Désert, couronne gelée et roi des elfes

10 Participations

À mon arrivée à la grande confrérie de l’Esprit éclairé de Roulers, je tombe en plein désert. Et le bruit du désert est assourdissant. Les décibels sont tellement élevés que mon instinct de préservation me pousse à enfoncer profondément mes bouchons dans mes oreilles avant même de franchir la porte d’entrée. Une fois passé le rituel de l’admission dans ce temple de la musique, le groupe Desert est en train de tirer ses dernières cartouches. Il faut dire qu’ils commençaient à 19h30, horaire difficile à tenir quand on doit affronter les aléas du trafic à l’heure de pointe.

Nous aurons quand même droit à quatre titres assez puissants du quintet israélien de métal mélodique composé d’Alexei Raymar au chant, de Sergei Metalheart à la guitare, de Sergei Dmitrik à la basse, d’Oleg Aryutkin aux claviers et d’Assaf Markowitz derrière les fûts. L’impression d’ensemble est très bruyante (l’ingé son n’a pas lésiné sur les décibels), ce qui empêche de percevoir pleinement toutes les finesses de cette musique war metal/power metal au chant mélodique. Vu leur goût prononcé pour l’histoire, il n’est pas étonnant que le chemin de Desert ait croisé celui de groupes comme Sabaton, Civil War ou encore Serenity. Groupe intéressant, à revoir dans de meilleurs conditions sonores.

Après une courte pause technique pour installer le matériel du groupe suivant, nous retrouvons sur scène la formation transalpine Frozen Crown, un de mes groupes coup de cœur dont vous avez pu lire la chronique sur le site de Music in Belgium : «The Fallen King» (2018) et «Crowned In Frost» (2019). Le hasard veut que nous avions déjà eu l’occasion de vous en parler dans le cadre du Milady Metal Fest 2018. Les voici pour la première fois sur une scène belge, au Verlichte Geest. Connaissant la qualité des deux albums composant la discographie du groupe, on savait que l’on pouvait s’attendre à un set de grande qualité. Le son est un peu meilleur que pour le premier groupe et les Italiens déferlent sur scène comme une vague métallique. Au chant, le duo formé par Federico Mondelli (voix, guitare) et Giada Etro est aussi dynamique que sur les enregistrements studio. Une belle complicité unit les membres du groupe. On verra même le bassiste Filippo Zavattari faire mine de s’éponger le front en sueur sur le bras de la guitariste Talia Bellazecca. Tous sont souriants et visiblement très heureux de donner leur premier concert dans notre plat pays.

Côté musique, une setlist trop courte à mon goût, composée des titres suivants : «Arctic Gales» (intro), «Neverending», «Fail No More», «Kings», «Winterfall», «Queen of Blades», «I Am the Tyrant», «Everwinter», «Netherstorm» et «The Shieldmaiden». Des mélodies rapides pour la plupart, l’incitation parfaite à se décrocher les cervicales, tant sur la scène que dans le public. Ambiance garantie! Un “serial fan” me confie que c’est la meilleure prestation scénique du groupe sur cette tournée et je le crois bien volontiers. Ce groupe a un charisme musical certain et a su se tailler une place dans le cercle très fermé des spécialistes du power metal mélodique à la sauce italienne. Pour moi, la meilleure prestation de la soirée.

Alors que je ne me suis pas encore entièrement remis de mes émotions, voici qu’entre en scène la tête d’affiche de la soirée, le groupe italien de power/folk metal Elvenking. Assez curieusement, bien que le groupe sévisse sur la scène métal depuis une vingtaine d’années, je n’avais jamais eu l’occasion d’écouter sa discographie ni de le voir sur scène. Ils sont 6 sur scène, maquillés comme de tradition dans la plupart des formations de musique métal folk. Notons la présence d’un violon, qui contribue largement au côté folk de la musique du groupe. Le son est revenu à un niveau plus normal et semble parfaitement bien réglé cette fois. A se demander si les groupes d’avant-programme ne sont pas intentionnellement affublés d’un son de moindre qualité pour mettre en valeur la tête d’affiche… Mais ne boudons pas notre plaisir. Le répertoire du groupe est très plaisant et revisite une discographie longue de 9 albums studio et un album live.

Au menu, un set de 15 titres : «Draugen’s Maelstrom», «Swallowtail», «The Voynich Manuscript», «Pagan Revolution», «The Scythe», «The Solitaire», «The One We Shall Follow», «Violin Solo», «Elvenlegions», «The Divided Heart», «3 Ways to Magick», «Neverending Nights», «To Oak Woods Bestowed», «Pagan Purity» et «The Loser». Le public a l’air séduit par ces mélodies folk très entraînantes proposées par un groupe qui n’a pour l’instant rien à vendre puisque son dernier album en date remonte à 2017. L’on peut cependant lire sur le site du groupe qu’un nouvel opus est en préparation (sortie prévue dans la seconde moitié de 2019).  Sur scène, Edan et Headmat (qui remplace Rafahel empêché) manient le manche avec une aisance presque insolente, Lethien a le don de sortir des notes sautillantes de son violon électrique et gratifiera aussi le public d’un très joli solo. Le jeu de basse de Jakob est correct sans être vraiment impressionnant, tandis qu’une surprise nous attend derrière les fûts puisque pour cette tournée, le groupe récupère son ancien batteur Symohn qui accompagna le groupe de 2011 à 2017 et qui assure l’intérim de son collègue Lancs, lui aussi empêché.

En conclusion, une belle soirée de métal italien avec tous nos remerciements aux organisateurs De Verlichte Geest et Feed The Fire pour l’accréditation et pour nous avoir permis de (re)découvrir sur une scène belge des artistes de grand talent.

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Photos © 2019 Hugues Timmermans

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