Concours Circuit 2008: Une finale de haut niveau

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Ce samedi 13 décembre se déroulait au Botanique la finale du Concours Circuit, la compétition reine en matière de rock émergent issu de la Communauté Française. 6 groupes avaient 30 minutes en vue de démontrer qu’ils pouvaient devenir les dignes successeurs de Hollywood Porn Stars, Malibu Stacy ou autre Big Hat Band… A l’heure où vous lirez ces lignes, vous aurez sans doute pris connaissance du palmarès. On ne vous apprendra donc rien en vous disant que c’est Papa Dada qui a remporté haut la main l’édition 2008. Cela dit, vu que le niveau était particulièrement élevé cette année, on va s’arrêter sur la prestation de chaque finaliste, dans l’ordre de passage qui était le leur samedi…

The Archbishops: la puissance

Le quatuor namurois avait la difficile tâche d’entamer les débats dans une Rotonde déjà bien garnie et avaient à cœur d’effacer leur dernier passage au Botanique, qui s’était soldé par le vol de tout leur matériel… De loin la formation présentant le rock le plus musclé de la soirée, ils ont tiré leur épingle du jeu grâce à plusieurs détails qui font que ce groupe a un réel avenir et une marge de progression exponentielle. D’abord, un ingénieur du son aux doigts et aux oreilles magiques, qui arrive à sortir un son limpide et à rendre une puissance incroyable sans agresser les tympans du public. Ensuite, il y a leur batteur qui bat la mesure tel un métronome avec 8 bras et 4 jambes. Enfin, des compositions qui tiennent la route, déclamées par un chanteur dont la voix fait autant penser à Jim Morrison qu’à Caleb Followill (Kings Of Leon). Les trois derniers titres du set (“Fighting With Dad”, “In Bed With Cheap Whores” et surtout “Hell Wasn’t So Far Off” avec ses rythmes orientaux teintés de rock devraient rendre leur EP à sortir en février très intéressant). Dommage que leur guitariste (excellent soit dit en passant) se sente obligé d’y aller de son petit solo à la Guns N’ Roses sur chaque titre. Mis à part ça, pour les avoir vus en octobre 2007, je peux confirmer qu’ils sont montés en puissance et qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’eux. Un vrai groupe de scène. Pas pour rien qu’ils ont remporté le prix Fiesta du Rock avec un set d’ores et déjà prévu lors de la prochaine édition du festival de Flémalle en juin prochain. (
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Alpha 2.1: la déception

On attendait peut-être (beaucoup) trop du projet parallèle (et maintenant à temps plein) de Gaethan Dehoux, l’ancien guitariste de The dIPLOMAT. Par rapport à son groupe précédent, il a développé un son plus électro, aidé de machines mais qui laisse malgré tout de la place à des instruments traditionnels. Un genre de I Am X en étant toutefois moins puissant et moins inspiré (même si Chris Corner n’aurait pas renié le keytar Casio à la sangle en frou-frou à la limite du ridicule…). Ils puisent également pas mal d’inspiration au début des années 80, du temps où Alphaville, Duran Duran et Howard Jones dominaient les charts. Sauf que Piano Club le fait bien mieux qu’eux, et qu’on préfère nettement la voix d’Anthony Sinatra. En gros, je m’attendais à autre chose mais d’un autre côté, je suis sûr qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot. (
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Papa Dada: les gagnants

Le temps de passer prendre une petite bière au bar et le concert suivant avait déjà commencé dans la Rotonde. C’est finalement le seul point négatif par rapport à l’organisation. Si vous voulez voir tous les groupes dans de bonnes conditions, il faut passer rapidement d’une salle à l’autre car en cas de détour (mais comment faire autrement…), pénétrer dans la salle devient mission impossible, sauf pour les acrobates. Mais cela est aussi dû au succès de la manifestation. Soit. Ceci explique pourquoi les premières mesures du concert de Papa Dada sont arrivées à mes oreilles avant d’avoir pu les voir sur scène (ces fameuses marches avant de rentrer dans la Rotonde…). Toujours est-il que la voix du chanteur John Janssens est identique à celle d’un certain Mark Morris, le leader des Bluetones (un groupe indépendant anglais qui a eu son quart d’heure de gloire au milieu des années 90). C’était assez frappant, pour ne pas dire troublant. Ensuite, la surprise est qu’ils ne sont que trois et qu’il n’y a pas de guitariste, ce qui nous fait directement penser à Keane, vu que le piano remplace la six cordes. Toutefois, la musique proposée ici est beaucoup moins eau de rose tout en restant orientée pop. Personnellement, ils ne m’ont pas trop convaincu mais ma position dans la salle a joué en ma défaveur car il paraît que les membres du groupe dégageaient quelque chose de particulier entre eux et qu’ils ont partagé leur bonne humeur avec le public visiblement ravi d’assister à quelque chose de spécial. Ceci explique en grande partie la raison pour laquelle ils ont raflé la plupart des prix mis en jeu ce soir. Et peut-être aussi parce que la musique qu’ils proposent était la plus accessible des groupes finalistes… Par contre, leur nom était de loin le moins inspiré… (
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Bikinians: le look

Retour à l’Orangerie (dans ce sens-là, c’est plus simple…) avec les Bikinians, un groupe bruxellois qui a sans doute été influencé par les Tellers, qui eux même sont grandement influencé par le rock anglais à la Libertines. C’est bien joué, certes, mais un peu trop téléphoné et cela manque singulièrement d’originalité. Par contre, ils ont des têtes de stars et une présence indéniable sur scène. Cela dit, mis à part le morceau final, “Limousine Crash”, on ne retiendra pas grand-chose de leur prestation. Mais suffisamment pour que certains membres du jury leur décernent le prix des auditeurs de Pure FM, avec à la clé 2 jours d’enregistrement et sans doute un futur Fresh sur la radio tendances de la RTBF. (
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OK Cowboy!: l’énergie

Dernier concert déjà à la Rotonde avec les mêmes embouteillages que pour la prestation de Papa Dada une heure plus tôt. Il faut dire que la réputation de OK Cowboy! les avait sans doute précédés. Leur prestation lors de la demi-finale au Belvédère avait été exemplaire et bourrée d’énergie. Ce soir, ils n’ont fait que confirmer leur potentiel mais ne nous voilons pas la face, c’est la chanteuse black Bineta Saware qui fait le concert, grâce à sa présence scénique et à son charisme naturel. Bien que repoussés involontairement en retrait, le batteur, le guitariste et la bassiste sont au point et offrent une base rythmique idéale à la chanteuse qui s’en donne dès lors à cœur joie dans les vocalises tout en se démenant comme une sauvage pendant les chansons et qui, paradoxalement redevenait calme et limite timide lors de ses interventions. L’image musicale qui m’est venue à l’esprit est un peu insolite. Imaginez la voix soul d’Aretha Franklin au service du rock de The Gossip (toutes proportions de corpulence gardées…). Tout cela mis ensemble les ont conduit à la conquête du deuxième prix de la soirée. Une solide performance lorsqu’on sait qu’ils ont donné leur premier concert il y a moins d’un an, en mars de cette année… (
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The Vagabonds: les déçus

Le groupe originaire de Braine-L’Alleud avait pour mission de clôturer la soirée, avec un peu de pression sur les épaules, étant donné qu’ils avaient une étiquette de favori. Ils n’ont pas déçu et à mon sens avaient un petit quelque chose en plus par rapport aux autres candidats, vu que la palette d’influences était beaucoup plus disparate. Pourtant, au début, on prend peur car les premiers accords de guitare et la voix font penser à du Simon & Garfunkel, surtout que l’harmonica arrive bien vite. Et puis d’un coup, on passe à un rock plus conventionnel tout en restant original et qui ratisse plus large (on pense tour à tour à Two Gallants, à Chris Isaak, aux Beatles et à Bob Dylan). Le chanteur Aurélio Mattern a une excellente voix et la rythmique générale du groupe est impeccable. En plus, leurs compositions font passer un petit quelque chose de magique drôlement agréable. C’était pour moi le groupe qui méritait le plus de gagner et qui repart finalement les mains vides. Ils doivent être déçus mais les concours servent aussi à se remettre en question et à revenir plus forts. (
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C’est donc Papa Dada qui repart avec les lauriers sur la tête, mais je suis intimement persuadé que l’on reparlera de tous les groupes présents ce soir et même d’une bonne partie de ceux qui n’ont pas eu la chance d’arriver jusque là (je pense à Duplex, Mad Radios, Les Heritiers ou 14weeks, pour ne citer qu’eux)… En tout cas, une chose est sûre, le rock en Communauté Française ne s’est sans doute jamais aussi bien porté. Et c’est de bon augure pour l’avenir…

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Photos © 2008 Olivier Bourgi

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