EVI : l’interview découverte

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Elle s’appelle Evi. Elle est belge, elle chante bien et son clip nous a plu. Du coup, nous avons voulu en savoir un peu plus pour les lecteurs de Musique In Belgium.

MiB: Bonjour Evi, ravi de faire ta connaissance et merci d’avoir accepté de nous accorder cette interview. Pour permettre à nos lectrices et lecteurs de mieux te connaître, peux-tu nous dire comment a commencé ton aventure musicale?

Evi: Je suis baignée par la musique depuis ma plus tendre enfance. J’étais toute petite puisque j’ai en fait commencé le piano à l’âge de 4 ans. Mes parents sont mélomanes, mais ils n’ont jamais eu l’occasion d’apprendre à jouer d’un instrument. Ils se sont donc dit que le jour où ils auraient un enfant, ils lui feraient apprendre la musique. Mes parents m’ont alors inscrite d’abord à un cours privé, car j’étais trop jeune pour commencer l’académie de musique (l’âge minimum était de 6 ans). En outre, étant d’origine hongroise, la musique est un élément culturel très présent dans la vie de chacun là-bas. Mon père a toujours voulu que je fasse l’Université de musique Franz-Liszt (Conservatoire de Budapest).

J’ai donc commencé à apprendre le piano et j’ai suivi toutes les classes jusqu’à l’âge de 18 ans, ce qui m’a permis d’obtenir le diplôme. Et surtout, j’ai eu l’occasion de clôturer toutes ces longues années de formation par un concert: j’ai joué le concerto pour piano n° 4 de Beethoven, accompagnée d’un orchestre philharmonique. C’était génial! Une expérience inouïe qui restera gravée à jamais dans ma mémoire.

MiB: Que s’est-il passé ensuite?

J’avais alors 18 ans. J’ai longuement hésité entre le Conservatoire ou des études dans un tout autre domaine.

Finalement, je me suis dit que la musique me suivrait toute ma vie, car c’est une passion forte qui vit en moi. J’ai donc choisi d’aller explorer d’autres univers et d’entamer des études universitaires pour avoir un diplôme «sérieux» en main et ainsi trouver un bon job. Je craignais de ne pas pouvoir vivre de la musique.

Evi: Ma formation en biologie à l’ULB m’a effectivement permis de trouver un emploi dans le secteur pharmaceutique, mais après quelques années, je me suis rendu compte que cela ne me correspondait pas du tout et j’ai changé d’orientation pour revenir à la musique.

MiB: Juste comme ça?

Evi: Non, il y a aussi eu une rencontre déterminante qui a motivé mon choix. Pendant les dernières années où ça n’allait pas trop au boulot, j’ai fait la rencontre d’un coach vocal. C’était une rencontre purement fortuite. Même si je suis musicienne et que j’adore chanter, je n’aurais jamais pensé en faire mon métier.

Le courant est passé et j’ai commencé à suivre chez lui une formation intense, à raison de deux fois par semaine pendant sept ans. C’est lui qui a développé ma voix et m’a enseigné la technique du chant. J’ai toujours été fan des grandes voix comme Whitney Houston et je pensais qu’il fallait avoir beaucoup de coffre pour se lancer dans le métier.

MiB: Son enseignement a visiblement été efficace.

Evi: Il a réussi à me faire trouver mon identité vocale. Au bout de 7 ans, il m’a dit qu’il pensait que j’étais prête et que j’avais les capacités nécessaires pour me lancer dans l’aventure. Comme cela coïncidait avec la période où ça n’allait plus vraiment dans mon ancien job, je me suis dit que c’était peut-être le moment de changer de vie et de revenir à la musique. C’était un besoin vital.

MiB: Et comment as-tu commencé? En faisant des reprises ou directement avec tes propres chansons?

Evi: En étudiant la technique vocale avec mon coach, il me faisait chanter un peu de tout: Prince, Stevie Wonder, Michael Jackson, Bruno Mars, Shania Twain, Katy Perry, et bien d’autres. Il m’a fait entrer dans tous les univers musicaux des grands artistes pour m’aider à développer ma voix et à perfectionner ma technique. J’ai donc commencé par des covers. Mais en parallèle, j’écrivais déjà des textes et j’essayais de faire des compositions. Quand mon coach vocal est décédé inopinément il y a deux ans, j’ai décidé de continuer en sa mémoire.

MiB: Il y a ensuite eu d’autres rencontres j’imagine?

Evi: C’est grâce à mon coach vocal aussi que j’ai rencontré Guy, le producteur avec lequel je prépare actuellement un album dont est extrait «Shadow». Le courant est passé immédiatement: nous avions les mêmes influences et les mêmes sources d’inspiration. Il a donc accepté de travailler avec moi et c’est de cette manière qu’on a démarré le projet. Nous avons déjà créé une petite dizaine de titres, presque un album complet.

MiB: Quel est le premier titre par lequel tu t’es fait connaître auprès du grand public?

Evi: C’est vraiment «Shadow», le titre pour lequel on vient de mettre un vidéoclip en ligne.

MiB: Quels sont les thèmes que tu as envie d’aborder dans les textes que tu écris? Qu’as-tu envie d’exprimer dans tes chansons?

Evi: J’ai quelques thèmes qui me tiennent fort à cœur, surtout celui de l’environnement et du changement climatique. Ce sont des sujets auxquels j’ai été fort sensibilisée pendant mes études en biologie. Quand j’ai écrit «Shadow» il y a quelques mois, on parlait déjà beaucoup de l’impact de l’homme sur l’environnement, mais le sujet a pris une acuité particulière avec les incendies en Australie. Du coup, c’était le morceau idéal à sortir en premier lieu.

MiB: Et cela t’a ouvert des portes?

Evi: En fait, j’ai eu l’occasion de passer aux Francofolies en juillet dernier et je voulais en profiter pour sortir mon 1er single, alors je me suis dit que celui-là parlerait sans doute à un public très large. «Shadow» est donc sorti la veille de ma participation aux Francos dans l’idée d’avoir de la matière à discuter dans les interviews. Cette sortie coïncidait aussi avec le 50e anniversaire du premier pas de l’Homme sur la Lune. Et comme la chanson parle aussi de cela indirectement, à travers la part d’ombre qu’il y a en chacun de nous en référence à la face cachée de la Lune, le moment était bien choisi pour lancer ce titre.

MiB: Tu as joué longtemps?

Evi: Une heure environ et il me fallait donc d’autres titres à proposer au public. Heureusement que nous avions déjà bien avancé avec mon producteur sur les autres morceaux du futur album. J’avais donc une dizaine de titres à interpréter.

MiB: Et quel a été l’accueil du public?

Evi: En fait, j’ai joué sur la scène Playright+, qu’on appelle aussi la scène des Vitrines, qui est légèrement excentrée. J’étais programmée le dimanche soir, c’est-à-dire le dernier jour, après le feu d’artifice au-delà de minuit. Beaucoup de gens étaient déjà partis ou en train de partir. J’ai finalement chanté devant une centaine de personnes, ce qui n’était déjà pas mal et les gens ont eu l’air d’apprécier, surtout mes titres plus colorés que je vais sortir dans quelques semaines. Donc, oui, j’ai reçu un accueil favorable.

MiB: Avant de parler de la suite, revenons un instant sur «Shadow», ses sonorités particulières et son univers visuel bleu et gris, presque aquatique. Qui a choisi les éléments visuels du clip?

Evi: C’est moi en collaboration avec le réalisateur, Michaël Pierrard. Comme j’adore la danse, on en retrouve aussi dans le clip.

MiB: La danse est une autre de tes passions?

Evi: En fait, j’ai commencé la danse en même temps que le piano. Le sport et la musique sont mes deux grandes passions. À 4 5 ans, mes parents m’ont inscrite à la gym sportive. Comme j’étais de stature assez élancée, cela n’allait pas pour la gymnastique. J’ai ensuite découvert la gymnastique rythmique et sportive (GRS) que j’ai pratiquée pendant pas mal d’années. J’ai été trois fois championne de Belgique, j’ai fait plein de stages, notamment des stages d’été en Hongrie. J’ai longtemps mené les deux de front. Mais il est arrivé un moment où ça faisait trop à cause des études. J’ai dû faire un choix et j’ai préféré continuer la musique. Mais la passion de la danse est toujours restée en moi et j’avais donc envie de l’exprimer dans ma première vidéo.

MiB: Tu peux nous en dire plus sur le tournage du clip?

Evi: J’ai fait – une fois encore par hasard – la rencontre du réalisateur qui a beaucoup travaillé avec Béjart et Karl Lagerfeld. Quand je lui ai fait écouter le titre, il m’a dit tout de suite qu’il verrait bien de la danse là-dessus. Nous étions donc sur la même longueur d’onde. Il connaissait un excellent danseur qui a aussi travaillé avec Béjart pendant 15 ans à Lausanne. J’ai fait la connaissance de ce danseur japonais, Juichi Kobayashi, alias Monsieur 11, le jour du tournage du clip. Nous ne nous connaissions pas du tout. Je n’avais aucune idée de ce que je devais faire. Il m’avait juste dit de me préparer en faisant des assouplissements durant les deux semaines qui précèdent. Quand on a commencé à tourner, tout s’est fait spontanément, quasiment sans avoir besoin de se parler: il guidait, je le suivais, tout était fluide… Heureusement qu’il me restait quelques bases de la gym. Tout s’est super bien passé, y compris les portés.

MiB: Tu te laisses souvent guider par ton intuition?

Evi: Oui je fonctionne beaucoup au feeling. Et les images de danse ont eu exactement le rendu que je souhaitais à l’image. Comme c’était mon premier clip, je voulais quelque chose de fort qui mette la chanson en valeur et qui contribue à faire parler du clip et de moi. J’avoue que nous y avons consacré un budget important et que les clips suivants seront sans doute réalisés avec moins de moyens… Cela dit, j’aime le côté esthétique et je veux maîtriser l’image: les choses doivent être rendues à l’écran comme je l’ai imaginé.

MiB: Tu abordes la question financière et il est vrai que réaliser un album coûte fort cher. Envisagerais-tu de recourir au financement participatif (crowdfunding)?

Evi: Pourquoi pas, c’est une idée que je trouve intéressante. D’autres artistes célèbres le font, alors pourquoi pas? Peut-être pour un album suivant.

MiB: Pour revenir à l’album, tu disais tout à l’heure que les autres chansons ont une autre couleur. Tu peux nous en dire un peu plus?

Evi: Les prochains titres qui vont sortir seront toujours construits sur une base pop, mais j’aime y intégrer différentes influences comme du funk (les titres qui vont suivre seront très funky), de la soul et même de l’électro. Comme j’ai des goûts musicaux très variés, j’intègre des éléments empruntés à divers styles.

MiB: Et au niveau vocal?

Evi: Il y a des titres où je monte plus dans les aigus, mais j’ai une voix grave, intense et chaude. Mon coach m’a toujours conseillé de me baser sur cette belle voix grave, ayant la technique qui me permet d’aller chercher des notes dans les aigus. On a travaillé la tessiture et je peux donc me permettre de monter de temps en temps dans les aigus. Mais je suis en général plus dans la voix grave.

MiB: Tu écris tes textes et tes musiques?

Evi: Oui, mais toujours en collaboration avec mon producteur. On compose en mode piano-voix.

MiB: Tu as une idée de ce que tu voudrais faire dans ton second album?

Evi: Pas encore vraiment, car nous sommes encore en plein travail de mastering et de peaufinage. Je n’ai donc pas encore vraiment réfléchi à la suite, même si ce ne sont pas les idées qui manquent.

MiB: Imaginons qu’un bon génie exauce ton vœu musical le plus cher: avec quel artiste aimerais-tu composer et/ou chanter?

Evi: Je suis une grande fan d’Adele, Sia et Beyoncé.

MiB: Si elles nous lisent, l’appel est lancé! (rires)

Evi: J’adore les grandes voix, comme Emeli Sandé aussi…

MiB: Tu as déjà eu l’occasion de rencontrer des personnes que tu admires dans les festivals par exemple?

Evi: Je n’ai encore qu’une expérience limitée. J’ai joué juste après Zazie aux Francos, sans la rencontrer pour autant. Mais elle m’a aidée sans le savoir…

MiB: Déjà des expériences de galères?

Evi: Oui un peu. Aux Francos, on a eu pas mal de soucis techniques et les techniciens ont dû aller piquer des câbles sur la scène de Zazie. En mars dernier aussi, j’avais eu un contact préalable pour les Francos, mais il fallait qu’un des responsables puisse me voir jouer sur scène pour valider ma participation. J’ai dû trouver des musiciens et une salle en un temps record. Finalement, on a trouvé au Reflektor à Liège où nous avons donné un concert préparé à la hâte. Un des responsables est passé et a été sous le charme. C’est comme ça que j’ai eu ma place aux Franco.

MiB: Y a-t-il des concerts de prévus où nos lecteurs pourront venir découvrir ta musique?

Evi: Nous sommes encore en train d’essayer de fixer des dates. J’ai d’abord un projet de voyage en Océanie en mars où je vais tourner mes prochains clips. Les concerts seront annoncés après mon retour. Dans l’intervalle, le public pourra découvrir mon 2e single. Ce sera un titre coloré qui bougera bien et nous emmènera vers l’été. Ensuite, j’espère encore sortir un troisième morceau avant les festivals d’été et le futur album.

MiB: Une dernière question: quelle est l’image que tu aimerais que le public ait de toi?

Evi :  L’image d’une artiste accessible, enthousiaste, spontanée qui propose d’un côté des belles ballades en piano voix, des mélodies aériennes et planantes un peu comme «Shadow» et, de l’autre, des morceaux qui bougent: pop, électro, funk. Des morceaux dansants sur lesquels on peut s’éclater sur scène et qui envoient une bonne énergie.

MiB: Merci beaucoup pour cette première interview qui permettra à nos lecteurs de mieux te connaître en tant qu’artiste, en attendant de te découvrir sur scène.

Evi: Merci à vous et à très bientôt j’espère.

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