NOVASTAR déchaîne les passions à l’Ancienne Belgique

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Une Ancienne Belgique pleine à craquer ce mercredi 29 octobre pour accueillir en héros Novastar, alias Joost Zweegers, qui était là pour présenter son troisième album, “Almost Bangor”, devant un public essentiellement féminin et néerlandophone prêt à se faire envoûter par les mélodies du bonhomme… Mais avant d’avoir le plaisir de passer au plat principal, il a fallu se farcir un apéritif bien indigeste. En effet, c’est à l’allemand Matthias Sturm qu’est revenue la tâche d’ouvrir le bal. Peut-être devrions-nous plutôt parler de tache? Car visuellement, on dirait Benny Hill avec une perruque de Kurt Cobain (d’ailleurs le batteur chauve aurait bien pu aussi jouer dans la série, si vous voyez ce que je veux dire…).


Musicalement, on entr’aperçoit des airs lointains de Neil Young, avec des compositions essentiellement basées sur une guitare acoustique. Par contre, sa voix finit par devenir barbante sur la longueur, surtout que ça et là, il pousse de petits cris stridents qui, à part faire sursauter l’assemblée, n’apportent pas grand-chose. Une assemblée qui ne prêtait qu’une oreille distraite à ce troubadour et ne se gênait pas pour discuter bruyamment. Multi linguiste affirmé, il s’est même fendu d’un titre en français (“L’Heure”) et d’un autre en allemand qui ressemblait plutôt à une chanson de carnaval avec une morale bidon. Bref, pour une fois qu’on était à l’heure pour le début de la première partie, ce n’était vraiment pas intéressant. Et dire que deux semaines plus tôt dans cette même salle, ses compatriotes de Get Well Soon ont soulevé des passions avant Calexico.

Joost Zweegers, quant à lui, est un perfectionniste. Il sort des albums à un rythme de sénateur, à raison d’un tous les quatre ans: l’impeccable “Novastar” en 2000 et “Another Lonely Soul” en 2004 (ce dernier avait bénéficié de la patte magique de Piet ‘Ozark Henry’ Goddaer). Sa dernière production, “Almost Bangor”, sortie voici un petit mois, passe assez difficilement l’épreuve de l’écoute. En effet, il déçoit quelque peu, avec des titres loin d’être essentiels. Restait à espérer que la scène révèle d’autres facettes à ces nouvelles compositions.

Et c’est justement avec des extraits de cette nouvelle plaque que le concert a débuté. “Bangor”, “Weller Weakness” et “Tunnelvision” ont permis aux musiciens de se mettre en place et à Joost Zweegers, sapé comme un clown ce soir avec un costume à deux faces, de prendre la température et de tout doucement exposer son talent. Toutefois, ce n’est qu’à partir du quatrième morceau, c’est-à-dire à l’instant même où les jeux de lumières deviennent intéressants pour les photos (dixit Oli le photographe) mais surtout au moment où il s’installe derrière son piano que la magie commence à pointer le bout de son nez, avec “Never Back Down”, bizarrement un des rares extraits de son deuxième opus interprétés ce soir.


La suite allait se révéler tout simplement magique et d’une qualité époustouflante. Autant Matthias Sturm parlait plusieurs langues, autant Joost Zweegers passe d’un instrument à l’autre sans aucune difficulté et se paie le luxe de les maîtriser à la perfection. L’émotion dégagée par le piano, la manière de claquer les cordes de sa guitare (et d’en jouer avec le bras tendu tout en faisant mine de pédaler sur place) ou de torturer celles de sa basse, il n’y a rien à redire, ce type est une bête. Quant à sa voix, elle nous a coupé le souffle…

Personnellement, c’est quand il a attrapé sa basse qu’il m’a le plus impressionné (Peter Hook et Joy Division ne sont jamais loin). Sa version de “When The Lights Go Down On The Broken Hearted” était tout simplement hallucinante. Tandis que “Caramia” m’a fait exactement le même effet qu’au festival de Nandrin (RIP) en 2001, lorsqu’un de mes voisins qui n’avait jamais entendu parler de Novastar s’est écrié: “Oufti, mais c’est magnifique!”. Effectivement, l’émotion était à son comble à ce moment-là…


N’oublions pas non plus les hits du premier album, repris en chœur par la foule (surtout “Wrong” et “The Best Is Yet To Come”) et, sur le petit dernier, une magnifique version acoustique de “Making Waves” ainsi qu’un imparable “Because”. Oui, oui, j’avoue. Ces nouveaux morceaux sont transcendés sur scène et on les entend d’une autre oreille. Le set principal s’est achevé avec le single “Mars Needs Woman”, dont le deuxième couplet a été chanté sans micro et sans amplification, tout au bord de la scène. Impressionnant.

Deux morceaux en rappel (dont un ultime extrait du nouvel album, “Miles” en acoustique) ont mis un terme à une prestation aussi impeccable qu’inattendue. Et dire qu’on a longuement hésité à se déplacer, car les Blood Red Shoes nous faisaient de l’œil au Bota. Je pense qu’on a fait le bon choix…

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Matthias Sturm

Photos © 2008 Olivier Bourgi

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