Kamelot de retour à Anvers

91 Participations

Au lieu de me repaître de la traditionnelle camelote télévisuelle du dimanche soir, je décide de braver les éléments déchaînés (il pleut à n’en plus finir), harnaché avec tout mon équipement de combat photographique, pour aller prêter allégeance aux chevaliers de Kamelot de passage au Trix en cette soirée dominicale du 10 mars.

Dans la salle pas encore tout-à-fait remplie, quelques T-shirts à l’effigie du premier groupe à s’emparer de la scène aujourd’hui, à savoir Visions of Atlantis. Le groupe de Thomas Caser, seul rescapé des membres fondateurs du groupe, batteur de son état (et accessoirement CEO du label Napalm Records), a connu dans un passé récent plusieurs changements d’effectifs qui se sont révélés aussi efficaces que les choix tactiques de feu Raymond Goethals, surnommé “Raymond la Science” ou encore “le Sorcier belge”. En effet, depuis l’arrivée au chant de Clémentine Delauney (ex-Whyzdom, ex-Serenity, Exit Eden) et de Siegfried Samer (Dragony), Visions of Atlantis a navigué de succès en succès avec d’abord la sortie en 2016 d’un EP intitulé «Old Routes New Waters» qui marquait le retour de trois membres fondateurs du groupe : Werner Fiedler (guitare), Chris Kamper (claviers) et Michael Koren (basse). En 2017, nouveau revirement puisque les trois membres en question quittent à nouveau le groupe. Ils sont remplacés par Herbert Glos (Dragony) à la basse et Christian Douscha à la guitare. Le groupe continue sans claviériste sur scène. Vient ensuite la sortie de l’album «The Deep & The Dark», salué par la presse spécialisée et le public. Visions partira ensuite en tournée sans relâche, en Europe mais aussi en Amérique du Sud. Point d’orgue de ces expériences concertiques, une captation en live intitulée «The Deep & The Dark LIVE» qui marque la transition au chant masculin entre Siegfried Samer qui doit jeter le gant en raison de ses autres obligations professionnelles (incompatibles avec le succès croissant du groupe) et Michele Guaitoli qui officie également au sein de la formation transalpine Temperance.

C’est donc toute cette joyeuse troupe que l’on retrouve sur scène pour interpréter «The Deep & the Dark», «New Dawn», «Words of War», «Ritual Night», «The Silent Mutiny», «The Last Home» et «Return to Lemuria». La formation austro-franco-italienne livre devant le public belge une prestation mémorable. Le groupe est parfaitement en place grâce à ces mois passés à se perfectionner sur scène, mais je suis aussi et surtout frappé par l’entente et la complicité entre les deux vocalistes, Clémentine et Michele, qui s’amusent comme deux larrons en foire! Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet et le public semble apprécier. Je perçois même beaucoup d’enthousiasme dans les premiers rangs. Bref, une entrée particulièrement réussie, en espérant que le reste du menu sera tout aussi à la hauteur.

Le second groupe à se produire devant le public du Trix, j’ai eu l’occasion de le découvrir il y a bien longtemps, lors de l’édition 2013 de la croisière 70000 Tons of Metal. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis lors et le groupe suédois Evergrey vient de sortir un nouvel album «The Atlantic» qui a été particulièrement apprécié notre collègue chroniqueur Nicolas Lhoir. Nous voilà donc embarqués avec le capitaine Tom Englund (guitare et chant) pour un voyage musical sur l’Atlantique. S’il a peut-être pris un peu de poids depuis toutes ces années (je suis mal placé pour le critiquer…), il n’a en tout cas rien perdu de sa créativité et de son talent de musicien. Avec ses comparses Johan Niemann (basse), Rikard Zander (claviers), Henrik Danhage (guitare) et Jonas Ekdahl (batterie), il nous fait partager un univers musical de power metal prog assez sombre, au fil d’une setlist composée de trois titres de l’album de la tournée «The Atlantic» ainsi que quelques perles de leur discographie antérieure.

Au programme : «A Silent Arc», «Weightless», «Distance», «Passing Through», «My Allied Ocean», «All I Have», «A Touch of Blessing» et «King of Errors». Une prestation sans faute et un son impressionnant. Mais je dois bien avouer que depuis ce soir magique où j’ai vu Tom Englund sur la grande scène du bateau jouer sous le vent et la pluie d’un orage d’été, je n’ai plus jamais été aussi accroché par la musique du groupe, pourtant irréprochable. Les fans et autres amateurs du genre ont tous adoré et, cerise sur le gâteau, le capitaine Tom est venu en personne à la rencontre de ses moussaillons du public après le concert. Bref, que du positif pour cette seconde prestation de la soirée, le seul petit bémol relevant de mon goût personnel.

Arrive enfin le moment tant attendu. La salle est remplie aux trois quarts et le public est chaud pour accueillir les héros de la soirée, les rois du power métal masculin, je veux bien sûr parler des chevaliers de Kamelot dont la tournée passe une seconde fois par la Belgique pour la promotion de l’album «The Shadow Theory». Pendant que résonnent les premières notes de l’intro, les protagonistes montent sur scène pour entrer directement dans le vif du sujet. Les fans acclament leurs héros chevaliers : Thomas Youngblood (guitare et chœurs), Sean Tibbetts (basse) et ses dreadlocks qui semblent douées d’une vie propre, tels les serpents qui sifflent sur la tête de la gorgone, Oliver Palotai (claviers), Alex Landenburg le maître des fûts et bien sûr la voix du groupe Tommy Karevik, qui officie au chant depuis 2012.

La soirée commence sur les chapeaux de roues avec l’apparition sur scène de Lauren Hart,  déjà présente lors des enregistrements en studio pour le dernier-né de la discographie du groupe. Le concert commence donc par «Phantom Divine (Shadow Empire)», morceau très représentatif du répertoire des maîtres du power métal. Ils enchaînent ensuite avec un flash-back «Rule the World» (vu plus de 2,5 millions de fois sur YouTube) et «Insomnia». Le décor est planté. Tommy a réussi à faire oublier entièrement son prédécesseur et anime le concert avec conviction. Les fans sont à la fête. Le public danse et chante à tue-tête.

On repart de plus belle avec deux méga-tubes de la formation américaine : «The Great Pandemonium» et «When the Lights are Down». Force est de reconnaître que la bande à Thomas Youngblood a un savoir-faire à toute épreuve dans le genre du power metal et la griffe de Kamelot est reconnaissable entre mille par ses lignes vocales, ses riffs de guitare et ses mélodies soignées au rythme généralement soutenu. Tommy communique bien avec le public, n’hésitant pas à le charrier un peu quand il ne répond pas avec suffisamment d’énergie à ses appels.

Nouveau trio gagnant avec «Veil of Elysium», «End of Innocence» et «Vespertine (My Crimson Bride)». Pour la suite, Lauren Hart revient sur scène pour le monumentallissime «March of Mephisto», suivi de «Center of the Universe» et «Amnesiac». La belle quitte ensuite la scène avec Tommy et la section guitare/basse le temps d’un chouette duo clavier/batterie entre Oliver et Alex. Quand les lumières se rallument à la fin de ce duo, la formation réinvestit la scène avec le morceau «Sacrimony (Angel of Afterlife)» et une invitée supplémentaire en la personne de Clémentine Delauney qui assure la partie vocale féminine en chant clair tandis que Lauren Hart s’occupe des grunts (sur l’original, ces rôles sont remplis respectivement par Elize Ryd et Alissa White-Gluz). Les chevaliers de Kamelot poursuivent le combat avec «Burns to Embrace» pour terminer sur l’indétrônable «Forever» à la fin duquel Tommy tend le micro à une personne du public pour chanter le dernier mot. Pas certain cependant que le représentant du public belge ait vraiment fait honneur au morceauComme quoi, chanteur c’est un vrai métier.

Les lumières s’éteignent et Kamelot regagne les coulisses sous les applaudissements du Trix. Après quelques secondes, le public se met à scander le nom des héros du jour qui reviennent au bout de deux ou trois minutes pour le round final avec «Liar Liar (Wasteland Monarchy)». Ils saluent ensuite longuement le public avant de sortir au son de «Ministrium (Shadow Key)» (version enregistrée).

Globalement, un très bon show de Kamelot, même si j’ai trouvé que les protagonistes avaient un peu moins de punch que dans mon souvenir. Tommy semblait un fifrelin en-deça de son niveau habituel (qui est monstrueusement élevé, il en restait donc bien assez). Cela dit, je fais sans doute la fine bouche car ce sont des mines réjouies qui se sont dirigées vers la sortie et les stands de merch avant que chacun ne rentre chez soi…

 

Accréditation presse et photo: Napalm Records
Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Les photos de Visions of Atlantis | Evergrey | Kamelot sur la galerie de Music In Belgium
Les photos de Visions of Atlantis | Evergrey | Kamelot sur la galerie de Hugues Timmermans
Photos © 2019 Hugues Timmermans

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