CALEXICO ou la furia à l’Ancienne Belgique

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Soirée chaude chaude chaude en perspective ce lundi 13 octobre dans une AB archi-comble. L’été indien que nous connaissons actuellement n’y est pas étranger, mais c’est d’abord et avant tout Calexico qui en est la cause principale. En effet, leurs prestations live sont toujours très intenses et hautes en couleurs. Il ne fallait toutefois pas arriver trop tard car, comme c’est le cas depuis quelques temps à l’Ancienne Belgique, la première partie commence bien avant l’heure indiquée sur le ticket. Et ce soir, il aurait été dommage de louper Get Well Soon, le projet de l’allemand Konstantin Gropper, un chanteur multi instrumentiste au look androgyne et à la voix fascinante. Il a sorti cette année un premier album au nom curieux (“Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon”) mais au contenu plus qu’intéressant.


Sur scène, il se fait accompagner par un band complet, dont une talentueuse violoniste. Les morceaux commencent généralement très calmement (à la guitare acoustique ou au piano) avant de monter en puissance et d’exploser, mais toujours avec grande classe et sans violence démesurée. On pense à Sophia et à Sparklehorse pour les atmosphères et de temps en temps à Madrugada (pour la voix). En tout cas, un très bon moment et une première partie de grande qualité. Get Well Soon, un nom à retenir.

Calexico, les natifs de Tucson dans l’Arizona, étaient de retour en Belgique après une relativement faible prestation aux Ardentes en 2007. Il est vrai que leur musique s’apprécie difficilement lors d’un festival sous la pluie. Et comme ils viennent de sortir un nouvel album, “Carried To Dust”, qui se profile comme un des meilleurs de leur carrière, tous les ingrédients étaient réunis pour assister à une excellente soirée, d’autant plus que le show était filmé et diffusé en direct sur le site de l’AB.

En bon citoyen américain responsable qu’il est, le leader du groupe, Joey Burns, ira voter le 4 novembre prochain. Et il profite de la tournée pour étaler sa vision des choses. C’est en substance ce qu’il racontera sur son morceau d’intro, seul à la guitare (“Bisbee Blues”).

Il y incorporera également les mots “Ancienne Belgique”, “merci” et “goeiedag”. Ce bonhomme sait comment charmer le public belge. Il a d’ailleurs plus d’une corde à son arc. Quelque part, on pourrait le comparer au gendre idéal: belle gueule, de la conversation, de l’humour, une voix fantastique et un jeu de guitare incroyable de justesse (il ira jusqu’à accorder sa guitare tout en chantant). En plus, il est élégamment sapé.

Dès le deuxième morceau, on retrouve le son Calexico avec les trompettes et les ambiances mariachi qui se fondent parfaitement dans un moule rock. Ce n’est toutefois qu’après quelques titres que le concert débute vraiment. En tout cas pour moi, le déclic sera “The News About William”, un extrait du nouvel album complètement réarrangé pour le live. A partir de ce moment-là, il était impossible de décrocher. Les nouveaux morceaux donnent excellemment bien: le très rock “Writer’s Minor Holiday”, “Two Silver Trees” qui a la puissance, le solo de guitare et le génie d’un morceau de U2 ou encore “Man Made Lake”, tandis que leur cover de Love (“Alone Again Or”) leur va comme un gant.

Jamais avare de petites anecdotes, Joey Burns éclaboussera le concert de son charisme naturel. Il entretiendra aussi une complicité évidente avec les invités qui rejoindront le groupe ce soir. Il y a d’abord la femme d’un des guitaristes, une espagnole originaire de Madrid qui viendra donner une teinte (encore plus) hispanique à certaines compositions (“Roka”, “Inspiracíon”). A certains moments, on se serait cru à une soirée salsa. Ensuite, ce sera Françoiz Breut, la petite (par la taille) française installée à Nantes qui viendra pousser la chansonnette, un aide-mémoire à la main, sur “Slowness” et s’occupera de sa propre partie (en français) sur “Ballad Of Cabel Hogue” (même si, il faut bien l’avouer, on ne comprendra pas grand-chose…).


En rappel, un des meilleurs extraits du nouvel album (“Victor Jara’s Hands”) dont la partie en espagnol sera assurée par Jairo Zavala, un des musiciens du groupe. Ensuite Françoiz Breut reviendra pour une chanson en français (“Les Jeunes Pousses”) interprétée à la manière de Brigitte Bardot, qui fera vraiment penser aux meilleures compositions de Gainsbourg. Il s’agit d’un extrait de son futur album à paraître en novembre. Troisième titre en rappel, et là, c’est l’expressive cantatrice espagnole qui sera de retour pour sa meilleure prestation de la soirée avec un intense “Guero Canelo”. Olé!

On aura droit à un deuxième rappel et à un ultime morceau, le classique “Crystal Frontier”, qui achèvera de semer un vent de folie sur l’AB. Deux autres titres étaient en stand-by sur la set-list mais ne sortiront finalement pas du chapeau du groupe (“House Of Valparaiso” et “Sunken Waltz”). Cela dit, ils étaient quand même sur scène depuis pas loin de deux heures. Un concert généreux, ensoleillé et plein de vie. Ils reviennent quand ils veulent…

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Photos © 2008 Olivier Bourgi

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