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Epica souffle le chaud et le froid sur la première édition du Hell’s Balls Belgium

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La première édition d’un nouveau festival sur le sol belge, Music In Belgium se devait d’être de la partie. L’action se déroule au XPO Kortrijk. Les organisateurs de cet événement ne sont autres que les organisateurs de l’Alcatraz Metal Fest qui se déroule chaque été à Coutrai. Ce nouvel événement a été baptisé Hell’s Balls Belgium. Pour fêter cette première édition dignement, les organisateurs n’ont pas lésiné sur l’accueil: un hall d’expo énorme, des food trucks et des bars à foison, une grande salle avec aussi des places assises en gradins et une magnifique grande scène superbement équipée au niveau son et lumière. Pour la programmation, les organisateurs ont appliqué leur recette habituelle mélangeant les groupes de metal extrême et les bands plus mélodiques. Le résultat donne une affiche variée, surtout dans sa deuxième moitié. Et le public a répondu nombreux puisque la jauge de présence dépassait les 90%. Bref, un joli succès pour cette première édition.

Les microbes et les circonstances ont fait que nous arrivons en fin d’après-midi. Nous avons donc raté une série de groupes: Temptations for the Weak, Bark, Carnation, Suicidal Angels et Asphyx. À en croire nos indicateurs présents dans la salle, ces groupes ont dézingué pas mal, assénant leur metal extrême en y mettant tout leur cœur, pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. Le festival semble donc faire honneur à son nom.

Nous prenons alors le train en marche avec le groupe finlandais qui avait fait ses débuts en 1996 sous le nom de Tricky Beans avant de changer de nom en 1997 pour devenir  Sonata Arctica. Cela faisait une paye que je ne les avais plus vus et ce fut donc une surprise de retrouver Tony Kakko avec une magnifique chevelure… grise. Le groupe a livré une excellente prestation composée de morceaux plus récents ainsi que de quelques classiques. J’ai noté “Black Sheep“, “First In Line“, “I Have A Right“, “Replica“, “8th Commandment“, “Tallulah“, “Fullmoon” et “Don’t Say A Word“. Malgré le côté beaucoup plus doux de la musique par rapport à ce qui a précédé, les métalleux du public semblent apprécier cette accalmie passagère. Seul petit bémol, la communication entre le chanteur et le public m’a fait l’impression d’un copier-coller de ce qu’il disait déjà sur scène il y a plusieurs années. Mais pour le reste, ce fut un très joli moment musical.

Le créneau suivant est occupé par les revenants de Peter Pan Speedrock. La formation néerlandaise bien connue du public néerlandophone bénéficie ici d’une programmation à un niveau inattendu de l’affiche. Le groupe enchaine les titres rapides influencés par Motörhead et se permet aussi deux reprises avec «R.A.M.O.N.E.S.» et «Ace of Spades» qui ont fait le bonheur des festivaliers. Le tempo est très soutenu, la voix louche vers celle de Lemmy et les provocations du second chanteur, torse nu, exposant fièrement sa bedaine d’origine houblonnée, font le spectacle comme dans tout festival metal digne de ce nom.

La prestation suivante nous ramène à un univers plus mélodique avec du groupe power metal finlandais Stratovarius. Sur la scène courtraisienne, le chanteur Timo Kotipelto affiche une forme resplendissante et nous régale avec ses comparses Jens Johansson aux claviers, Lauri Porra à la basse, Matias Kupiainen à la guitare et Rolf Pilve derrière les fûts. Au fil des ans, Stratovarius n’a rien perdu de son talent et continue à nous distiller des mélodies complexes et limpides à la fois, entraînant à sa suite le public captivé. Au menu du jour, une série de petits bijoux dont ils ont le secret: le récent “Survive” (de l’album éponyme sorti en 2022) , le classique “Eagleheart” (extrait de l’album “Elements, part 1” sorti en 2003), “World On Fire” (2022), l’inusable “Paradise” (extrait de l’album “Visions” de 1997), “Frozen In Time” (troisième extrait du dernier album en date), un medley de plusieurs anciens succès qui enchaîne avec “Father Time“. Viennent ensuite le tubissime “Black Diamond” (1997), le cultissime “Unbreakable” (tiré de l’album “Nemesis” de 2013) et l’inoubliable “Hunting High And Low” (à ne pas confondre avec celui du groupe A-Ha). Une prestation impeccable et très séduisante. Le meilleur groupe du festival à ce stade.

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Retour à du (beaucoup) plus dur avec  Carcass. Ce groupe britannique de death metal mélodique formé en 1985 compte encore dans son équipe deux de ses membres fondateurs: le chanteur bassiste Jeff Walker et le guitariste chanteur Bill Steer. Ils sont accompagnés sur scène par Daniel Wilding à la batterie et Ben Ash à la guitare. C’est du lourd et du très lourd même. Le public est demandeur et je pense pouvoir dire que c’est le point culminant en termes de densité du public. Clairement le public du Hell’s Balls a une préférence marquée pour les formes de metal plus agressives voire extrêmes. Le public est chaud boulette et les Britanniques envoient la sauce quasiment sans aucune interruption. Au programme, un florilège de morceaux revisitant leur longue carrière et leurs 7 albums, avec notamment “Kelly’s Meat Emporium” (extrait de l’album “Torn Arteries” de 2021), “Black Star” (tiré de l’album “Swansong” de 1996), “The Scythe’s Remorseless Swing” (2021), “Corporal Jigsore Quandary” (extrait de l’album “Surgical Steel” de 2013), “Ruptured in Purulence” (de l’album “Symphonies Of Sickness” de 1989) ou encore “Heartwork” (2013). Si les qualités des protagonistes sont indiscutables, on avait quand même parfois l’impression que les deux guitaristes n’étaient pas en train de jouer le même titre. Mais force est de reconnaître que ce groupe a fourni une prestation scénique impressionnante qui en aura séduit plus d’un.

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Il est presque 23h30 quand la tête d’affiche de la soirée arrive sur scène. C’est un poids lourd de la scène metal symphonique qui termine la soirée en apothéose et pour cela, les organisateurs ont fait appel à la formation néerlandaise Epica (dont nous avons déjà eu l’occasion de chroniquer plusieurs albums et concerts). En plus de 20 ans de carrière et 9 albums studio, le groupe a réussi à s’imposer comme un des plus grands spécialistes du genre. Dès l’entrée en scène, deux choses sautent aux yeux : l’absence du bassiste Rob van der Loo et le remplacement provisoire de Mark Jansen (dont l’épouse Laura Macri était sur le point d’accoucher d’une petite fille) par Asim Searah (Damnation Plan, ancien guitariste du groupe Wintersun) qui a participé comme guest au dernier album d’Epica intitulé “The Alchemy Project“. Asim accompagne donc sur scène la chanteuse Simone Simons, le claviériste Coen Janssen, le génial batteur Ariën van Weesenbeek et le local de l’étape, le guitariste Isaac Delahaye. Les habitués qui suivent le groupe lors de ses tournées remarquent aussi les nouveaux accessoires scéniques, notamment deux gigantesques cobras qui crachent un brouillard froid qui contraste avec les effets pyrotechniques à l’avant de la scène. La formation batave livre une prestation excellente avec un programme assez complet: “Abyss of Time – Countdown to Singularity” (extrait de l’album “Omega” de 2021), “The Essence of Silence” (tiré de l’album The Quantum Enigma” de 2014), “Victims of Contingency” (2014), “Unchain Utopia” (2014), “The Skeleton Key” (2021), “Fools of Damnation” (tiré de l’album “The Divine Conspiracy” de 2007), “The Final Lullaby” (extrait de album ‘The Alchemy Project” de 2022), “The Miner” (2022), “Code of Life” (2021), “Cry for the Moon” (tiré de l’album “The Phantom Agony” de 2003), “Beyond the Matrix” (extrait de l’album “The Holographic Principle” de 2016) et l’incontournable “Consign to Oblivion” (extrait de l’album éponyme de 2005). Bref un programme à la hauteur des attentes des fans qui sont restés jusqu’au bout, contrairement aux amateurs de metal plus dur et aux festivaliers trop imbibés qui ne tenaient plus debout… Simone et sa bande ont fait le taf et donné un show encore une fois époustouflant, confortant leur statut de méga groupe malgré deux titulaires empêchés.

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Autant dire que cette première édition du Hell’s Balls fut parfaitement réussie et connaîtra très vraisemblablement une suite l’hiver prochain. Nous y serons. Et vous?

 

Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2023 Hugues Timmermans

 

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