Les Nuits 2019 : Generation Weyes Blood

39 Participations

En signant chez Sub Pop, Natalie Mering alias Weyes Blood s’est bel et bien donné les moyens de ses ambitions. Album of the Month pour Rough Trade et Uncut, le récent “Titanic Rising” se profile en effet comme l’album de la consécration pour la Californienne qui est passée par la Rotonde dans le cadre des Nuits.

Il s’agissait également d’une soirée spéciale pour Meg Duffy, la tête pensante de Hand Habits qui se produisait en trio pour la deuxième fois seulement. Sur cette tournée en support de “Placeholder”, la guitariste, fidèle collaboratrice de Kevin Morby, s’accompagne d’un claviériste et d’un batteur Bruxellois (!) rencontré voici quelques années à l’aéroport. Il s’agira d’une des nombreuses anecdotes partagées par l’artiste tout en réaccordant son instrument.

Ceci dit, malgré leur présence, les compositions restent retenues et axées sur sa voix captivante. Encore que, le style prend par moments une tournure americana uptempo sans mettre en péril l’univers rêveur et mélodieux sur lequel elle a bâti sa réputation. Quelques prestations supplémentaires dans cette formule renforceront la cohésion des musiciens qui seront au point pour leur prochain passage dans nos contrées, le 24 mai en support de Daniel Romano au Cactus Club à Bruges.

Après deux albums confidentiels, le nom de Weyes Blood a commencé à sérieusement circuler dans les couloirs indie avec “From Row Seat To Earth” publié chez Mexican Summer en 2016 et dans le top 20 annuel des Inrockuptibles. Depuis, elle a notamment enregistré un EP avec Ariel Pink, conclu un deal avec Sub Pop et collaboré avec Drugdealer. Quant à “Titanic Rising”, sa nouvelle plaque, elle a été co-produite par Jonathan Rado, une des deux forces derrière Foxygen, dans son esprit cabaret récent.

“A Lot’s Gonna Change” et “Something To Believe”, les titres classieux avec lesquels elle entamera son set, se profileront d’ailleurs dans cette lignée. Entourée d’une bassiste, d’un excellent guitariste, d’un batteur et d’un claviériste, Natalie Mering se produit dans un élégant tailleur pantalon blanc. Disposées ça et là, de petites loupiotes apportent une intimité à ses compositions introspectives magnifiées par une voix claire et passionnée que les nappes rêveuses d’“Andromeda” accompagneront à la perfection.

Orchestralement très riches, les titres de “Titanic Rising” passent admirablement le cap de la scène, laissant entrevoir de nouvelles perspectives à une artiste en pleine confiance lors de la dernière date de sa tournée européenne. Elle participe d’ailleurs à la coloration musicale tantôt via une guitare acoustique, tantôt via un clavier orné d’un drapeau représentant le globe terrestre. Mieux, on a redécouvert “Everyday” et “Wild Time”, métamorphosés par des parties de guitares entêtantes.

Dommage que les beats en provenance du chapiteau (on ne dit pas merci à Kompromat sur ce coup-là) vont gâcher le délicat “Picture Me Better”. Ils ne jureront toutefois pas lors de l’excellent “Movies” à la seconde partie disco qui verra la chanteuse laisser tomber la veste et se faire un délire Saturday Night Fever (pantalon pattes d’eph inclus) devant les spots multicolores braqués sur la grosse caisse. On aurait également bien voulu voir Meg Duffy à l’œuvre sur “Seven Words”, le titre sur lequel elle joue de la guitare en studio. Las.

Des regrets relatifs qui s’évaporeront comme par enchantement au son d’une captivante version du “God Only Knows” des Beach Boys, savamment dosée pour laisser un espace de choix à sa voix. Dans la foulée, les harmonies vocales sixties de “Do You Need My Love” et de “Generation Why” partagées avec la bassiste achèveront de nous faire fondre, respectivement en final du set principal et en seul titre des rappels. Sans conteste un des triomphes de ces Nuits.

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