Intergalactic (liquid) Lovers

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Avec quatre albums en onze ans, les Intergalactic Lovers ne sont de toute évidence pas les plus prolifiques du circuit. Mais leur application paie puisque « Liquid Love », publié chez Unday en début d’année, se profile comme celui de la maturité. Ils sont venus le présenter dans une grande salle de l’AB remplie comme un œuf.

L’occasion également de découvrir en avant-programme Robin Kester qui donnait le premier concert bruxellois de sa carrière. Entourée de deux compères alternant guitare, basse et claviers sur fond de boîte à rythme, la chanteuse originaire de Groningen s’appuie sur une voix puissante et délicate à la fois. On pense à Tori Amos mais aussi et surtout à Beth Gibbons, d’autant que certaines atmosphères flippantes renvoient à l’univers de Portishead. Seul bémol, une prestation en dents de scie dont on n’a pas cerné tous les contours.

L’an dernier, au Pukkelpop Kwartier (la version Coronaproof du festival limbourgeois), Lara Chedraoui et ses Intergalactic Lovers avaient effectué un retour aux affaires fracassant. Ils y avaient notamment joué « Bobbi », l’efficace single avant-coureur de « Liquid Love » qui allait voir le jour quelques mois plus tard. Un album certes moins évident que les précédents mais dont les subtilités se dévoilent au fil des écoutes.

Ils vont d’ailleurs intelligemment lui consacrer la quasi-intégralité de la première moitié de set. En effet, les catchy « No Regrets » et « Shewolf » seront les deux seules incursions dans leur back catalogue à ce moment de la soirée. Son intro (« The Heart Beaten Beats ») et le précité single mettront instantanément le feu aux poudres, emmenés par une chanteuse intenable arborant une veste empruntée à un ange sans ses ailes. Souriante et théâtrale, elle attire tous les regards et régale le public via ce que l’on peut sans hésiter appeler une véritable performance.

À sa droite, le guitariste Maarten Huygens et ses riffs précis complémentent à la perfection une voix chaleureuse et spontanée. Si leur complicité crève les yeux, il ne faut pas oublier de joindre à l’équation le batteur Brendan Corbey et le bassiste Raf De Mey qui font partie de l’aventure depuis les débuts. Sur scène, ils sont accompagnés d’un cinquième larron qui gère notamment les parties de synthés dont le lumineux « La Folie » et ses quelques paroles en français (« Cette vie c’est la folie, l’amour c’est la folie ») sont jalonnées.

On a pourtant croisé très peu de francophones dans la salle, le groupe étant surtout populaire dans le nord du pays. Une sorte d’injustice car des titres comme le punchy « In Limbo » ou le très réussi « Waves Of Desperation » (cette guitare limpide et cette basse ronronnante…) pourraient sans peine conquérir les ondes et les salles wallonnes. Tout comme la vibe positive de « Lost » un peu plus tard et celle, très indie 90’s, de « Two To One ».

Le groupe joue devant une douzaine de tubes néon verticaux alignés à l’arrière de la scène et savamment illuminés au gré des besoins. Ils serviront par exemple de VU-mètre digitaux géants à l’entame du concert ou suggèreront l’intensité des flammes pendant le refrain du groovant « Northern Rd. » en final du set principal (en référence au « Starting fire, fire when we crash » du refrain). Mais avant cela, Lara aura aligné les tubes, rendant dingue un public particulièrement bouillant. Et pas seulement en chantant « Delay » au milieu de la salle après avoir abandonné sa veste un peu trop encombrante pour ce type d’exercice.

On s’attardera également sur un « Bruises » retenu au final prenant et sur un sautillant « Between The Lines », un des rares extraits d’« Exhale », le seul album à avoir été à peine visité ce soir. Les rappels seront quant à eux entamés sur un désarmant « Pretty Baby » associant lap steel guitar et guitare acoustique. Une respiration menant à une fin de set colorée via « Islands » qui verra les spectateurs s’égosiller avant que Lara ne les invite à se désaltérer au moyen d’une canette de Liquid Love, la bière élaborée en collaboration avec la brasserie gantoise Dok Brewing Company, en vente au stand merchandising.

Le tout se terminera sur un « The Fall » plein d’émotion au terme duquel les musiciens quitteront un à un la scène. On aurait parié un pack de six que le guitariste fermerait la marche mais c’est le bassiste qui a finalement rejoint les backstages en dernier lieu. Un détail qui ne ternira en rien l’impression positive d’une soirée rafraîchissante, à l’image d’un groupe en pleine confiance… et de leur bière.

SET-LUST
THE HEART BEATEN BEATS
BOBBI
NO REGRETS
LA FOLIE
CRUSHING
IN LIMBO
SHEWOLF
WAVES OF DESPERATION
MY LOW LOW
LOST
GIVE IT UP
TWO TO ONE
BRUISES
DELAY
BETWEEN THE LINES
NORTHERN RD.

PRETTY BABY
ISLANDS
THE FALL

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