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Dino Jelusick de passage au Zik-Zak

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Nos amis du Zik-Zak ont décidément le chic pour bien choisir les artistes qu’ils accueillent dans le temple ittrois de la musique. Au programme de la soirée, les Courtraisiens de All I Know et le prodige croate Dino Jelusick.

Le public est encore clairsemé quand le combo de Flandre occidentale monte sur scène. All I Know, c’est ce groupe fondé par Ward Dufraimont et Michael Neyt, qui a sorti son premier album autoproduit “Vanity Kills” en 2009. Son univers musical s’inscrit dans le sillage de Bryan Adams, Van Stephenson, REO Speedwagon et Bon Jovi. Le succès est au rendez-vous puisque l’année suivante, le groupe a été sélectionné parmi 1000 groupes pour la finale du célèbre concours de rock “Humo’s Rock Rally 2010”, organisé par le magazine belge ‘Humo’. Après un hiatus de 10 ans, le groupe remonte sur scène dans une version remaniée, à l’occasion de la sortie d’une version DeLuxe de son premier opus (avec 11 bonus tracks en plus de 12 titres initiaux) chez Melodic Rock Classics.

Au menu, une setlist faisant la part belle à un rock mélodique de qualité avec au programme: “All Night Long“, “All The Way“, “Into Your Heart“, “As Long As The Night“, “Turn Back Time“, “Bad Boy“, “(Keep You) In My Heart“, “Spare Me The Lies” et “Rain“.

Force est de reconnaître que tout est bien en place et que la musique du groupe sait convaincre. Le chanteur y est même allé de quelques mots en français pour gagner les faveurs du public local. Le show était très correct, mais manquait un chouilla de charisme. Mais le public a passé un excellent moment et, au final, cela compte beaucoup plus que les états d’âme d’un chroniqueur…

Passons à présent à la tête d’affiche de la soirée. Qui, dans le monde des amateurs de heavy metal, oserait encore affirmer ne pas connaître le nom de Dino Jelusick? Depuis l’annonce de son arrivée au sein de Whitesnake, on parle de lui partout. Il faut dire que le trentenaire a vraiment la musique dans la peau. Vedette dans son pays, la Croatie, dès 2003 après avoir remporté le concours Eurovision de la chanson (version junior) au Danemark, son titre “Ti si moja prva ljubav” est devenu un hit national. On retrouve ensuite sa trace au sein de plusieurs formations comme Dino Jelusić Band, M.U.D., Dino & the Mad Dogs et Stone Leaders. Mais c’est avec Animal Drive que sa carrière prend un tour plus international, avec des intérims en live avec Lords of Black et Trans-Siberian Orchestra et des participations en studio à des projets comme Magnus Karlsson’s Free Fall et Michael Romeo.

Dès les premières notes de l’excellent “Divide and Conquer” (Michael Romeo), on comprend mieux ce qui a bien pu pousser les vétérans de Whitesnake à vouloir faire entrer ce jeune poulain dans leur écurie. Suivent suite deux extrait l’album “Bite!” d’Animal Drive: “Had Enough” et “Fade Away“. Dino et ses musiciens enchainent ensuite avec “Here Comes The King” (de Dirty Shirley). Par la suite, après un hommage avorté aux Foo Fighters par manque de réaction du public, le Zik-Zak a encore droit à des titres comme “Healer” avant un intermède acoustique consacré à trois titres de Whitesnake demandés par des spectateurs manifestement plus inspirés par le répertoire de Coverdale et les siens…

Retour ensuite à Animal Drive avec “Father, puis Beneath Your Beautiful” et “Dirty Blues” (2e extrait de l’album de Dirty Shirley). Animal Drive reste à l’honneur avec l’excellent “Time Machine“. Vient ensuite une petite incursion dans le monde du prog avec “Paradigm Shift” de Liquid Tension Experiment qui permet de mettre en valeur encore d’autres facettes de l’indéniable talent de l’artiste. Viendront ensuite l’inoxydable “Burn” (Deep Purple), l’excellent “Tower of Lies (I Walk Alone)” ou encore “Higher“.

Ce qu’il faut ici mettre en exergue, c’est qu’outre ses capacités vocales exceptionnelles, Dino joue aussi de la guitare et surtout des claviers (y compris la “keytar” ou clavier-guitare). Sans oublier la basse et la batterie. Ce qui fait l’originalité des rappels, c’est un échange de places entre le batteur et Dino et l’arrivée sur scène du tour manager à la guitare, le temps de trois titres de rappel dont l’intemporel “Smoke On The Water”.

L’artiste est doué et brillant et il le sait. S’il faut lui trouver un petit point faible, c’est peut-être dans sa communication avec le public. Mais ce léger bémol aura tôt fait de passer au second plan quand Dino se produira dans des stades et des salles immenses avec Whitesnake. Car si vous l’avez loupé au Zik-Zak, il y a fort à craindre qu’une fois la tournée en cours terminée, on ne le revoie pas de sitôt dans des salles de format club. En attendant, le public du Zik-Zak a pu mesurer toute l’étendue du talent de ce prodige venu de Croatie et se rincer l’oreille au son d’un heavy metal de qualité supérieure, interprété avec un professionnalisme sans faille (malgré une courte panne de courant). Dino Jelusick, retenez bien ce nom!

 

Report: Anne-Françoise et Hugues
Photos: Hugues

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