Indie Flash #9 : Fontaines D.C., Thot, The Blank Agains, The Jesus And Mary Chain, Kikagaku Moyo

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Si le baromètre Corona initial sera teinté de rouge, le premier Indie Flash de l’année voit la vie en vert. Un retour en fanfare destiné à adoucir cette période de vaches maigres au niveau des concerts. Sans parler du casse-tête lié à la mise à jour de l’agenda…

Tant en 2019 (« Dogrel ») qu’en 2020 (« A Hero’s Death »), les Irlandais de Fontaines D.C. ont supplanté la concurrence pour le titre de meilleur album de l’année. L’an dernier, mis à part quelques remixes (dont un époustouflant signé Soulwax) et un live en édition limitée pour le Record Store Day, Grian Chatten et ses camarades sont restés assez discrets. La faute notamment à une tournée européenne reportée pour les raisons que l’on sait. Mais c’était pour mieux revenir car leur troisième album arrive le 22 avril et s’annonce déjà comme un incontournable. Baptisé « Skinty Fia » (du nom d’une expression traduite littéralement par « la damnation du cerf » en référence à l’élan irlandais, une espèce aujourd’hui disparue), il est de nouveau produit par le génial Dan Carey et sortira chez Partisan. Le premier extrait récemment dévoilé, l’entêtant « Jackie Down The Line », permet d’évaluer la stature prise par les natifs de Dublin qui se produiront au Trix le 8 avril. Un concert sans surprise d’ores et déjà archi sold out.

Cela bouge également du côté de chez Thot. Après avoir élégamment repris le « What Shall We Do Now? » de Pink Floyd à l’automne, Grégoire Fray débarque le 11 février prochain avec un nouvel EP sous le bras, « Méandres ». Sur « Euphrate », plage d’intro et premier single, il déclame avec conviction son texte en français sur des beats électro-indus. On pense aux Young Gods, en tout cas jusqu’à l’apparition, ni plus ni moins, du Mystère des Voix Bulgares dont les prouesses vocales envoient le titre dans une autre dimension. Une manière habile de faire le lien entre « Fleuves » (2017) et « Delta », le futur album dont on ne connaît pas encore grand-chose. Un coin du voile sera peut-être levé le 7 février à la Maison de la Création de Neder-over-Heembeek, où le groupe ponctuera une résidence par deux concerts gratuits (19h et 20h30). Réservation par mail à accueilnoh@maisondelacreation.org. Quant à « Méandres », il est à précommander sur la page Bandcamp de Thot.

Rappelez-vous, en octobre 2020, The Blank Agains avaient présenté quelques nouveaux titres sur la scène du Petit Chapeau Rond Rouge à Etterbeek. Il s’agissait d’un de leurs premiers concerts après plusieurs années d’absence. La suite a malheureusement tourné court avec l’instauration d’un couvre-feu et la fermeture de la culture pour une durée indéterminée quelques jours plus tard. Il en fallait toutefois plus pour saper le moral de Yann Luyckfasseel et de ses comparses qui ont mis ce temps à profit pour se concentrer sur la composition et le travail de studio. Résultat, une grosse année plus tard, c’est un EP digital de quatre titres, « Songs From The Past » qui voit le jour. Quatre titres tout à fait inédits qui se baladent entre shoegaze, indie et dream pop. Sans surprise, les influences des Stone Roses et de Ride ne sont pas loin (l’efficace « A Song For No One ») même si elles sont judicieusement édulcorées via des nappes synthétiques (« Gunslinger ») qui renvoient presqu’à une version britpop de Grandaddy (« Past Faces »). Plus surprenantes encore, les harmonies vocales du bien nommé « New Horizon » qui éloignent le groupe de sa zone de confort. Un contre-pied pour le moins réussi.

En pleine tournée anniversaire de « Darklands » (qui s’arrêtera au Trix le 22 juin), The Jesus And Mary Chain déménagent. Ils viennent en effet de signer chez Fuzz Club, dynamique label indie londonien actif depuis 2012 et qui, rien que l’an dernier, nous a balancé une tripotée de plaques essentielles parmi lesquelles The Underground Youth, Veik, New Candys et 10.000 Russos. Les frères Reid travaillent actuellement sur leur prochain album mais les première sorties sur leur nouvelle maison regarderont dans le rétroviseur avec la réédition de « Damage And Joy », leur recommandable plaque de 2017 qui, outre un tracklisting alternatif, présentera quelques inédits. Il sortira le 22 avril, tout comme « Live At Barrowland », un album enregistré en novembre 2014 à Glasgow pendant la tournée revival de leur classique « Psychocandy ». Au programme, outre les quatorze pépites sombres et noisy qui en sont extraites, sept titres bonus issus de leur large back catalogue joués ce soir-là. N’hésitez pas à précommander les objets, Fuzz Club a conclu un deal qui permet aux clients de payer la TVA lors de la commande en Angleterre et d’ainsi éviter les frais de dédouanement qui plombent les factures depuis le Brexit.

On termine sur une note tristounette puisque les fêlés Japonais chevelus de Kikagaku Moyo ont décidé de mettre un terme à leur aventure. Mais avant de ranger leurs amplis au placard, ils publieront un dernier album chez Guruguru Brain en mai qu’ils présenteront lors d’une douzième et ultime tournée européenne. C’est donc le Botanique qui aura l’honneur de les voir tirer leur révérence le lundi 13 juin dans une Orangerie que l’on imagine déjà bouillonnante. Leurs prestations appliquées, fougueuses et psyché nous manqueront. Ne traînez pas, les places se vendent comme des petits pains aux quatre coins du vieux continent (et même au-delà…).

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