Jusqu’où iront ces diables d’Italiens du trio à cordes d’Alfabeto Runico !

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A la lecture du document qui accompagnait à l’époque la conférence de presse du Festival d’Art de Huy et à l’écoute d’’un clip-vidéo de cette formation italienne originaire des Pouilles (Sud de l’Italie), votre serviteur fût rapidement intrigué par une démarche largement hors des sentiers battus. Voilà un trio à cordes (deux contrebasses et un violon assorti d’une belle voix) qui bouscule allègrement et librement les règles du jeu, les principes liés spécifiquement à un genre musical, proposant ainsi une musique transversale mélangeant musique classique contemporaine et relents de funk et de jazz ! Il ne fallait pas plus à votre serviteur pour prendre à nouveau la route de Huy, pour voir et surtout écouter ce diable de trio italien qui finalement, ne m’a point déçu que du contraire, celui-ci m’a fait passé un super moment musical et artistique !

Déjà en croissant devant Saint-Mengold nos deux contrebassistes (les deux lions) à la chevelure Rasta et à la barbe bien fournie, on est déjà sous le charme et sûr de rencontrer ce vendredi soir un groupe hors-normes mais, c’est sans compter sur la belle apparition de la chanteuse (belle comme un Cœur, belle comme une femme italienne !) qui contrebalance d’une certaine manière la rudesse de ses deux compagnons de route. Marta dell’Anno (chant et violons), Nicola Scagliozzi (contrebasse) et Andrea Resce (contrebasse), font partie de ses musiciens qui par excellence s’illuminent sur scène et exploitent au mieux toutes leurs capacités car Alfabeto Runico est un groupe de scène !

Si la dégaine rasta-rock-décalé de nos deux contrebassistes et la beauté rayonnante de la chanteuse/violoniste posent déjà sur les planches le décor, la musique permet alors au trio d’exprimer tout son talent et surtout la vaste palette sonore qu’il peut offrir au public. Imaginez un départ plutôt classique voir contemporain où, les choses évoluent rapidement vers des rythmes funk ou rasta lorsque le son des deux contrebasses sautille, le groupe arrivant finalement à allier au sein d’une même composition musique classique et divers courants du rock. Une version psychédélique, décalé et proche de la fusion du trio à cordes qui, s’est perdu sur les Chemins de traverses empruntant des styles et des tempos très divers pour construire un seul morceau !

Techniquement irréprochable nos trois protagonistes utilisent toutes les techniques possibles car ici, les cordes des instruments sont bien sûr travaillées à l’archet mais, elles sont aussi pincées…grattées…glissées…frappées parfois avec force par un archet qui donne alors du corps et de la force à la résonance des cordes ! Mais que dire de la voix de la belle Marta tout simplement splendide et ce dans tous les registres, passant d’un chant doux et mélancolique, à un travail vocal empli de force et de coffre montrant que la belle sait moduler sa voix pour décrire diverses expressions et surtout retranscrire le thème d’une chanson. L’humour est également omniprésent, le groupe sachant communiquer avec légèreté auprès de son public et ce, surtout par l’intermédiaire de Marta maîtrisant plutôt bien la langue de Molière, nos deux contrebassistes n’ayant jusqu’à présent travaillé que quelques mots en français !

Côté répertoire celui-ci est bien sûr très varié quoique axé bien évidemment sur la région natale des trois musiciens d’ailleurs, plusieurs chansons viendront d’un répertoire traditionnel lié à la région des Pouilles et de certains petits villages du Sud de l’Italie. On y parle souvent d’une jeune fille et d’une rencontre avec son éventuel prétendant (venu à cheval, Marta imitant le bruit des sabots !)…mais il y a les deux frères, les deux lions qui sont sur le passage des futurs amoureux ! On ira aussi se perdre du côté du jazz ou du reggae, le chant de Marta évoluant entre l’italien, le français et même l’anglais offrant ainsi sur tous les niveaux, un concert éclectique, décalé et multiple-couleurs vraiment très chouette !

Après le concert j’aurai l’occasion de parler quelques instants avec la belle italienne qui m’expliquera qu’au départ d’une formation classique, les trois musiciens se sont orientés vers d’autres styles (rock, funk, reggae…) pour pouvoir construire ce si beau projet Alfabeto Runico qui n’est d’ailleurs qu’un des multiples projets au sein desquels les musiciens italiens officient !

NB : on a eu droit à deux rappels…le public en aurait voulu encore plus (moi aussi) mais le timing de la soirée était malheureusement serré ! On vous reverra un jour avec grand plaisir !

Le groupe :
Marta dell’Anno (chant et violons)
Nicola Scagliozzi (contrebasse)
Andrea Resce (contrebasse)

https://www.facebook.com/alfabetorunicomusic/

https://www.facebook.com/festivaldartdehuy/

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