Therapy? au Bota, business as usual…

43 Participations

L’infatigable trio Irlandais entamait au Botanique le deuxième volet de la tournée en support de « Cleave », son consistant quinzième album.

Choisis pour assurer la première partie, les quatre gars d’Adolina s’en sont donné à cœur joie en balançant leurs compositions bruyantes, certes, mais construites au départ d’une solide base mélodieuse. Si la complémentarité des deux guitaristes saute aux yeux, leurs parties vocales le sont tout autant, quelque part entre At The Drive-In en plus arrondi et Rage Against The Machine en moins rebelle. Avant que des dialogues extraits de films ne les engouffrent dans un tunnel post rock nerveux. Assez insaisissable mais non dénué d’intérêt.

La dernière fois que les membres de Therapy? ont foulé la scène de l’Orangerie, c’était en novembre 2016 à l’occasion d’une tournée acoustique. Depuis, ils ont notamment assuré l’avant-programme de Sisters Of Mercy à l’AB mais ont surtout enregistré « Cleave », sans doute leur album le plus convaincant depuis « High Anxiety » en 2003. Pour la petite histoire, il s’agissait du premier disque impliquant Neil Cooper, le batteur arrivé l’année précédente pour remplacer Graham Hopkins.

Sur scène comme dans le public, les rides se sont creusées et les tignasses se sont dégarnies (cela fait longtemps que le bassiste aux mille clichés Michael McKeegan n’a plus un poil sur le caillou). Preuve que le groupe n’a pas réussi à se renouveler après le succès phénoménal de « Troublegum » et d’« Infernal Love » au milieu des nineties. La plupart des spectateurs se sont ainsi rendus au Bota en souvenir de leur adolescence passée dans le moshpit et en ignorant que dix albums ont été publiés depuis 1995.

Ceci dit, Andy Cairns (à la coiffure punk iroquois et à la voix souvent limite) et ses compères ne vont pas les aider à éveiller leur curiosité puisque « Lonely Cryin’ Only » sera le seul titre postérieur à cette période faste. Nuançons toutefois immédiatement ces propos en insistant sur le fait qu’ils vont abondamment se plonger dans leur dernière livraison en confirmant nos impressions initiales. « Cleave » est un fichu bon disque dont se démarquent en live « Expelled », « Save Me From The Ordinary » ou l’hyper entêtant « Callow ». Sans oublier l’engagé « Kakistocracy » (agrémenté d’une volée de bois vert à destination du Brexit et de Donald Trump).

Mais voilà, à de rares exceptions près, les spectateurs n’ont clairement pas fait le déplacement pour découvrir des titres qu’ils ne sélectionneront de toute façon pas sur leur prochaine playlist Spotify. Avec l’inconvénient que leur attention retombera drastiquement pendant ceux-ci, pour instantanément reprendre du poil de la bête dès les premières notes de « Die Laughing », « Screamager » ou « Potato Junkie ». Les pogos seront alors légion alors que les stage divings beaucoup moins (on en a dénombré trois, dont deux tentatives du même spectateur pas très téméraire).

Le souci, outre une balance brouillonne, c’est que le groupe ressasse inlassablement le même cirque. Ceux qui étaient au Depot de Leuven en octobre dernier ne remarqueront ainsi aucune différence avec le set principal et, pour ainsi dire, avec les interventions : « Teethgrinder » dédicacé à Triggerfinger, le surnom du bassiste (Evil Priest) scandé par la foule sur insistance du sieur Cairns. Mais le plus risible reste indéniablement cette mise en scène récurrente pour l’anniversaire du batteur, prétexte pour faire hurler « Neil drums like a motherf**ker » au public. Juste pour information, Neil Cooper est né le 1er août…

Cela n’empêchera toutefois pas les généreux rappels de terrasser l’Orangerie et d’épuiser définitivement les nombreux pogoteurs en transpiration. Il faut dire que « Church Of Noise », « Stories » (dédié à… Jacques Brel) ou « Nowhere » n’incitent pas à la passivité. Même le nouveau « Crutch » aura son petit succès. À leur place, on aurait inversé « Knives » et « Succes? Succes Is Survival », ultime extrait de « Cleave ». Mais cela veut aussi dire que le groupe regarde devant lui à l’aube de son trentième anniversaire…

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