Festival d’Art de Huy, édition 2022 : Première soirée, un très beau départ !

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Un démarrage en fanfare en fait avec effectivement pour cette soirée du mercredi 17 août, trois beaux concerts dans des registres bien différents mais tout à fait compatibles avec la philosophie de ce beau festival des arts (de la musique, des traditions, des cultures…) qui, consiste à faire découvrir des démarches artistiques moins connues utilisant souvent des techniques ou des instruments que l’on n’a pas l’habitude de découvrir ! C’est donc mission accomplie dès ce premier jour avec à la fois le côté festif et saltimbanque, le chant wallon à capella et enfin pour terminer la soirée, le jazz endiablé aux relents exotiques.

HK : insuffler la joie de vivre !

Quel choix judicieux de la part de l’équipe du festival et surtout je suppose de la part d’Emmanuelle Greindl d’avoir pris pour ouvrir cette nouvelle édition de son festival que ce projet ou plutôt mouvement solidaire et populaire né en pleine période de confinement, mouvement anarchique et révolutionnaire si je puis dire destiné à réveiller les consciences mais aussi à porter des ondes positives vers le devant de la scène en ces périodes troublées et trop souvent noirâtres. Kaddour Hadadi et ses comparses musiciens ont ce soir transcendé leur répertoire populaire déjà bien connu du public, les refrains étant systématiquement repris par tout un chacun petit et grand, pour finalement offrir un réel moment festif dans l’esprit des spectacles de saltimbanques où chanter et danser ne font qu’un. A travers des textes où chaque mot est choisi avec précision, Kaddour notre ami troubadour du soir nous a parlé de liberté, de tolérance et surtout d’espoir avec toujours le sourire et la bienveillance ici accompagné par trois clapant musiciens ayant mis eux-aussi l’ambiance sur la place verte, propulsant le début de cette édition 2022 dans les étoiles. Ces dernières étant justement le sujet de l’une des chansons, celles-ci se sont retrouvées dans les yeux du public qui de bout en bout, aura suivi les gesticulations de notre chanteur au costume blanc, ayant littéralement mis le feu puisqu’il n’a eu de cesse d’embrigader la foule à chanter et danser avec lui…un tout grand moment festif !

Kaddour Hadadi (chant)
Pascal Chardome (guitare)
Lorcan Fahy (violon, mandoline)
Lolita Pariaud (accordéon)

https://www.facebook.com/hksaltimbanks

La Crapaude : voix et corps pour faire perdurer le wallon !

Premier concert à l’Espace Saint-Mengold avec le projet La Crapaude basé sur la pérennité et la vulgarisation des chants wallons et sa culture attenante, sous la forme de chant à capella (deux voix actuellement) avec ici en support des percussions du corps (j’expliquerai plus loin…) pour un concept qui, a voyagé de villages en villages avant d’arriver à Huy. En effet nos deux vocalistes ont sillonné notre beau pays à la rencontre de l’habitant, chantant et logeant justement chez l’habitant, pour encore mieux transmettre aux jeunes ou rappeler aux plus anciens de nombreux beaux souvenirs d’antan. Ici point d’instrument mais en fait ce n’est pas nécessaire car, la force et surtout la chaleur des deux voix techniquement travaillées en décalage ou en superposition suffisent à elles-seule pour remplir l’espace, les percussions humaines que construit notre troisième demoiselle en utilisant son corps comme instrument complétant à merveille le tableau sonore.

Si entre chaque chanson des explications sont données sur le contexte de chaque composition avec également quelques traductions bien nécessaires pour passer du wallon au français, il n’empêche que le public a bien dû se soumettre par deux fois à chanter en cadence avec nos trois demoiselles histoire que comme pour le concert d’ouverture, le public soit en osmose avec les artistes. La Crapaude dont j’avais chroniqué l’album en 2020 « Gote d’Ewe » sorti chez Homerecords.be a proposé ce soir une belle démarche atypique sur le plan technique et artistique qui de surcroit, a le mérite de faire perdurer les traditions et chants de notre patrimoine, il fallait je pense le souligner !

Caroline Durieux (chant)
Pascale Sepulchre (chant)

https://www.facebook.com/superpolyphoniesdewallonie

Rahona quartet + Manu Hermia : jazz chaloupé aux relents exotiques voyageant entre les States, Madagascar et Huy !

Nous terminerons cette première soirée par le clou du spectacle si je puis m’exprimer ainsi car le groupe Rahona qui pour la circonstance est passé d’un quartet à un quintet par le renforcement dû à la présence du grand Manuel Hermia (grand habitué du festival et des projets liés aux musique du Monde), a offert au public présent un véritable spectacle de virtuoses à travers une musique de très haut niveau technique où, les fondements du jazz Made in US bases du projet de Julien Marga se sont achalandés d’une belle coloration toute exotique due aux origines malgaches du guitariste Joël Rabesolo, le tout portant aux oreilles des puristes et connaisseurs un savant mélange entre le grand continent et l’état insulaire. Chaque membre du groupe n’a pas démérité que du contraire, chacun a pu montrer toute l’étendue de son talent respectif, à travers de nombreux soli mettant en évidence chaque instrument, une démarche habituellement développée dans le monde du jazz comme c’est le cas pour l’improvisation. Ici aussi et pour ce groupe, j’avais chroniqué un album en 2020 « Rahona » produit également chez Homerecords.be.

Chaque composition est présentée ici par Julien qui a le mérite et c’est très honorable de sa part, de mettre en valeur chaque protagoniste du groupe qu’il soit le compositeur de l’un ou l’autre morceau d’ailleurs, le guitariste le spécifiera à chaque fois en précisant très souvent la genèse par laquelle les compositions se sont construites…souvent en corrélation avec la culture malgache. Pour le reste ce concert bien trop court à mon goût fût un véritable régal pour les oreilles grâce à une véritable démonstration technique mettant en valeur les sons de chaque instrument mais aussi pour les yeux, à travers l’excellent travail des techniciens du Centre Culturel de Huy qui ont assuré toute la soirée. Rahona a rayonné si je puis me permettre dans ce si bel espace Saint-Mengold, offrant un magnifique concert de jazz où, la chaleur du saxophone de Manu Hermia a permis un beau dialogue entre les cordes des deux guitares (électrique et acoustique) et le tempo à la fois posé et endiablé de la section rythmique portée par Nicolas Puma (contrebasse) et Lucas Vanderputten (batterie). Profil bas Messieurs !

Joël Rabesolo (guitares électrique et acoustique)
Julien Marga (guitare électrique)
Nicolas Puma (contrebasse)
Lucas Vanderputten (batterie)
Manuel Hermia (saxophone tenor)

Pour l’organisation :

https://www.facebook.com/festivaldartdehuy

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