TRUST à l’AB: l’antisocial qui sommeille au fond de moi a failli perdre son sang froid

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Pas de rédacteur disponible pour couvrir ce concert, je me propose de faire la critique, en plus des photos. Pas évident à faire, mais pour un groupe de l’ampleur de Trust, qui a bercé mes premiers émois heavy metal, je peux bien tenter l’exercice ! Las, arrivé tout juste à l’Ancienne Belgique, sans même avoir pris le temps de manger un morceau, j’apprends que le groupe a emmené son photographe attitré et que du coup, les photographes de presse sont priés de remballer leur matos : pas de photos ! Une guest m’est malgré tout accordée : je rentre à l’AB de méchante humeur et tombe directement sur un vendeur de programme bien ridicule qui harangue la foule pour vendre son petit livret bien propre, on se croirait à un concert de Lorie ! Il ne vend pas de esquimaux et autres chocolats glacés par hasard ?

J’entre dans la salle sur le coup de 20 heures, il y a encore moyen de se faufiler jusqu’aux premiers rangs à condition de rester sur le côté. Là, vue directe sur les micros tournés vers le public : histoire d’amplifier les réactions qu’ils prévoient déjà trop faiblardes ? La scène de l’AB est ouverte sur toute sa profondeur, soit le double de l’espace habituellement occupé par les artistes, les retours sont à 2 mètres du bord de la scène. Pour une première impression d’avant concert, j’ai déjà vu mieux. Nono a trop joué les cautions rock de Johnny, il en a gardé de mauvaises habitudes, dirait-on. Clair que je l’ai mauvaise pour le pass photo annulé en dernière minute, mais je vais tâcher d’être objectif quand même pour la revue du concert.

Le concert s’ouvre vers 20h10 sur une musique d’opéra comme les dinosaures du rock’n roll en utilisent dans des stades entièrement conquis à leur cause ! Le groupe entame les hostilités sur « Marche ou Crève » qui permet à Nono de jouer ses Slash : surfait ! Le son est néanmoins correct, rock’n roll à souhait, mais Bernie esquissant un petit pas de danse sur les scratches du DJ qui doit, sur ce vieux titre, justifier sa présence, n’incite pas le public à se remuer. Il se fait d’ailleurs fustiger par le même Bernie sous prétexte que le public des gradins est assis !

Bernie, ta chemise à lignes et le bob vissé sur ta tête ne font pas très métal non plus ! Tu as beau te rouler par terre pendant 15 secondes, on n’y croit déjà plus, au grand retour de Trust.
Il faut attendre le 5e titre du set pour que le groupe attaque son nouvel album, « 13 à table ». Une petite leçon de morale à propos des immigrés permet d’introduire le titre « La Morsure ». Vu le côté star system qui entoure ce concert, j’ai du mal à écouter ces propos de pseudo gauchiste. Il y a 30 ans, c’était dans l’air du temps, ils étaient certainement en phase avec leur discours, mais en 2008, Bernie frise le ridicule. Suit « Toujours Parmi Nous », sur lequel le son rap se fait encore plus présent, mais le ton général du titre reste bien métal quand même.

Bernie ne se prive pas d’encore fustiger le public qu’il trouve décidément trop froid avant d’attaquer « Promesse Osée », précédée d’un speech sur Sarkozy, pour qui je ne serais pas étonné qu’il aie voté, tant son discours semble convenu. Ayant reculé à cause d’un fan enthousiaste (il y en avait au moins un), mais à l’odeur un peu trop prenante pour moi, je ne vois plus le DJ, ça passe déjà mieux.

Le temps d’aller me chercher une bière, Bernie et Nono nous proposent une chanson écrite par Didier Barbelivien (!) jouée à la guitare sèche. J’hésite à rester quand retentissent les premiers accords de « Certitude Solitude », joué avec un trop peu de conviction. Ce ne sont pas les scratches et les mixes qui sauvent la mise du morceau (même Nirvana y passe pendant le mini DJ set).


Retour à « 13 à Table » avec le titre « Epistémophymique » : Bernie nous fait le coup archi-classique : qui du haut ou du bas de la salle crie le titre le plus fort ? Il en profite pour railler à nouveau les gradins qui se sont rassis depuis belle lurette. Ce titre est le premier de la setlist dont le refrain est repris par le public, mais l’ami Bernie a eu le temps de bien driller le public, on ne peut pas qualifier ce geste de spontané.

« Saumur », lui, est repris en cœur par le public de l’AB. Quand il se termine, le groupe semble quitter la scène, un crucifix géant y apparaît et l’intro parlée de « Vae Victis » semble être lue en play back. L’ambiance pendant ce titre est morte, personne ne bouge, et derrière la console, où je me trouve maintenant, j’entends plus les voix du public qui bavarde que celle de Bernie lors des passages calmes de « La Mort Rôde ».

Bernie enlève enfin sa chemise, mais pas son bob, alors que « Le Mitard » démarre sur des scratches avant d’enfin virer au métal et laisser les guitares s’exprimer. A peine quelques poings se lèvent dans le public tant la pêche habituelle de ce morceau de légende est absente ce soir. Heureusement, « On Lèche, On Lâche, On Lynche », ramène un peu de peps sur scène comme dans la foule. Ca commence à bouger sur le titre suivant, qui semble clôturer le set principal. Prévisiblement, le groupe quitte la scène, trop heureux d’avoir enfin vu le public s’agiter un peu.

Cinq minutes de répit (une partie du public est déjà partie), il est 22h00, Trust revient sur scène avec « L’Elite ». Nono nous livre enfin un vrai solo de guitare : pas le premier depuis 20h10, mais le premier un peu sérieux, le morceau est joué de main de maître, je le reconnais.
Bernie nous gratifie d’un nouveau petit discours sur la tolérance avant d’attaquer « Là Ou Je Vis ». Est-ce bien nécessaire, Bernie ? On n’y croit plus vraiment, à ton engagement à gauche, tant le décorum qui entoure Trust est devenu exagéré, surtout pour un groupe de métal français sur le retour.

S’en suit une interminable présentation du groupe : seul Nono nous épargne son soli de présentation. Il est déjà 22h20 (eh oui, je regarde ma montre, j’ai hâte que ça se termine) et enfin Trust attaque « Antisocial », seul titre réellement attendu par le public ayant déboursé 35€ dans l’espoir d’entendre cet hymne.

Un verre pris au DNA après le concert me conforte dans ma mauvaise impression, j’y rencontre l’un ou l’autre membre du public, désabusé, ayant pour l’un d’eux, tenu 1 heure à peine avant de sortir de l’AB. « Kill Your Idols », pouvait-on lire sur des T-shirts, il y a quelques années… j’aurais du suivre ce conseil et rester sagement chez moi.

2 pensées sur “TRUST à l’AB: l’antisocial qui sommeille au fond de moi a failli perdre son sang froid

  • novembre 7, 2008 à 14:31
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    Ben moi, quand je lis ça, je suis bien content d’avoir économisé 35€ et d’être resté au chaud chez moi… Comme quoi le métal français n’est pas comme leurs grands vins. L’âge en fait de la piquette. Merci à Bernard de s’être dévoué pour aller là-bas, le pauvre !

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