doors Down » et une des toutes bonnes plages de « Making Dens » (leur premier album), « You Can’t Fool Me Dennis ». On mettra aussi en avant l’accoutrement de couleur rose de la plupart des musiciens. Cela dit, leur rock semi progressif et parfois acoustique est peut-être difficile à digérer sous un chapiteau en fin d’après-midi mais dès qu’ils passent en salle, on n’hésitera pas…


Deux coups de drum ‘n’ bass à la Murdock nous ont bien vite fait revenir sur la grande scène avec un groupe de pure pop, The Hoosiers, des stars en Angleterre et dont l’imparable single « Worried About Ray », n’en finit pas d’ensoleiller les ondes (à défaut d’empêcher la pluie de tomber aujourd’hui). Un visuel assez sympa, avec des amplis qui sont « déguisés » en robot (avec des bras et, pour deux d’entre eux, un visage sous la forme d’un écran qui change d’expression). Chaque membre du groupe a également un petit oiseau sur son pied de micro. Le claviériste est déguisé en Spiderman et on verra apparaître de temps à autre Superman qui viendra jouer du trombone. Le groupe arrive sur scène avec dans leurs mains les lettres multicolores qui composent le nom du groupe et qu’ils déposeront au pied de la batterie avant de commencer leur set. Un set gentil à beaucoup d’égards, mais qui a fini par nous lasser aussi. C’est pas tout d’avoir un tube, le reste doit suivre aussi. On a également reconnu « Goodbye Mr. A », un autre extrait de leur album « 
The Trick To Life
« 
(ex N°1 en Angleterre) sorti en single l’année dernière. J’imagine qu’ils ont chanté leur tube en toute fin de set, mais vu que le déluge recommençait à s’abattre sur Dour, on voulait se mettre à l’abri…

Restait à découvrir Goldfrapp sur scène, qui ont débuté leur set avec près d’un quart d’heure de retard. Les musiciens sont finalement apparus tout de blanc vêtus, Alison Goldfrapp en tête, genre d’ange aux cheveux blonds bouclés et à la voix cristalline.

Leur prestation a commencé très calmement avec des extraits de leur dernier album, « Seventh Tree », bien plus calme et moins tourné vers l’électronique que les précédents (sur scène, il y a même une double harpe, jouée par une petite sirène, presque clone d’Alison). C’est à partir du quatrième morceau (ironiquement juste après ceux pendant lesquels les photographes pouvaient canarder leur sujet) que le light show s’est emballé pour nous faire découvrir de bien belles compositions aux couleurs vives, reflétées par la blancheur de l’accoutrement des membres du groupe. Après un début un peu mou, le reste du show tendra progressivement vers ce qu’ils font le mieux: donner l’envie aux gens de bouger. Difficile en effet de rester en place sur « Number 1 » ou « Ooh La La ». Ils ont clôturé avec « Strict Machine » avant de feindre un rappel qui n’est finalement jamais venu. Malgré la pluie, une prestation honorable, bien meilleure en tout cas que lorsqu’ils avaient supporté Coldplay au Sportpaleis en 2005.

Notre journée se terminait ici, la nuit appartenant principalement aux DJ’s et aux ravers, les rêveurs comme nous préférant retrouver leurs plumes…


Jour 2


Jour 3


Jour 4

Les autres photos de

Goldfrapp
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The Hoosiers
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Mystery Jets
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Foals


The Teenagers
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Neon Neon
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Koffee
|
General Mindy


The Brian Jonestown Massacre
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Elvis Ghettoblaster

Photos © 2008 Olivier Bourgi

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