New Order, past and present

23 Participations

À peine six villes réparties dans cinq pays étaient au programme de la tournée européenne de New Order cet automne. Parmi celles-ci, Bruxelles qui a accueilli les légendes de Manchester dans l’antre de Forest National.

Voici trente-sept ans, à l’AB, ce sont les Allemands de Malaria! qui avaient assuré la première partie. Ce soir, cap encore plus à l’est puisque les membres de Stolen sont originaires de Chengdu, mégalopole située au centre de la Chine. Majoritairement élaborées autour de machines, leurs compositions bénéficient cependant d’instruments classiques (guitare, basse, batterie) sur scène. La présence d’un chanteur en costard à la voix androgyne énervée complète l’équation mais ce sont surtout les beats et la rythmique tribale flirtant avec la techno qui prennent le dessus. Les Chemical Brothers ne sont pas loin, sans le génie visuel toutefois.

Si “Music Complete”, le dernier album de New Order, date de 2015, leur actualité ne ressemble pas à un encéphalogramme plat pour autant. Cette année, ils ont ainsi réédité “Movement”, leur première plaque, dans une version destinée aux collectionneurs. Puis, quelques jours après leur prestation de feu en tête d’affiche du Barn à Rock Werchter, ils ont publié “Times Change”, un somptueux album live enregistré dans leur ville natale. Et pas à n’importe quel endroit puisqu’il s’agissait des studios Old Granada, là où Joy Division avait fait ses débuts à la télévision dans l’émission So It Goes de Tony Wilson en 1978.

De Joy Division, il en sera beaucoup question ce soir. Pour l’anecdote, à deux jours près, on célébrait le quarantième anniversaire de leur premier mythique passage au Plan K de Molenbeek. Bernard Sumner et Stephen Morris, les deux rescapés de l’aventure, rendront dès lors un hommage appuyé à Ian Curtis. New Order n’a en effet plus de scrupules à jouer des titres issus de ses racines sombres. Souvent limitée à “Love Will Tear Us Apart”, elle sera revisitée avec beaucoup d’à-propos via trois autres perles. Et pas des plus évidentes, à l’exception de “She’s Lost Control” aux visuels noir et blanc mettant en scène l’iconique pochette d’“Unknown Pleasures”. “Disorder” en début de set et un magistral “Decades” en rappel apparaîtront sous un autre jour, pas nécessairement moins glacial mais tout aussi pertinent.

Ceci dit, la prestation du quintette de Manchester dont le nom des membres apparaîtront en générique de fin du clip illustrant le très coloré “Your Silent Face”, aura franchement les yeux tournés vers son passé. Mais avec une nouvelle vision en partie héritée de l’expérience “Times Change”. On pense évidemment à “Sub-Culture” (ce break inspiré de la version maxi-single) et “Bizarre Love Triangle” qui en font partie. Mais “Blue Monday” et “Temptation” en toute fin de set, bénéficieront notamment d’incursions inédites. Un update qui leur permet de ne pas paraître obsolètes aux côtés des extraits de “Music Complete”, l’excellent “Plastic” en tête.

Au contraire d’un son brouillon pendant plus d’une heure, les visuels diffusés sur un immense écran en format 16/9 HD apporteront une réelle plus-value. Chaque titre est en effet illustré d’une vidéo renvoyant vers le clip initial (les sumos de “True Faith”), la période (les pilules de la pochette de “Fine Time”), une atmosphère (la banquise d’“Academic”) ou… un anachronisme (“Tutti Frutti” sur le visuel de “Technique”). Une dynamique qui adoucira la voix parfois limite d’un Bernard Sumner légèrement bouffi particulièrement mal à l’aise lorsqu’il se produit sans une guitare entre les mains.

Heureusement, ses camarades rattrapent la sauce et prennent même un certain plaisir sur scène, à l’instar d’une Gillian Gilbert sur laquelle le temps semble avoir une emprise limitée. Mais Phil Cunningham et Tom Chapman s’en sortent plutôt pas mal non plus et transformeront par moments Forest National en Haçienda (“World”). Mais c’est avec l’ombre de Factory que le set se terminera sans surprise sur un “Love Will Tear Us Apart” combinant légendaires pochettes et clichés en noir et blanc à l’honneur de Ian Curtis, le tout ponctué par une inscription se passant de tout commentaire : Joy Division Forever. Sinon, New Order, c’était bien aussi…

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