Dead Man Ray, not Over yet…

6 Participations

Une fois encore, la reformation d’un groupe belge majeur est à la base de notre entorse aux Nuits du Bota. Après Millionaire l’an dernier, c’est Dead Man Ray qui revient avec “Over”, un nouvel album de quatorze titres (dont un baptisé… “Millionaire”) et un concert sold out à l‘Ancienne Belgique.

Le groupe emmené par Daan Stuyven et Rudy Trouvé (qui, pour l’anecdote, avait inauguré l’AB Box en octobre 2002) met ainsi un terme à un silence discographique de dix-sept ans. Une période mise à profit par le premier pour développer une carrière à géométrie variable. On l’a notamment vu au fil des ans en groupe, en trio acoustique, en duo avec Jacques Duvall, en solo, en anglais, en français, en espagnol….

Le second n’a pas chômé non plus puisqu’il a roulé sa bosse au sein de The Love Substitutes et de Tape Cuts Tape avant de se produire sous son propre nom tout en continuant à peindre et à gérer son label Heaven Hotel. Mais aujourd’hui, avec leurs camarades Elko Blijweert, Karel De Backer et Wouter Van Belle, ils retrouvent la bulle au sein de laquelle ils ont écrit quelques-unes des pages les plus intéressantes du rock indie noir-jaune-rouge au tournant du millénaire, de “Berchem” à Chi(“Cago”).

Si les spectateurs d’un âge mûr avaient pour la plupart fait le déplacement pour se replonger dans leurs années folles, le groupe ne l’avait pas tout à fait envisagé de cette manière. Encore que, l’entame du concert aurait pu poser les bases d’un set best of avec “Chemical”, “Brenner” et “Landslide”, soit un extrait représentatif de chaque album. Et même du curieux EP “Marginal” avec “Kind + Gezin” en guise de clin d’œil. Une manière comme une autre de se mettre en jambes…

Ceci dit, la fête était déjà terminée pour les nostalgiques, en tout cas jusqu’au second rappel. En effet, ils vont alors exclusivement se concentrer sur leur nouvel album, en débutant avec deux de ses sommets, “Monochrome” et “Half Inch Ice”. Pareil à lui-même, c’est-à-dire tiré à quatre épingles tout en paraissant négligé, Daan mettra tout de même un certain temps à s’échauffer la voix. Pour la petite histoire, il se tient à proximité d’une tablette qui semble lui servir de prompteur.

S’il marmonne entre les chansons, Rudy Trouvé, assis à sa gauche avec une guitare et un léger embonpoint, blaguera quant à lui généreusement tant en français qu’en néerlandais. Autour d’eux, outre les autres membres du groupe, on retrouve un sixième invité, Steven Holsbeeks (Few Bits), qui triplera par la même occasion le nombre de claviers. À l’arrière, diffusées sur un immense écran au gré des compositions, le dessin d’un bonhomme terrassé par un éclair invisible (inspiré de la pochette du récent EP “Eén”), un motard filant sur les routes de l’ouest américain (“The Waving Song”) ou une série de morphings illustrant parfaitement le temps qui passe sur l’excellent “Middle Aged Men”.

Certaines compositions semblent encore en manque de rodage (“Clear History”, “The Ladder”), ce qui aura pour effet de conférer quelques moments de flottement au milieu du set. En revanche, “Home” avec Daan à la basse provoquera un déclic qui les verra terminer le set principal en boulet de canon avec un “Blisters” particulièrement prenant et un “How To Fall” en crescendo, deux titres totalisant une vingtaine de minutes de pur bonheur.

“On va encore jouer deux chansons et si vous insistez, on reviendra pour une surprise”, lancera Rudy Trouvé, plus en forme que jamais. Outre le single avant-coureur (“Out”), l’efficace “Millionaire” aux sonorités légèrement électroniques pourrait bien se retrouver en bonne place sur la set-list lorsqu’ils se reformeront en 2035. Mais en attendant, c’est avec une époustouflante version kilométrique de “Copy Of ’78” qu’ils prendront congé de l’AB devant leur logo qui, contrairement aux membres du groupe, n’a pas pris une ride. Quelques petits réglages et ils seront au point pour la tournée des festivals cet été…

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