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Symphonic Metal Nights à Courtrai

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Un peu plus d’une semaine après un premier passage au Ragnarok de Bree, la tournée Symphonic Metal Nights faisait escale à Courtrai ce dimanche soir (10 septembre 2023). L’occasion était trop belle et Music In Belgium a donc dépêché sur place deux de ses vaillants chroniqueurs. Il faut bien avouer qu’après la frustration de n’avoir pas pu nous rendre à Bree, c’était un plaisir de nous rendre à Courtrai pour découvrir le nouveau site du DVG Club (après la fermeture du site de Roulers où nous avons vécu beaucoup de très belles soirées). Après un trajet d’une bonne heure entre la capitale et le temple de la musique du jour, nous voilà en piste pour une belle soirée dans une chaleur d’enfer.

La nouvelle salle est installée dans un ancien complexe industriel réaffecté à des activités culturelles. Quelle joie de retrouver l’équipe du Verlichte Geest dans cette nouvelle implantation, plus spacieuse que l’ancienne. A peine le temps de se désaltérer et de saluer les quelques amis présents dans le public que déjà il est temps de découvrir le premier des quatre groupes qui vont enjoliver notre soirée.

Rexoria est un groupe suédois qui pratique un metal moderne. Fondé début 2016, cette formation compte déjà à son actif trois albums studio (“Queen of Light” en 2018, “Ice Breaker” en 2019 et “Imperial Dawn” en 2023). Le quatuor est composé  de Frida Ohlin au chant, Jonas Gustavsson à la lead guitare, Cristofer Svensson à la guitare et Martin Gustavsson aux fûts. Ces quatre natifs de Jönköping ont déjà eu l’occasion de s’illustrer sur scène en première partie de pointures comme Bloodbound, Crystal Viper et Thobbe Englund, ou encore Battle Beast et Dynazty.

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De fait, tout est parfaitement en place. Seule petite anomalie: Jonas est au synthé car une mauvaise coupure a rendu sa main droite inutilisable pendant un certain temps et il a donc décidé de partir en tournée avec son synthé qu’il utilise de la main gauche pour accompagner ses acolytes.  Qu’à cela ne tienne, le groupe nous aligne une jolie série de titres heavy mélodique : “Paradigm“, “Fading Rose“, “Set Me on Fire“, “Horizon“, “Rise of the Phoenix“, “Light Up the Sky“, “Enchanted Island“et “Reach for the Heavens in Time“.

Une belle entrée en matière, très appréciée du public venu assez nombreux, parfois de très loin. Le groupe suivant n’est autre que Dark Sarah, groupe finlandais de metal symphonique/cinématique finlandais créé par Heidi Parviainen, après son départ du groupe Amberian Dawn en 2012.  Ses autres membres sont les guitaristes Sami Salonen, le claviériste (mais aussi guitariste) Henrik Airaksinen, le batteur Thomas Tunkkari et le bassiste à forte personnalité Rude Rothstén. Le groupe vient de sortir son 5e opus intitulé ““Attack Of Orym”. Notons que les cinq albums du répertoire de Dark Sarah ont tous été financés par crowdfunding.

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Musicalement, on est dans un univers metal symphonique/mélodique aux forts accents cinématiques. Le groupe est très à l’aise sur scène et la setlist proposée a tout pour plaire aux fans. Il faut dire que la voix de Heidi est toujours aussi belle et que le show est assuré aussi en bonne partie par la présence très forte du bassiste à la barbe tressée et au grand chapeau, qui se donne à fond dans sa prestation. Au menu, sept titres (dont les cinq premiers sont tirés du dernier album): “Attack of Orym“, “Warning Sign“, “Burn“, “Invincible“, “Hero and a Villain“, “Melancholia” et “Illuminate“.

Le public adhère pleinement et répond sans hésiter aux invitations à participer. L’ambiance est excellente et ne va pas redescendre en intensité avant la fin de la soirée.

Cela faisait (trop) longtemps que je n’avais vu sur scène l’excellent groupe finlandais (lui aussi) Amberian Dawn, le grand spécialiste du metal aux accents Abba-esques. La formation de Tuomas Seppälä, virtuose de la guitare et du clavier, nous a habitués à des albums très soignés de métal mélodique symphonique. Le dernier opus en date sorti le 2 décembre 2022 est d’ailleurs un album d’hommage à ABBA. Outre Tuomas, le groupe se compose de la chanteuse Capri, une grande spécialiste de la comédie musicale et du répertoire d’Abba, mais aussi du guitariste Emil Pohjalainen, du batteur Joonas Pykälä-Aho et du petit nouveau, le bassiste Jukka Hoffren.

Celles et ceux qui s’attendaient à entendre surtout du Abba en auront été pour leurs frais puisque seul trois titres des légendaires Suédois ont été mis à l’honneur dans la setlist. Le groupe a donc voulu faire plaisir à ses fans de longue date avec un florilège de ses plus grands titres: entrée en matière avec un extrait du tout premier album “Valkyries” (que l’on trouve aussi sur l’album “Re-Evolution” de 2013). Le groupe enchaîne avec le très entraînant “Fame & Gloria” (extrait de l’album “Innuendo” de 2015) suivi de “Cherish My Memory” (qui figurait à l’origine sur l’album “Magic Forrest” de 2014 mais qui a bénéficié d’une nouvelle version en 2018). Capri est en pleine possession de ses moyens et affiche une maîtrise parfaite de sa voix. Quel bonheur. Viennent ensuite “Dragonflies” (de l’album “Darkness of Eternity” de 2017), “Looking for You” (extrait de l’album éponyme) et la première reprise d’Abba de la soirée avec l’inoxydable “Gimme! Gimme! Gimme! (A Man After Midnight)” qui met toujours autant d’ambiance.

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Petit détour aussi par l’album “Re-Evolution” de 2013 avec “Circus Black“, suivi de “Magic Forest” (2014) et de “Knock Knock Who’s There” (2015). Vient ensuite un titre un peu moins connu d’Abba, avec “That’s Me“. La reprise est dans la ligne du reste. Quel régal pour les oreilles. L’heure tourne et nous voilà déjà dans la dernière ligne droite de cette prestation avec “Golden Coins” (2017), le classique “River of Tuoni” (de l’album éponyme, le premier du groupe, sorti en 2008). Amberian Dawn conclut en beauté avec le sublime “Lay All Your Love on Me” d’Abba. Quelle claque! Les Finnois ont fait carton plein dans tous les registres. Une superbe prestation qu’il aurait été dommage de rater!

Le moment est venu de vous parler de la tête d’affiche.  Sirenia a été formé par Morten Veland en janvier 2001. Ce dernier s’était déjà fait connaître sur la scène musicale à travers Tristania, son groupe précédent qu’il avait cofondé vers la moitié des années 1990. Bref, on peut dire de lui qu’il a largement contribué à définir le metal gothique. Outre Morten (guitare et voix), qui était exceptionnellement absent dimanche à Courtrai, le groupe comprend aussi la chanteuse française Emmanuelle Zoldan, l’excellent guitariste Nils Courbaron et le batteur Michael Brush. Mine de rien, la formation norvégienne  n’a pas chômé puisque “1977” (sorti en 2023) est déjà le 15e opus du groupe (le premier, “At Sixes and Sevens” étant sorti en 2001). Si force est de reconnaître que tous les albums ne sont pas égaux, il est assez rare de nos jours d’avoir encore des groupes capables d’une telle fécondité artistique. Et “1977” est un excellent millésime dont le public courtraisien a pu déguster quelques extraits.

Bien qu’amputé de sa tête pensante pour la prestation de cette soirée, le trio (pour l’occasion) se démène pour assurer un show grandiose malgré la chaleur étouffante qui règne tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la salle. Au programme, un bel échantillon de morceaux qui envoient du bois : “Addiction No. 1” (tiré de l’album “Riddles Ruins & Revelations de 2021), le très entraînant “Dim Days of Dolor” (extrait de l’album éponyme de 2016), “Into the Night” (“Arcane Astral Aeons“, 2018), un premier extrait du nouvel album avec “Deadlight“, “Treasure n’ Treason” (2016), “Wintry Heart” (second extrait du nouvel opus “1977”), le très lyrique “In Styx Embrace” (2018) et “A Thousand Scars” (toujours extrait du dernier opus). La chanteuse française a même réussi à convaincre Morten de faire une reprise (très réussie) du tubissime “Voyage, voyage” (titre bonus sur l’album “Riddles Ruins & Revelations“) toujours très appréciée par le public présent.

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Ici encore, on n’a pas vu le temps passer et la fin de soirée se profile tout doucement à l’horizon. Encore le temps de quelques tubes comme “My Mind’s Eye” et “The Other Side“, tous deux tirés de “Nine Destinies and A Downfall” de 2006. Et un dernier souvenir tubissime pour finir en apotéose avec “The Path to Decay” (de l’album “The 13th Floor” de 2009).

Même en effectif réduit, Sirenia a assuré une prestation enthousiasmante. Nils a abattu un travail remarquable tandis qu’Emmanuelle s’est montrée particulièrement convaincante au chant, tant dans les compositions les plus récentes que dans les plus anciennes. Une grande pro qui communique aussi fort bien avec son public. Et quelle intensité lors de la reprise de Desireless. C’est la 4e ou la 5e fois que j’ai l’occasion de voir Emmanuelle sur scène avec Sirenia et chaque fois, elle m’impressionne un peu plus. Bref, vivement le prochain concert du combo norvgien!

Seul petit bémol de la soirée, des lumières beaucoup trop rudimentaires pour des artistes de ce niveau. Mais ne boudons pas notre plaisir car cette soirée de metal symphonique fut vraiment une très belle réussite.

 

 

 

Accréditations: Mike De Coene (Hard Life Promotion)

Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2023 Hugues Timmermans

 

 

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