Des INFADELS plutôt relevés au Botanique

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L’Orangerie du Botanique accueillait ce jeudi 9 octobre les Infadels, ceux-là même qui avaient fait forte sensation voici deux ans, en première partie de Vitalic à l’Ancienne Belgique. Et ce soir, la première partie a été confiée à un groupe belge prometteur, Nestor!, qui commence sérieusement à faire parler de lui. Au vu de sa prestation, ce n’est que justice. J’ai rarement vu un groupe avec une simple démo derrière lui maîtriser aussi bien ses compositions et dégager quelque chose d’aussi fort, intense et convaincant à la première écoute. D’autant plus que le son était parfait et puissant dès la première note du premier morceau.


Musicalement, on pense au chaînon manquant entre Bloc Party et The Rapture, avec une petite pointe des Buzzcocks. Mais c’est au groupe New Yorkais que l’on pense le plus, vu qu’ils incorporent cette petite touche d’électro judicieuse. Les vocaux sont assurés par trois des cinq musiciens mais c’est surtout quand le bassiste s’empare du micro que nos oreilles se régalent. En guise de surprise, une cover du “Psycho Killer” de Talking Heads (qu’ils affirment comme étant une autre de leurs influences). Un nouvel E.P. devrait être disponible d’ici peu et un album complet sortira en 2009. Une première partie comme on n’en a pas vu beaucoup cette année. Ce groupe se dresse comme un des tout bons espoirs du rock indépendant belge. A suivre de très près…

A un tel point que je me suis demandé comment Infadels allait parvenir à surpasser le son mis en place par le groupe bruxellois. Et cela malgré le fait que ces londoniens ne s’arrêtent jamais de tourner (ils sont passés notamment aux Ardentes en 2007 et au Pukkelpop en août dernier). Ils ont sorti en juin leur deuxième opus, “Universe In Reverse” qui, il faut bien l’admettre, est un cran en dessous de leur presque parfait “We Are Not The Infadels”.

La décoration de la scène est assez curieuse, avec un mannequin affublé d’une jupe au nom du groupe et à qui on a remplacé la tête par une énorme boule à facettes. Un peu plus loin, un renard, un faisan et un dalmatien trônent sur les amplis recouverts de serpentins dorés.

Mais c’est lorsque le groupe monte sur scène que l’on remarque tout l’étalage de leur grain de folie. Ils sont tous les cinq déguisés et maquillés à hauteur des yeux, à la manière de Michael Stipe qui se prenait pour Zorro lors de la tournée “Around The Sun” de R.E.M.

Le chanteur Bnann Watts est méconnaissable avec son chapeau haut-de-forme, le guitariste porte un drôle de béret mais c’est surtout le claviériste, qu’on confondrait avec Twiggy Ramirez de Marilyn Manson, qui, lui, fait vraiment penser à un mort-vivant. Par ailleurs, ce dernier sera comme emporté par sa musique, gesticulant comme un fou devant son clavier et tapant encore plus fort que le batteur sur des fûts placés autour de lui…

C’est “Circus Of The Mad”, l’excellent morceau d’intro du nouvel album, qui ouvrira le concert, avec un son pas toujours au point (la basse faisant frémir nos tympans régulièrement). Heureusement, tout était réglé pour “Code 1”. A la fin de ce deuxième titre, le chanteur est déjà en nage, tellement il se démène comme un beau diable (il a déjà viré son chapeau). Celui-là, rien à redire, il vit son concert et se donne comme s’il s’agissait là de sa dernière prestation. Sa manière de travailler le public et de le faire réagir en criant “Beeelgium” ou “Le Botaniiique” avec son accent anglais a particulièrement bien fonctionné ce soir.

Même si les versions live de leurs nouveaux titres tiennent bien la route (“Make Mistakes”, “Free Things For Poor People”), ce sont surtout les anciens qui délecteront la foule (pas si nombreuse que ça, mais complètement dévolue au groupe). Pointons le toujours aussi bon “Murder That Sound”, “Jagger ’67”, le très sensuel “Give Yourslef To Me” et une splendide version de “Girl That Speaks No Words”, entamée par Bnann seul à la guitare. Leur don d’interpréter une cover tout en y imprimant leur marque personnelle a de nouveau été mis en valeur. Sur cette tournée, c’est le “Sweet Dreams (Are Made Of This)” de Eurythmics qui est passé à la moulinette avec grande classe.


Ils ne joueront qu’un seul morceau en rappel, l’incontournable “Can’t Get Enough”, qui mettra le feu une dernière fois et pendant lequel on remarquera que le chanteur avait l’air épuisé. Pas étonnant après un tel marathon. Il retrouvera toutefois des forces pour affronter un bain de foule devant le stand de merchandising. Ces musiciens aiment être proches de leur public et ne rechigneront pas la moindre seconde devant une demande de photo, d’autographe ou de poignée de main. Des artistes simples et accessibles comme on les aime. Un bon petit jeudi soir dans la convivialité du Botanique.

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Photos © 2008 Olivier Bourgi

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