L’Atelier (210) des Limiñanas

31 Participations

Fête de la Musique en 2017, Micro Festival en 2018. Les Limiñanas se sont faits relativement discrets ces derniers temps. Pas pour rien qu’ils ont rempli en un clin d’œil l’Atelier 210 à Bruxelles et l’Atelier Rock à Huy.

Retour sur la prestation de la capitale avec un troisième Atelier impliqué. Celui de la rue Verte où l’on a croisé pour la première fois le chemin de Milk TV voici une petite année. Depuis, ils ont gagné en maturité et en expérience, notamment grâce à la renommée grandissante du projet principal du chanteur bassiste Matthieu Peyraud et du batteur Martin Rault, Phoenician Drive. Ceci dit, le guitariste à l’abondante crinière Gaëtan Gauthier, qui complète le trio, apporte dynamisme et fougue infinie à l’ensemble (il cassera notamment une corde ce soir).

Sur scène, les gaillards s’éclatent et plongent à pieds joints dans leurs compositions tantôt vintage et enlevées, tantôt grungy mais toujours sinueuses aux rythmes saccadés et à la voix pleine de reverb. L’intensité retombe toutefois lors des parties plus poppy pendant lesquelles ils donnent l’impression de jouer égocentriquement sur une scène encore un peu trop grande pour eux. Laissons-leur encore un peu de temps pour canaliser leur énergie et développer leur potentiel bien réel.

L’année 2018 des Limiñanas restera assimilée à un grand cru avec l’enregistrement de “Shadow People”, un album produit par Anton Newcombe, le légendaire leader de Brian Jonestown Massacre sur lequel on retrouve également des collaborations avec Peter Hook, Bertrand Belin et Emmanuelle Seigner. Mais ils ont également publié le second volume de la compilation “I’ve Got Trouble In Mind”, recueil de singles et de titres rares reprenant là où le premier volume s’était arrêté, en 2015. Autant de raisons qui les ont tenus relativement éloignés des scènes avec à la clé, un cruel manque pour leurs nombreux admirateurs.

L’Atelier 210 était donc plein comme un œuf lorsque les natifs de Perpignan ont débarqué et balancé d’emblée “Je m’en vais” (!) qui sera le seul titre intégralement chanté par la batteuse Marie Limiñana aux longs cheveux roux soyeux. Cette dernière joue sur un kit rudimentaire sans cymbale et occupe le centre de la scène aux côtés de son Lionel de partenaire guitariste dont la ressemblance avec Warren Ellis devient de plus en plus frappante.

Si ces derniers détiennent la combinaison du son Limiñanas, ils laissent toutefois les prouesses vocales à leurs voisins directs, deux musiciens aux styles antagonistes et pourtant tellement complémentaires. Du côté gauche, une chanteuse qui, mis à part un tambourin dans la main, se concentre sur sa voix sixties frenchy légèrement désuète à la Nancy Sinatra (“Dreams”, “Garden Of Love”) alors que du côté droit, le guitariste barbu confère un cachet crasseux et saturé à des compositions qui lorgnent du côté de Black Rebel Motorcycle Club (les nouveaux “Istanbul Is Sleepy”, “Shadow People” et “The Gift”).

Trois autres musiciens s’affairent derrière eux parmi lesquels un claviériste et un multi-instrumentiste dont la particularité est de jouer sur un mini clavier disposé verticalement. Ceci dit, lorsque ces deux derniers attrapent une guitare, ils doublent le nombre de six cordes pour peaufiner un ouragan sonore impressionnant (le noisy “Tigre du Bengale”, le final de “Betty And Johnny”), à deux doigts de souffler les immenses parapluies de photographie suspendus en guise de décor.

Malgré une set-list kilométrique, leur prestation ne souffrira ni de temps morts, ni de longueurs. La large palette proposée gardant en effet les spectateurs en haleine, entre titres hypnotiques (“Salvation”, “I’m Dead”), instrumental presque visuel (“One Of Us”) et cover lancinante (“Mother Sky” de Can). Des ingrédients qui se retrouveront au sein de généreux rappels dont on retiendra surtout le côté surf sans paroles d’“Ouverture” et celui pop entêtant de “One Blood Circle”. Sans oublier leur désormais classique reprise du “Gloria” de Them à laquelle on préférera toutefois celle du “Russian Roulette” de Lords Of The New Church un peu plus tôt. Quand on vous dit qu’on ne s’ennuie jamais à un concert des Limiñanas…

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