VAN WILKS AU SPIRIT

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VAN WILKS Spirit Of 66 VERVIERS 20/11/2002 On connaît finalement très peu de choses de Van Wilks, en dehors de sa musique. C’est le principal me direz-vous à raison . Citoyen texan et professeur à la Austin School Of Music, il y dispose d’une certaine aura comme maître guitariste de rock affirmé. Il fut d’ailleurs plébiscité par ses concitoyens au Hall of Fame local. Il est considéré comme un leader et fait indiscutablement partie des plus chauds guitaristes de la city. C’est un compositeur redoutable qui s’appuie sur des genres musicaux aussi divers que le funk, le hard et le rock sans dédaigner quelques senteurs « pop ». Son talent pour élaborer des chansons musclées a même attiré l’attention du magazine anglais de hard-rock Kerrang ! Le plumitif de service ayant déclaré « Bombay Tears » comme pièce maîtresse de ses favoris de tous les temps (sic !…). L’ensemble des media du coin n’hésite pas à voir dans son Band un compromis entre Jimi Hendrix et Van Halen (rien de moins…).

La plupart de ses tournées sont compactes. Il rechigne à quitter trop longtemps ses bases et surtout à abandonner Koko son chat. Cela ne l’a pas empêché de pousser ses riffs jusqu’à Moscou et à Verviers (deux fois déjà au Spirit : 22/02 et 1/11 de l’an de grâce 2000).

Je ne peux m’empêcher de reproduire la fiche technique de Francis, à l’époque : « Comme il est écrit dans Variety, Van Wilks est une approche saisissante du blues psychédélique anglais des années soixante qui constitue la base de ses compositions originales. Il même un jeu fougueux à des slides fulgurants à l’envol mélodieux de sa guitare acoustique douze cordes et au R&R déchirant de son dobro. Plus simplement dit, pour citer les mots de Jim Beal du San Antonio Express News : He sure can play Rock and Roll ! » .

On sait son amitié avec Billy Gibbons de ZZ TOP et partant, leurs influences communes : Jimi Hendrix et Peter Green. Le son lourd est évidemment omniprésent chez Van Wilks et sa « Scrotchtone » dégage une puissance manifestement supérieure à la moyenne. Ne dédaignant pas la Fender strato-classique, c’est toutefois à la Les Paul qu’il dégage le maximum de ferveur rock and rollienne. On y retrouve inévitablement les références suprêmes de la bande à Gibbons et cela n’est pas pour me déplaire du tout.

J’avais prévu le coup en arrivant au Spirit et malgré les effluves de streptocoques tenaces, j’étais paré.

Oh divine surprise en entrant, je tombe sur un autre DD (des gens bien les DD) et son frangin Michel (un vrai pote). J’ai nommé Dany Dubois, ex-FN Guns, qui joue aujourd’hui les « secoueurs » de luxe pour HITCHER (à voir) et qui m’expliquera avec pertinence, dans les breaks, une tonne de trucs techniques très utiles. Un pro quoi…

Ce soir, le père Van Wilks est accompagné par la paire redoutable Campello/Biger déjà vue avec Chris Spedding et Big Ed Sullivan en ces mêmes lieux. Voici ce que j’en disais d’ailleurs, il y a peu (vive le copier/coller hein…) :

A la basse Francis Campello. Ce garçon…/… travaille sérieusement sans fléchir même dans les moindres temps morts. On découvre à cette occasion qu’il n’est pas nécessaire de se rouler par terre pour bien faire et que le bon bassiste est toujours celui qui place le mieux ses accords, en liant les notes, …/… La dernière fois, il nous avait démontré que la grippe n’atteint pas les rockers puisqu’il était assez fiévreux et qu’il a joué sans fléchir. Bref, on n’a pas accompagné Chris Spedding pour rien non plus hein ? Et qui encore ? Ah ! Johnny, bon ! on s’casse… (Joke !).

Aux drums …/… : Monsieur Jean-Michel Biger ! Grand ce batteur ! Très grand Monsieur. Je ne sais pas combien il mesure mais je peux vous dire que ses coups de pattes magistraux rendent un immense service à tout le monde. Je trouve qu’il habille et colore ce set d’une empreinte chaude, adroitement construite et terriblement efficace. Il fit ses classes avec Ange, dans le temps, et, à mon avis, il en a gardé le sens de la décoration…/… Petit bémol toutefois, il m’a paru moins en forme ce soir (peut-être la grippe de Campello !?).

Donc, tout ce joli petit monde a cartonné dans l’espace comme une armée de musiciens. Une fois n’est pas coutume, je vous livre la set list (annoncée) d’entrée de jeu :

First part Going To See My Baby (Soul of a Man) The Spank (id.) Mama talk + The Choke (instr.)(Koko’s Hideaway)Temporary Love Affair (Soul of a Man)Sheri Says Stop (id.) Our Little Secret (Koko’s Hideaway)Dialtone Blues(id.) Boystown (Soul of a Man)Hideaway (Koko’s Hideaway)

Second part Stone Cold Day (Texas Jukin’) I Know you don’t love me…(Koko’s Hideaway) + HGS ? Bleedin For You (Soul of a Man) Without A Words (Koko’s Hideaway) Sometimes You Run (id.)Can’t Go On Like This (Soul of a Man) Morning Dew Steppin Out Devil’s Car (She’s driving The)(Soul of a man) Stiletto Blues (Koko’s Hideaway)Shuffle In C

Comme on peut le remarquer, le dernier album n’eut guère les honneurs de la sélection. Sans doute le rodage n’est-il pas encore au point ou l’absence des musiciens US a-t-elle pesé dans la balance ?

Cela ne fut pas vraiment déterminant sur le show tant les contenus de l’ album 1995 (8 titres sur 11 !) et du suivant « Koko’s Hideaway » (un peu plus de la moitié) sont représentatifs de l’immense talent et de la force de persuasion du bonhomme.

Je lui trouve un petit air de ressemblance avec mon pote André S. qui lui va bien.

La prise en main du manche ne permet aucun doute, c’est un fameux guitariste. A la fois académique et créatif, musclé et aérien, technique mais aussi d’une redoutable et efficace simplicité. On trouve dans son jeu, des longues phrases musicales superbement liées et des attaques de cordes spectaculaires mais pas gratuites. Le jeu de la petite bête qui monte, qui monte, incorporé aux effluves solides et aériens dénote l’implacable maîtrise du gaillard. Quelques passages d’anthologies irrésistibles ont préparé et rehaussé le sublime « Dialtone Blues » où Van Wilks démontre un doigté de la main gauche époustouflant.

Il lui aura fallu quatre ou cinq morceaux (dixit JM) pour trouver la bonne carburation puis, à partir du moment où il s’est saisi de la Gibson, les choses ont changé ( un « Boystown » de légende). Le final du premier set a tout bonnement transcendé le show. Ce fut apocalyptique. Une libération ! Des détails comme la prise en main du bottleneck à la volée, en cours de jeu sont révélateurs de cette immense maîtrise. (Il va chercher dans sa poche le cylindre de métal tout en continuant à jouer et l’y remet de la même façon… dans une poche de Jeans, j’vous dis pas !). A certains moments, la rythmique célébrissime du mouvement NWOBHM m’a mis sur le c… en me comblant de bonheur. Jouée à ce niveau de p… de classe, ça décoiffe vraiment.

L’entame au turbo du second set a lancé la machine à fond la caisse sans aucun répit jusqu’au bout du show. N’en déplaise aux pulpeuses Bimbos qui , à partir de 22h39, passèrent et repassèrent pour aller aux toilettes (trente secondes à la fois mais qu’est-ce qu’elles peuvent bien y foutre !?), la musique fut magnifique et les emballements savamment entretenus par un Van Wilks retrouvé et convaincant. Pour une fois ce n’est pas Francis qui a monté le son, c’est venu tout seul… J’ai pu apprécier de terribles gimmicks et l’un d’eux, guitare face au micro, me fait encore frissonner trois jours après.

Ce n’est pas pour rien que notre Van Wilks entretient une forte amitié avec Billy Gibbons, cela se sent dans sa musique. Les longs riffs lourds et dévastateurs des barbudos texans se retrouvent magnifiés et parfois, démesurés, dans les arrangements du citoyen d’Austin. Le magique « Can’t go on like this » me reste encore en mémoire par sa beauté et le son très chaud qu’il répandit dans cette salle mythique.

Bien sûr, nous eûmes droit à quelques petites leçons (normal pour un prof non ?) bien tassées, de débordements du manche, d’accords des cordes en cours de route et de note à note prodigieux. Un autre détail, à deux secondes du final de « Morning Dew », la guitare se détache de l’arrière mais en plein dans le crescendo final. Cela n’a pas empêché le bonhomme de conclure en redressant littéralement la guitare d’une main (tout en continuant à jouer) sans casser quoi que ce soit du rythme et sans à-coups. Fantastique… Tout comme le « She’s driving the devil’s car » qui fut sans conteste le TOP (et le jeu de mot est bien placé) de cette soirée.

J’aime autant vous dire qu’on a bataillé jusqu’au bout pour trois terribles rappels (qu’est-ce qu’il s’est fait mériter le bougre), j’ai dû casser une chaise à force de percuter le parquet pour le premier d’entre eux. L’acharnement en valut toutefois la chandelle.

Van Wilks est un musicien hors pair, chanteur doué et arrangeur de talent, il compose de merveilleuses chansons qui resteront, c’est certain, à la postérité et dont, nombre de ses congénères s’empareront un jour ou l’autre parce qu’elles sont ciselées et construites sur une écriture robuste et très lisible sans être prévisibles…

Quelques mots du dernier album puisqu’il nous l’a pratiquement sucré ce soir. On y trouve, en support, Mike Morgan (du Crawl), Omar Dykes sans ses Howlers et John Fish aussi. Ce disque c’est tout simplement de la dynamite. Le son est poussé à la limite de la saturation (gaffe à vos baffles !). l’entrée en matière du « Badly Mistaken » vaut sa tonne de TNT, de même que le « Stone Cold Day (joué ici même). Heureusement la fraîcheur de « Down Island Girl » et de « Valley Of Fires » remet un peu de sérénité dans les palpitants. Je vous recommande tout particulièrement « Little Mona and The Scorpions », « Go Down Easy » et surtout le fantastique « Holly Roller » (rien à voir avec Nazareth) (« …/…gorgé de riffs et de guitares saignant à gros bouillons » comme dirait J-C Pinteaux de Crossroads). Quant à « Texas Jukin » le titre éponyme, il vaut ses deux minutes cinquante-huit de bonheur chatoyant et d’immense plaisir acoustique doctoral… Mais c’est si bon pour la santé !

Allez à mardi, on s’est pas vus ! Ce 26 novembre qui arrive est le jour béni où le plus grand bluesman de la nouvelle génération revient à Verviers, ne le ratez sous aucun prétexte. Plus que deux fois dormir : TOMMY CASTRO IS BBBBACCKKKKKK !!!!!!!!!

DD

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