Neal Morse inonde le Spirit de ses illuminations

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Ce dimanche, le prog mystique était de retour dans l’enceinte du légendaire Spirit of 66 de Verviers pour nous présenter son tout nouvel album. Inutile de dire que les fans de rock progressif étaient venus en nombre pour assister au passage de Neal Morse. Le nouvel opus studio de Neal Morse vient juste de sortir. Il s’intitule
Lifeline
.
Depuis quelques temps, quand Neal vient en Europe, il a déjà un groupe qui l’attend sur place. Cela allège fortement les bagages à emporter. Mais quel groupe ! Si lors que la dernière tournée, celle de l’album
Sola Scriptura
qu’on peut apprécier avec le DVD
Sola Scriptura And Beyond
, son guitariste attitré, Elisa Krijgsman, n’avait pu l’accompagner, remplacé par un jeune virtuose nommé Paul Bielatowicz (membre du Carl Palmer Band), cette fois Elisa était bien là. A part ça, le line-up était le même : Collin Leijenaar (batterie), Jessica Koomen (claviers, backing vocals), Henk Doest (claviers) et Wilco van Esschoten (basse). Six musiciens sur la scène du Spirit, inutile de dire qu’il ne restait plus beaucoup de place.


Neal Morse avait décidé de changer un peu son show. Lors de ses précédents passages, il avait offert des concerts correspondants au concept de ses albums. Cette fois c’était différent. Il faut aussi dire que “Lifeline” n’est, pour une fois, pas un concept album et que bien entendu il a mis ce nouvel opus à l’honneur. C’était le début de la tournée, après un premier concert en Hollande. Il y avait encore quelques légères imprécisions dues au peu de répétitions tous ensemble. Mais nous avons affaire à de véritables pro qui se sortent de tous les pièges tendus. Le bassiste Wilco van Esschoten est impressionnant. Il se défonce au point de se brûler les doigts tant il passe parfois le mur du son. Elisa Krijgsman déploie un feeling de haut niveau sur ses six cordes. Un vrai régal ! Le batteur Collin Leijenaar, celui par qui ce groupe européen de Neal Morse existe, assure une force de frappe digne des groupes de heavy metal. Faut dire que Neal approche parfois le style heavy. Le claviériste Henk Doest habille les morceaux, assure quelques soli aussi. Mais aux claviers, il y a du monde. Outre Doest, il y a bien sûr Neal Morse, mais aussi Jessica Koomen, épouse du batteur.

Le chant est un des points forts du concert à tel point que parfois on ressent un jeu vocal qui nous rappelle le Yes d’antan. Le groupe est aussi très technique, suivant en cela les traces des Flower Kings qui eux aussi ont du Yes dans les veines. Les mélodies et ambiances claviers ont elles souvent l’empreinte de Genesis. Bref, il y a là les ingrédients des plus grands et Neal Morse est aussi de ceux-là. Passant de son clavier à la guitare, soit acoustique soit électrique, Neal nous distille ses nouvelles chansons sans pour autant oublier quelques perles des albums précédents. Il nous refait le coup du “Testimony Medley”, à vrai dire je l’ai trouvé fort long, trop même ! Il y avait d’ailleurs quelques longueurs lors de certains morceaux comme ce “So Many Roads” extrait de “Lifeline”. C’est vrai qu’il y a tant de route à suivre durant notre vie autres que celles qu’on veut nous faire prendre… mais ce soir, cela me semblait un peu trop, plus que sur l’album.


Il est évident qu’une soirée avec Neal Morse se déguste sans modération, il n’hésite pas a se mêler au public. Il a un talent fou pour les mélodies. Il doit tenir cela des Beatles. Il nous raconte quelques histoires, Dieu y a souvent sa place, c’est important pour lui… beaucoup moins pour nous. Ce n’est pas les Etats-Unis ici, et c’est tant mieux. Cela n’empêche qu’on aime les concepts, qu’ils soient mystiques ou non. Avec les titres de “Sola Scriptura”, c’est un régal et aussi un dynamisme incroyable qui s’offre à nous. C’est là qu’ils se montrent bien heavy et, pas de doute, on aime ça. Personnellement, je trouve d’ailleurs que cet album est son meilleur à ce jour (avec
Snow
, mais là c’était encore avec Spock’s Beard). Je vous le recommande chaudement !

Plus de 2 heures 30 de concert avec un rappel, mais pas plus. Ils sont épuisés, mais heureux d’avoir hanté une fois de plus le Spirit of 66. Ils reviendront vite dans la salle pour rencontrer leurs fans et distribuer quelques autographes. Inutile de dire qu’il y avait foule autour de Neal.

Finalement, c’était un très bon concert, mais aussi un concert sans surprises. Impossible d’être déçu par Neal Morse, on sait à quoi s’en tenir avant de venir. C’est peut-être à cela que le Maître devra travailler à l’avenir pour surprendre un peu plus. C’est aussi ce qu’on peut reprocher au dernier album, mais il faut bien se dire qu’un artiste ne peut surprendre à chaque fois et Neal Morse fera toujours du Neal Morse.

Les autres photos de
Neal Morse

Photos © 2008 Ingrid Ballieu

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