Tommy CASTRO : Soul, Sax and Blues

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TOMMY CASTRO : le show de l’année au Spirit ! Exception (…to the rule…) faite du volume de ses ventes de disques, Tommy Castro représente à la charnière des années nonante/deux mille, dans une mesure atténuée bien sûr, un phénomène artistique comparable à celui que Creedence représenta aux confins des sixties et des seventies. Même origine californienne, même ambition mélodique, même purisme guitaristique, même embrasement fusionnel (soul, blues, funk, rock), même charisme irréprochable et même appui sur un groupe de musiciens d’une terrible efficacité.

Comparaison n’étant pas raison, Castro dispose en outre, indiscutablement, d’une voix chaude et délicieuse comme on n’en fait plus aujourd’hui dans le monde du rock.

Caractéristique majeure du band : sa mise en place immédiate, instantanée et quasi innée. On voit bien que ces gars bossent ensemble depuis près de dix ans (batteur excepté) et qu’ils se trouvent les yeux fermés. Qui plus est, chacun d’entre eux est capable d’affirmer en cours de show une personnalité musicale intelligemment mise en évidence.

Carlos Santana, qui ne s’y est pas trompé, considère, en exergue du dernier CD de Tommy Castro, « Guilty of Love », que le rock est en de bonnes mains avec lui. John Lee Hooker, qui était son ami, effectua sa dernière apparition musicale et vocale dans la chanson éponyme de ce disque, c’est dire…

C’est en 1991, à San Francisco, que naquit le Tommy Castro Band qui, à l’exception (…to the rule…) du batteur, se présente depuis 1993 sous la même configuration, c’est-à-dire Keith Crossan au sax et Randy Mc Donald à la basse. Billy Lee Lewis, le batteur actuel, apparaît aux alentours de 1997.

Ce qui fait la différence chez Tommy Castro, c’est qu’il est une « star ». Ce mot n’a rien de péjoratif ou de superficiel. C’est un gars « brillant » capable de donner à ses chansons une facture définitive. Il n’y en a pas une à jeter. Elles doivent, à mon avis, naître d’une pièce. Elles ont, en tout cas, un caractère achevé et un petit je ne sais quoi de génie qui les différencient largement de toute la production du genre et qui les rend intemporelles.

Ce « basic blues mix » d’un tiers de rock et deux tiers de soul saupoudré de funk est terriblement attachant. Y’a pas à dire, on s’amuse réellement dans un concert de Tommy Castro. Les visages s’éclairent et l’envie de s’éclater gentiment est irrésistible. Il parvient à installer une connivence absolue avec le public qu’il respecte immensément. Ca se voit, ça se sent. Et on le lui rend bien. Je vais encore glisser dans les superlatifs, je le sais, mais je n’ai jamais vu une soirée au Spirit (dans ma catégorie of course) où le groupe a tant donné et où le public lui a tant rendu. C’était comme une main géante tendue au-dessus des têtes qu’on a pu tous serrer ensemble pendant deux heures. Magique, fabuleux et divin ! Je le savais, je l’avais senti et répété autour de moi : ce gars c’est le must, le top, le must du top, si vous aimez mieux.

Je ne vois pas pourquoi je commence par la fin, faut croire que je suis encore sous le charme quatre jours plus tard et qu’il n’y a que le show de vrai dans la vie….

Back to the Story !

Avant de fonder le Tommy Castro Band, T/C fit partie des Dynatones. Il accompagna Carla Thomas, Albert King ( !) et « Sir » Mack Rice (créateur de Mustang Sally).

Après avoir é*****é tous les bars et les clubs de Californie, Le TCB a tourné avec les plus grands : BB King (dernière tournée 2001), Robert Cray, Johnny Lang (encore un petit génie) et, sur sa fin, John Lee Hooker.

Premier album : « No Foolin » (1993). C’est un « live » consécutif à 350 concerts. Chaud(s) évidemment ! Hyper hot ! Avec ce petit côté artisanal et non dégrossi qui rend le rock crédible. C’est bourré de sueur et de passion, sa sent la Route 66 à plein nez et c’est -déjà- presque parfait.

Trois ans plus tard paraît le sublime « Exception To The Rule » (d’où les jeux de mots plus haut) qui est vraiment l’album que je préfère. D’abord parce que c’est Leadfoot Rivet (on va reparler de ce Monsieur) qui me l’a conseillé, ensuite parce qu’il contient des titres fabuleux comme « Sho Enough », « How Long Must I Cry » ou « Can’t Quit The Blues » et enfin, parce que c’est le souvenir de ma première rencontre (de près) avec Tommy Castro soi-même, donc.

En 1997, « Can’t Keep A Good Man Down » confirme en l’amplifiant encore le sens mélodique du bonhomme. C’est un véritable album quatre étoiles qui préfigure l’immense « Right As rain » de 1999. Tiens, à ce sujet, je ne peux résister à l’envie de vous reproduire le commentaire qu’en faisait le folder de notre Francis (inter)national à l’époque de la sortie de CKAGMD : « Tommy Castro est un phénomène du blues qui conjugue l’âme et l’urgence authentiques de BB King ou d’Albert Collins et le raffinement d’un Robert Cray. Voilà ce que le mondialement célèbre magazine musical « Billboard » en dit : « Originaire de San José en Californie, Tommy Castro est l’artiste de blues américain dont l’étoile grandit le plus vite. Son album « Can’t Keep A Good Man Down » vient de sortir sous les acclamations de la critique internationale »…/… Blues Revue parle de lui en ces termes : «L’énergie et le charisme de Tommy Castro jaillissent de chacun des titres du disque »…/… La revue « Musician » prédit qu’il sera une star et tant « Guitar Magazine » que « Gavin Report » soulignent : « Castro a fignolé un disque de blues rare en ce qu’il navigue bien au-dessus des clichés du genre et il devrait être le prochain (héraut ?) héros du blues-rock ».

Son successeur « Right As Rain » fut classé dans les quarante meilleurs albums de blues de tous les temps. Il met en lumière les immenses capacités guitaristiques dont il dispose. On ira jusqu’à dire qu’il rivalise avec Billy Gibbons, Stevie Ray Vaughan et même Duane Allman.

Il faut, en tout cas, remarquer que, comme certains de ses illustres prédécesseurs, Tommy Castro n’utilise aucun effet complémentaire à la pédale et qu’il joue en direct total ! Cela lui permet d’ailleurs de faire de longues approches en front de scène, pour le plus grand bonheur des spectateurs évidemment. J’aime autant vous dire que tout ce qu’il sort du manche de guitare, il ne le doit qu’à son talent et pas aux gadgets et à l’ampli, hein !

Petit cadeau aux fans, en 2000 : le live enhanced au Fillmore West qui donne une magnifique idée de ce que représente le Tommy Castro Band sur scène. La présence de keyboards et d’une trompette renforcent encore le côté « hot » du gig.

Enfin , 2001 nous a donné à naître un superbe enfant de l’amour prénommé « Guilty » qui résume, à lui seul, ses qualités et son talent hors pair qui explosent ici littéralement. Produit par Jim Gaines (SRV/Huey Lewis/Santana), on y remarque la présence de John Lee Hooker, Dr John, Delbert Mc Clinton, e.a. qui lui confèrent une aura incontestable. Mais la force de ses propres compositions le font entrer dans la cour des grands. Le choix de quelques autres collaborations mérite également le respect : « Aint No Fun To Me » de Al Green, « Blinded In The Face Of Love » de Bruton, « Dirt Road Blues » de Stuart Blank (son ami trop tôt disparu) et « Somebody To Love You » de Gary Nicholson, sont de purs chef-d’œuvres composés sur mesure, c’est certain. A noter que cet album est le premier signé pour Tower Records après sept ans passés chez Blind Pig. Cette dernière vient d’ailleurs de «sortir » un best of « Blind Pig Years ».

Ses principales sources d’inspiration sont évidemment perceptibles à travers l’étendue du jeu de guitare qu’il développe. Eric Clapton, Buddy Guy et Freddy King, pour la guitare, Otis Redding, Wilson Pickett et James Brown pour les phrasés vocaux… Son timbre personnel, placé dans une tessiture magnifique chaude et veloutée, touchante et fluide, mélange de force et de tendresse, charrie des tonnes d’émotions et qu’on l’écouterait des nuits entières sans faiblir.

Et ce show Didi, ça vient là oui ?

OK fellows ! Here we go !

Le ton est donné d’entrée avec « Right As Rain » (1999), ouverture royale et parfumée vers le bonheur. Rien que les contrepoints de sax valent le détour. Un chorus à tomber mort dans le genre James Brown multiplié par Sam and Dave, on est partis pour ne plus arrêter avant une bonne heure au moins… Ceux qui aiment la facilité ont cru défaillir dès l’entame de « Like An Angel » (RAR) sucré/salé avec ses beats de toms déments. Qu’est ce que ça pète bien ce truc dis donc (Hucdidon) ! Décollage à mach 3, on se dit : « ça va se calmer ? » que nenni ! Voilà-ti-pas qu’il nous envoie dans la tronche le troisième titre d’affilée de ce « Right As Rain » d’enfer : « Chairman Of The Board ». Je compte déjà un quart de la salle au tapis, les backgrounds collectifs répétés et l’appui sur les enluminures saxophonistiques (pourquoi pas ?) surdimensionnent des mélodies et des rythmes carrés et divins. Je soupçonne l’ami Castro d’en avoir rajouté trois bonnes minutes au moins (on ne va pas s’en plaindre…).

Première incursion (et quelle percée !) dans le « Exception To The Rule » (1996) : « Nasty Habits » et ses riffs plus funky encore. Y’a pas à dire, on ne s’emmerde pas une seconde dans ce concert solide. Au-delà de la maîtrise instrumentale parfaite, on sent une crédibilité naturelle qu’a le TCB de donner ce supplément de sincérité qui représente la marque des tout grands. Un petit mot sur le jeu de Keith Crossan, un sax lumineux qui vaut cinquante pourcents du band à lui tout seul (enfin, ils sont deux quand même, le sax et Keith…). En tout cas, ils compensent allègrement l’absence de keyboards. Plus chaud, plus mobile, plus proche, plus modulable, le son cuivré entretient une connivence avec le public curieux et charmé par les effets de surprise que ménage en permanence K/C (nobles initiales…).

Je découvre « Take It Over » que je ne connaissais pas. Avec « 44 » et « Take What I Want » (hyper sax and roll), je crois que ce sont trois nouvelles chansons bien dans la veine éclatante du citoyen de San Francisco. Une mention spéciale à « 44 » (dont le titre va changer d’après T/C) et son démarrage au pas militaire ironique. C’est une chanson admirable qui restitue une ambiance très ricaine de la fin de la seconde guerre mondiale. Il y a insensiblement dans ce titre un passage en revue discret mais efficace de toute la musique « entrante » vers le rock and roll. J’adore cette universalité de ton qui restaure la grande tradition du big beat et montre à quel niveau l’excellence de Tommy Castro peut se situer. De plus, on ne peut pas dire que la mélodie de cette petite dernière soit particulièrement facile. Il s’est un peu marré quand je le lui ai dit. Forcément, toutes ses chansons sont exigeantes (au temps pour moi…, c’est le cas de le dire !). Un petit mot de Billy Lee Lewis, le batteur, ce garçon charmant et bourré d’humour apporte insensiblement un ensemble de vibrations éminemment positives à l’ensemble. Chaque coup paie cash et le ton général de son jeu hausse le niveau de manière particulièrement convaincante. Un super drummer, y’a pas à dire !

J’oubliais la cover de Ray Charles « I Feel » qui rend justice à une partie majeure de son inspiration tant il est vrai que le spleen général des chansons de Tommy Castro et leur ironie rentrée rappelle The Genius !!! C’est un fait que « l’humour sur soi », proche parent du blues est omniprésent dans les chansons de Tommy Castro. J’y vois l’influence du soleil de Floride et de Californie, ce cousinage permanent avec des cieux climatiques cléments qui fit dire à Charles Aznavour que la misère doit être moins pénible au soleil. Il y a de cela, j’en suis sûr !

Le second sommet (déjà) du show fut sans hésitation possible l’interprétation magistrale d’un des plus grands morceaux de blues (Léon Russel/Chuck Blackwell) « Me And My Guitar » (album « Exception… »). D’abord les gimmicks vocaux impériaux, ensuite le doigté prodigieux qu’exige la structure même du morceau (une rythmique hyper saccadée dépassée sans transition par des appuis répétés sur le note à note à la vitesse du son) et enfin le mélange des deux qu’amplifie magistralement une basse irréprochable (merci Monsieur Mc Donald… mais c’est Randy lui…). J’avoue que j’ai failli défaillir à ce moment-là (et je n’ai bu que de la NA, je le jure…). Puis évidemment le « Guilty Of Love » est arrivé. Là, les mots me manquent. En fait, je n’ai pas trouvé, lors de sa sortie, le titre studio de l’album particulièrement frappant malgré la présence de John Lee Hooker (je dois même dire que ce n’est pas mon préféré… bon, chacun ses goûts non ?) mais on stage, je revise totalement mon jugement. Cette chanson est co…lo…ssa… le !!! Inutile de dire que l’audience était sur les genoux et que l’émerveillement et l’incrédulité devant ce show inimaginable se lisaient sur tous les visages . Certains se pinçaient même pour voir s’il ne rêvaient pas.

L’ami Tommy choisit le break pour signer les disques et discuter le coup. Ce fut une file ininterrompue pendant la demi-heure (et il a remis cela après le concert…). Lors de son premier passage au Spirit (février 2000, je me suis trompé de deux mois sorry les potes…) je l’avais trouvé vraiment très distant mais Francis m’a expliqué qu’il venait de se faire opérer du dos et que vraiment il souffrait. Ceci explique évidemment cela.

Retour au deuxième set et redémarrage somptueux avec le « Blinded In The face Of Love » (G.O.L. 2001) de l’ami Bruton. Seul avec sa guitare délicieusement caressée, il nous met cette ritournelle dépouillée et combien subtile, en plein dans la vue. Une simplicité touchante confinant au génie universel (et je pèse mes mots).

Passé ce moment inhabituel et si suave, le « Naugahyde » (G.O.L. 2001, si je ne m’abuse) qui suit, sert de transition vers un premier moment de grandeur dans cette deuxième partie, la cover de John Lee Hooker « It Serves Me Right To Suffer » (merci Monsieur Rivet), long blues un peu décharné qu’il clôture de manière phénoménale par « Boogie Chillen » en accélérant le rythme dans une transition invisible et réellement époustouflante de savoir faire. John Lee aurait incontestablement apprécié.

Dans la foulée, « Crawfishin » représente probablement le point d’accélération maximal du concert. Ce standard be bop servi par Randy Mc Donald déchaîné, a fait se soulever la salle entière de quinze centimètres au moins. De la lévitation rockandrollienne, je vous dis ! Le Mc Donald y est allé à du cent cinquante à l’heure. Couvrant le manche entier de sa Fender comme on joue à la contrebasse, gesticulant, courant dans tous les sens et plaçant le chant dans un registre choral ahurissant. On est tous restés sur le cul en se demandant ce qui se passait réellement… Dans ce morceau-là, nos quatre gaillards ont montré qu’ils savaient s’amuser comme des petits fous… et nous donc ! « Badcase Of Love ( ?) » est sans doute aussi une nouvelle chanson qui rappelle un peu “Suitcase Full Of Blues » et précède l’immense « Mannish Hoochie Coochie Man Boy » qui acheva de nous achever. Comment se remettre de tout cela ? Comment repartir à l’assaut ? D’autant que le titre suivant fut encore plus dingue. « Everybody wants to go to heaven, but nobody wants to die » d’Albert King dit bien ce qu’il veut dire… Nous, on a donc décidé de rester au paradis avec Tommy… Comme Steve Spirn, l’ingénieur du son qui est monté sur scène pour apporter un appoint rythmique d’enfer ! On s’est retrouvé dans un trip inimaginable quand a commencé «If you aint lovin, you aint livin » du dernier album. Le délire ! Une chanson belle et chaude comme celle-là a droit à toutes les faveurs, et la salle ne s’y est pas trompée dans l’ovation qui a suivi… Le tour final s’annonçait imperceptiblement (deux heures avaient passé comme trois minutes…)

On est allé de surprises en surprises jusqu’à ce « Aint No Fun To Me » (album 2001) légèrement accéléré par rapport à la version studio que je considère comme un véritable chef d’œuvre de funk musclé et décalé, il y a un esprit soul latino magique dans cette chanson à faire « jumper » Jean-Paul chose lui-même…

Que dire du dernier morceau avant les rappels ? « Let Me Love You Baby », un autre traditionnel du genre (W. Dixon) qui a cassé la baraque et mis un niveau six sur l’échelle de Rockter. Là tu ne sais plus quel jour tu es ni comment tu t’appelles. Tu vois des lumières et tu entends des sons de rêve. Une boule de feu te consumes par l’intérieur sans faire mal. C’est la révélation, tout est beau, tout est grand et t’as vingt ans.

AAAAAALLLLLL RRRRRRRRIIIIIIIIIIIGGGGHHHHHHHTTTTTTTTT !!!

Je ne sais pas comment on a eu encore la force d’entraîner les rappels, ça doit tenir du miracle qu’on soit restés debout…

Ils furent, cela dit, de toute beauté, ces rappels. Pensez donc « Can’T Keep A Good Man Down » plus musclé que d’habitude et « Sex Machine » c’est royal non ? D’autant que le ton de la dernière chanson (eh ! oui il en faut bien une) dépasse largement la fougue de l’original parce qu’il y ajoute un supplément de « fun » auquel James Brown ne nous a pas habitués. Quel concert, bonne mère, quel concert ! Tommy Castro est vraiment le chef de file d’un renouveau salutaire. Il est l’égal des plus grands et sa marge de progression est infinie, c’est dire s’il a de l’avenir devant lui. Doué pour l’écriture, il sait aussi s’entourer de collaborateurs réellement exceptionnels qui le connaissent. C’est un tout magnifique : un grand groupe et un grand frontman qui s’expose uniquement par son talent (un peu par son look latino ravageur aussi) et un entourage constructif qui le préserve de la grosse tête, que demander de plus ?

Je pense pouvoir dire sans hésiter que ce show représente le gig parfait, d’un niveau de qualité hors normes, dans une salle magique (comme toujours) et avec un public franchement ravi de vivre d’aussi près ce qui restera pour moi comme l’événement le plus fort de ma petite carrière de fan de blues.

Merci à Leadfoot Rivet (le road manager) pour ses précieux renseignements. On pourrait peut-être le retrouver sur scène bientôt lui aussi, qui sait ? Salut à la bande : Shooting Alan, Didier, André,Ivan, les deux Jacques, Alain, Hubert, Claude, Rosanna et tous les autres (que j’oublie) qui ont rendu cette soirée inoubliable.

Thanks Mister Geron… Great Concert, Great Rockin’ House !

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