Working Men’s Club, back to The Haçienda days

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Le très attendu premier concert belge de Working Men’s Club a finalement eu lieu ce dimanche à l’Orangerie du Botanique. Annoncés au Pukkelpop l’an dernier avant que tout ne parte en vrille, ils auraient dû se produire aux récentes Nuits mais avaient disparu de l’affiche au moment de la présentation officielle de l’événement. Qu’à cela ne tienne, ils étaient bien là pour défendre « Fear Fear », leur deuxième album sorti au début de l’été.

À vrai dire, cela fait un moment que l’on attendait de croiser leur route. Depuis que l’on a pris leur première plaque dans la figure exactement. « Working Men’s Club » s’est en effet hissé dans les hautes sphères de notre top 2020, une bombe sans nom qui a illuminé le second confinement entamé à l’automne de cette année-là.

C’est d’ailleurs au son de « Valleys », la plage d’intro de ce premier effort éponyme, qu’ils ont instantanément bouté le feu à l’Orangerie, après être monté sur scène au son du « Goldfinger » de Shirley Bassey. Une sorte de grand écart entre les majestueuses orchestrations de John Barry et les sons acid-house de l’Haçienda, la fameuse boîte de Manchester largement co-financée par le légendaire label Factory et leur poulains les plus célèbres, New Order.

Ces derniers constituent d’ailleurs une influence majeure de Working Men’s Club. Particulièrement la période « Technique » à la toute fin des années 80, lorsque les raves parties et la house music affolaient les dancefloors de par le monde. Nul besoin de s’affirmer musicologue pour se rendre compte que le précité « Valleys » renvoie furieusement à leur single « Fine Tine », nappes de synthés aériennes, pointes acidulées et basse ronflante comprises.

En revanche, Syd Minsky-Sargeant, la tête pensant du projet, n’a certainement pas pris Bernard Sumner comme modèle d’un point de vue attitude et prestance. Genre de pantin désarticulé aux incessants pas de danse incontrôlés, il attire le regard en permanence. Sa manière de chanter d’une voix trafiquée en se pliant pour suivre la position aléatoire de son micro tout en gardant une main dans le dos en rajoute une couche. D’autant que par moments, il devient tout bonnement incontrôlable, hurlant comme un possédé sur le dingo « Teeth » et l’hypnotique « A.A.A.A. » notamment.

Ceci dit, il ne rencontre pas beaucoup de concurrence, entre un bassiste presque terrorisé par son instrument (il est loin d’être le fils spirituel de Peter Hook) et deux claviéristes disposées de part et d’autre de la scène. L’une d’entre elles joue quasi les mains dans les poches tandis que l’autre le fait avec un enthousiasme proche de l’ennui profond. Un peu plus tard, lorsqu’elle attrapera une guitare, cette dernière délivrera des riffs efficaces, certes, mais sans passion aucune.

Ne vous méprenez cependant pas, nous n’avons pas assisté à un mauvais concert, loin de là. Les compositions du groupe invitent en effet à la danse et les extraits de « Fear Fear », à tendance plus electro, font le boulot. À commencer par un « 19 » dancefloor-friendly, un « Widow » hyper catchy et une plage titulaire bourrée d’urgence. Le fait que tout soit enchaîné ne laisse aucun temps mort même lorsque le tempo se ralentit quelque peu, à l’instar du plus retenu « Circumference » en milieu de set.

« John Cooper Clarke » et ses sons electro tranchants boosteront une assistance de plus en plus enthousiaste pour un sprint entamé par un « Money Is Mine » aux chœurs féminins dignes d’un titre de Human League. Les influences de New Order reprendront ensuite le dessus, via un « Ploys » calqué sur leur « World In Motion ». À ce moment, deux guitares sont en action, le leader ayant abandonné ses rares interventions de bidouillage sur sa machine à proximité.

La fin du set sera quant à elle explosive, l’excellentissime « Be My Guest » et ses nappes à la « Fade To Grey » introduisant deux plages aussi longues que dansantes. « Angel », tout d’abord, que n’auraient pas renié les Chemical Brothers en mode krautrock et ponctué de flashes stroboscopiques au milieu d’un final assourdissant. Le bien nommé « The Last One » ensuite, dont la guitare un rien plus sinistre et les couches synthétiques planantes ramèneront brusquement le public sur terre, le groupe filant illico backstage sans demander son reste.

SET-LIST
VALLEYS
19
FEAR FEAR
TEETH
WIDOW
A.A.A.A.
CIRCUMFERENCE
JOHN COOPER CLARKE
MONEY IS MINE
PLOYS
BE MY GUEST
ANGEL
THE LAST ONE

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