The Lemonheads tout en covers

5 Participations

Dix ans après un premier volume, les Lemonheads nous balancent une seconde livraison de covers plutôt pointues sous l’intitulé “Varshons”. L’occasion pour Evan Dando de reprendre la route et de s’arrêter au Reflektor pour une date unique (et rare) dans nos contrées.

Curieusement, entre ces deux albums, pas la moindre nouvelle composition à se mettre derrière l’oreille (la dernière plaque conventionnelle du groupe remonte à… 2006). La soirée s’annonçait donc nostalgique et principalement ancrée dans les nineties, ce que la majorité des spectateurs quarantenaires étaient sans doute venus chercher.

Si Karl (Larsson), le leader de Last Days Of April, ouvrira la soirée seul sur scène simplement accompagné d’une guitare acoustique pour une trentaine de minutes relativement écorchées, il aura surtout le privilège d’entamer le set des Lemonheads aux côtés d’Evan Dando. Et même de partager les vocaux avec lui sur le délicat “All The Same”, une de ses propres compositions qui se verra magnifiée dans la démarche.

Il se fera plus discret sur “Hospital” avant de s’éclipser lorsque la machine s’emballera via l’enlevé “Down About It”. Outre un batteur et un bassiste délibérément en retrait, le groupe incorpore ce soir l’excellent guitariste Chris Brokaw qui éclaboussera le concert de sa classe naturelle. Les Liégeois ont de la chance car il s’agit d’une des rares dates de la tournée (avec celle au Luxembourg notamment) où il répond à Evan Dando par guitares interposées.

En revanche, ils auront moins de bol avec ce dernier qui, malgré sa cool attitude (chemise, jeans et baskets, longue chevelure négligée et barbe naissante) se complaira dans un mutisme quasi absolu, le regard vide, comme poursuivi par ses vieux démons. Il attrapera ainsi maladroitement une bouteille de Jack Daniels, renversant sur scène bien plus que les deux gorgées qu’il avalera à même le goulot.

Ceci dit, sa voix intacte tout comme sa dextérité à la guitare formeront l’ossature d’une prestation particulièrement généreuse, profitant de sa complicité avec l’ami Chris pour insérer des titres non prévus sur une set-list pourtant déjà kilométrique. Une trentaine de morceaux seront donc joués quasi sans temps mort, couvrant principalement les années fastes du groupe et s’attardant sans surprise sur l’impeccable “It’s A Shame About Ray” et son successeur, “Come On Feel The Lemonheads”.

On a donc redécouvert sur scène des pépites grungy mélodieuses (“Great Big No”, “Rudderless”, “My Drug Buddy”) et d’autres, plus raffinées (“Big Gay Heart”, “Hannah And Gabi”). Mais également la face plus nerveuse du tout début des années 90 (“Left For Dead” porte admirablement son titre) et même un extrait de l’album solo d’Evan (le très country “It Looks Like You”).

Généreux, ils l’ont également été au travers de nombreux extraits de “Varshons II”, sorti début du mois dernier et sur lequel ils revisitent avec beaucoup d’à propos des titres plus ou moins obscurs. Atypiques, ils se glissent toutefois merveilleusement dans la set-list. On retiendra tout particulièrement le chaloupé “Can’t Forget” (Yo La Tengo), l’entêtant “Abandoned” (Lucinda Williams), le Bowie-esque “Old Man Blank” (The Bevis Frond) et le surprenant “Unfamiliar” (The GiveGoods) aux rythmes métissés. Sans oublier une version à deux voix très réussie du “I Just Can’t Take It Anymore” de Gram Parsons qui ouvrait le premier volume en 2009.

Après un “Stove” bien destructeur, les deux guitaristes se retrouveront seuls sur scène pour une poignée de titres acoustiques… ou qui auraient dû l’être mais le chanteur changera d’instrument au dernier moment. Dépouillés mais pas trop, “Why Do You Do This To Yourself?” et “Nothing” apporteront notamment le calme avant une tempête aux riffs dont “It’s About Time” et “Confetti” en full band seront chargés. Net et sans bavure, certes, mais pour l’aspect humain, on repassera…

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