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Nilüfer Yanya, painless is sweetness

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Ce début d’année semble particulièrement propice aux concerts d’artistes féminines qui constituent d’ailleurs l’essentiel de nos chroniques depuis la reprise. Ainsi, après Joan As Police Woman, Porridge Radio et Lucy Dacus, c’était au tour de Nilüfer Yanya de défendre sa plus récente livraison au Botanique…

Il s’agissait de la dernière date de la tournée et on a senti une once de nostalgie poindre dans le chef de Léa Sen au moment de lancer la soirée dans une Orangerie pas encore généreusement garnie. Seule sur scène avec sa guitare et quelques bruitages en accompagnement rythmique, la londonienne d’adoption en provenance de la banlieue parisienne profitera dès lors de chaque instant.

Dotée d’une voix suave modulable, elle présentera des extraits de son imminent premier EP, quelque part entre soul et r’n’b. Mais la curiosité résidait surtout dans un défi amorcé en début de tournée, celui de composer une chanson la journée et de la jouer le soir même. Un concept de démo en progression dont elle présentera deux résultats particulièrement convaincants (“Again” aux contours plus électroniques et “No”). Seul bémol, des intermèdes kilométriques pendant lesquels l’attention du public retombe. À revoir avec l’un ou l’autre musicien en support, pour lui permettre de s’exprimer davantage.

Lors des Nuits 2019, Nilüfer Yanya avait subjugué le Grand Salon. C’était à l’époque de la sortie de son premier album, “Miss Universe”, qui a ensuite squatté les hautes sphères des référendums de fin d’année. Après un EP (“Feeling Lucky”) en 2020 et une compilation de ses premiers singles l’année suivante (“Inside Out”), la Turco-britannique revient cette année avec sa deuxième plaque, “Painless”.

Si son délire à l’époque consistait en des interludes basés sur un centre de bien-être imaginaire online, elle s’est récemment mise dans la peau d’une top model en publiant des photos pour le moins sexy sur les réseaux sociaux. Rien de tout cela sur scène ce soir, son look la rend même plutôt assez élégante avec sa veste et ses bottes noires, sa chemise blanche extra large et ses imposantes boucles d’oreilles.

Elle va directement rentrer dans le vif du sujet au travers de “Midnight Sun”, premier titre d’un triplé de nouvelles compositions complété par un enlevé “Belong With Me” et un particulièrement groovant “Chase Me”. À ce moment, la claviériste à sa droite aura déjà montré toute l’étendue des possibilités de son saxophone. Un instrument qui soufflera d’ailleurs le chaud et le froid lors de la soirée. Essentiel à l’équilibre par moments, il se montrera nettement plus dispensable à d’autres. Une bassiste et un batteur complètent le line-up à leurs côtés.

Entre une première incursion dans son back catalogue via un “The Unordained” enrichi d’une seconde voix bien présente et une surprenante cover du “Rid Of Me” de PJ Harvey hésitant entre sono de fête foraine et guitares nerveuses, “L/R” confirmera son statut de meilleur extrait de “Painless”. Ou en tout cas celui qui coule le plus naturellement à l’oreille. Quoi qu’un peu plus tard, les voix saccadées et la basse ronflante de “Stabilise” équilibreront la compétition.

À ce propos, autant le saxophone se voit mis en exergue, autant la basse mériterait une position plus enviable dans le cœur de l’ingé-son. Cela est peut-être dû à la surproduction de la plaque qui ne lui sied pas nécessairement. La spontanéité et la fraîcheur de “Miss Universe” semblent ainsi s’être évaporées et cela se ressent sur scène (“Same Damn Luck” et “Anotherlife” perdront notre attention). Quelques mots également sur les claviers très eighties qui peuvent simultanément enchanter et taper sur le système.

Avec “Angels”, la fin du set retrouvera toutefois des couleurs que les flippantes nappes hypnotiques de “Trouble” ne viendront pas ternir. Que du contraire, les percussions soutenues ornant “The Dealer” et l’entêtante ritournelle du hit “In Your Head” ponctueront ensuite le set principal sur une note largement positive. Les rappels verront quant à eux Léa Sen se joindre au quatuor et se défouler au son d’un “Crash” bien puissant alors que la tournée se refermera sans surprise sur “Heavyweight Champion Of The Year”. Refermer est le mot, Nilüfer quittant la scène sans même un au revoir…

SET-LIST
MIDNIGHT SUN
BELONG WITH ME
CHASE ME
THE UNORDAINED
L/R
RID OF ME
STABILISE
BABY LUV
SAME DAMN LUCK
ANOTHERLIFE
ANGELS
TROUBLE
THE DEALER
IN YOUR HEAD

CRASH
HEAVYWEIGHT CHAMPION OF THE YEAR

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