Wildfest 2023 (jour 1): the boys are back in town

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En ce vendredi 19 mai, c’est sous un ciel ensoleillé que nous entamons notre pèlerinage annuel vers le temple attitré du Glam, Sleaze & Melodic Hard Rock. Le public semble un peu moins nombreux que l’année passée (le décompte final nous en dira plus par la suite), mais certainement pas moins enthousiaste. Des fans belges mais internationaux aussi, venus de France, de Suède, de Suisse, d’Italie… Tous avec une furieuse envie de s’en mettre plein les oreilles.

Le programme de la première journée est quelque peu chamboulé suite au désistement pour cause de maladie des Autrichiens de Madhouse. C’est donc au jeune groupe belge Cardinal que revient la difficile tâche d’ouvrir cette nouvelle édition du Wildfest. La musique de la formation basée à Louvai/Malines est Cardinal est à classer dans la catégorie hard rock, inspirée par les classiques du genre avec une touche discrète de modernité. Le look de l’équipe est plutôt BCBG, ce qui est inattendu pour un groupe de rock. Mais ne nos fions pas aux apparences. Au programme de ce premier set de la journée, des titres comme “Sign Of The Cross“, “Child Of The Night“, “NDA“, “Nightflyer” et “Slaying the Giant“. Le plus à l’aise sur scène est clairement le bassiste. La base est bonne mais le groupe a besoin de se forger une identité scénique. Saluons aussi l’excellente idée de terminer le set par une bonne reprise du classique “Maniac“. Bravo à eux, l’édition 2023 a bien commencé!

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À en juger par la crête iroquoise de son bassiste, on aurait pu penser qu’Osukaru est un groupe punk. Que nenni! La formation suédoise née dans sa forme actuelle en 2013 délivre un rock mélodique de qualité grâce à l’excellente voix de son chanteur. Il faut dire que la bande à Oz Osukaru compte déjà six réalisations à son actif, le dernier album en date “Starbound” étant sorti en 2021. Au programme de ce set très orienté heavy metal classique, une dizaine de jolie pépites: “Rise of the Underdog“, “You’ve Been Waiting“, “Tainted Heart“, “Hot Blooded Woman“, “Voodoo (Who Do?)“, “Change of Heart“, “Joker (In the House of Cards)“, “Shut It Out“, “Tear It Down” et “Starbound“. Soulignons l’excellente présence scénique de la formation scandinave. Le public n’hésite pas à chanter pour accompagner les artistes sur scène. Pour l’anecdote, le groupe compte parmi es membres un guitariste français. Et puisqu’on en est à parler de guitare, il faut reconnaître que le groupe manie le riff à un très bon niveau.

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En 2009, je me souviens d’avoir vu en première partie de House of Lords un groupe composé de 3 soeurs. La prestation de Kane’d m’avait assez bien plu à l’époque. C’est donc avec intérêt que j’ai découvert les 2 albums de Chez Kane parus sur le label Frontiers (la chronique du premier album est à lire ici). Et j’étais – je l’avoue – assez impatient de voir ce que cela donnerait sur scène. Et bien, le moins que l’on puisse dire, c’est que les festivaliers n’auront pas été déçus car le groupe et la chanteuse sortent une prestation hyper efficace basée sur des mélodies accrocheuses (peut-être un peu préfabriquées made in Frontiers) avec des musicos à la hauteur et une chanteuse vocalement douée. Certes un peu prévisible, mais le public apprécie, votre serviteur en tête. Le guitariste principal a une forte personnalité et bouge dans tous les sen. La chanteuse très à l’aise n’hésite pas à descendre dans le pit et même à aller à la rencontre du public composé de nombreux fans de l’artiste qui chantent les paroles des morceaux à tue-tête. Au menu, des titres comme “Love Gone Wild“, (The Things We Do) When We’re Young In Love“, “Too Late For Love“, “Mary On A Cross” (reprise de Ghost) ou encore “I Just Want You“. Le public participe avec enthousiasme à ce véritable voyage dans le temps qui nous ramène à la quintessence du rock des années ’80.

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La Suède encore à l’honneur avec Degreed, groupe rock originaire de Stockholm. Ce quatuor composé de Robin Eriksson au chant et à la basse,  Daniel Johansson à la guitare et aux choeurs, Mikael Jansson aux claviers et Mats Eriksson à la batterie, propose un rock mélodique puissant au son assez moderne intégrant des éléments de hard rock et de metal alternatif. Comme souvent en festival, pas le temps de faire un soundcheck digne de ce nom et les compères se lancent joyeusement dans la bagarre sans autre formalité. L’esprit et le son sont résolument rock. Le public semble un peu moins dru en début de set et l’ambiance est redescendue d’un cran malgré une prestation sans faute. Mais à mesure que s’égrainent les différents morceaux tirés des 6 albums qui composent la discographie du groupe, les rangs se resserrent et l’ambiance finit malgré tout par remonter grâce à l’enthousiasme du bassiste chanteur. Au menu (dans le désordre), notamment “Into the Fire“, “Tomorrow“, “Feed the Lie“,  “Lost Generation“, “Falling Down“, “Big Plans“, le tubissime “Shakedown” et “The Scam“. Les fans des Suédois sont heureux d’apprendre que le groupe remontera sur scène plus tard dans la soirée pour accompagner Ted Poley.

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Les artistes suédois dominent le genre mis à l’honneur par le Wildfest. Pour preuve, le groupe Confess qui prend le relai sur scène. Ce groupe aux 4 albums distille ses compositions excellentes basées sur la méldie et un son très clair. Le public adhère: on entend chanter de partout et les bras se lèvent au rythme de la musique. Malgré la chaleur qui règne dans la salle, rien ne semble pouvoir entamer l’enthousiasme des festivaliers visiblement conquis par le répertoire du groupe. “Bloodstained Highway” donne le coup d’envoi, suivi du tube “Malleus“. Viennent ensuite “Stand Our Ground“, “Strange Kind of Affection“, “Pay Before I Go“, “Is It Love“, “Burn ’em All“, “Haunting You“, “Relationshit” et une géniale reprise de l’inoxydable “What’s Love Got to Do With It” rendu célèbre par Tina Turner. Autant dire que Confess atteint un niveau exceptionnel et que le public est en transe. Certainement une des meilleures surprises du festival! Beaucoup regrettent que le set n’ait pas été plus long, tant la mayonnaise prenait. Quand grand moment ce fut!

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Pour celles et ceux qui ont écouté et réécouté les premiers albums de Danger Danger,  voir Ted Poley sur scène était sans doute un rêve. Après avoir enregistré 3 albums avec le groupe, il est éjecté et remplacé par Paul Laine. Il participera ensuite à plusieurs groupes tels que Bone Machine, Melodica et Poley/Pichler et sortira plusieurs albums solo avant de réintégrer Danger Danger en 2004. Quand on connaît la qualité du répertoire de ce groupe, on ne peut avoir que des attentes élevées. Dès son entrée sur la scène du Wildfest, Ted Poley se montre heureux d’être là, très communicatif avec le public et reconnaissant envers les organisateurs et les festivaliers présents. Des rumeurs rapportent cependant qu’il était moins sympathique en coulisse… Côté musique, l’artiste est toujours là mais le temps est passé par-là et sa voix n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était jadis. Les basses et les mediums sont encore là, mais les médiums supérieurs et les aigus sont aux abonnés absents. Malgré les ballons, les grimaces et une présence scénique incontestable, la prestation de l’artiste sexagénaire est entachée de problèmes de justesse. Qu’il n’y tienne. Le public prend le relai et reprend en choeur ces hymnes du rock mélodique. Parmi les titres interprétés, j’ai noté “New World“, “Horny S.O.B.“, “Monkey Business“, “Shot Of Love“, “Feels Like Love“, “Don’t Blame It On me“, “Don’t Walk Away“, “Bang Bang“, “Everybody“, “I Still Think About You“,  “Naughty Naughty” et “Hysteria“. Comme indiqué précédemment, la joie de retrouver ces grands morceaux en live a cependant été ternie par la maigre prestation vocale de l’artiste.

Ted Poley est venu seul et ce sont donc les membres du groupe Degreed qui lui servent d’accompagnateurs. Quand on sait qu’ils n’ont même pas eu l’occasion de répéter ensemble, on est admiratif devant le résultat. Ils méritent un grand coup de chapeau! Quant à Ted Poley, entièrement dans le trip festival, il n’hésite pas à descendre dans le pit et reste même chanter un second titre dans le public. Bref, une prestation en demi-teinte pour cette première tête d’affiche.

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Heureusement que la soirée n’est pas terminée et que les régionaux de l’étape viennent nous régaler de leur musique divine. C’est donc au tour de Wildheart de venir nous flatter les tympans. Et pour ça, on peut compter sur Farty (chant), Foxx et Juice (guitare), Stevie Dee (basse) et Thunderberck (batterie). Pour le set de ce soir, le groupe a largement le choix entre les nombreuses pépites de son répertoire: «A Stranger’s Eyes» , «Lovehunter», «Fire in the hole» (nouveau morceau), «Rumours», «On My Way», «No Love» , «One Way Ticket To Paradise», «The Winner’s Always Right», «Dutch Courage», «Good To Be Bad» et «Never Let Go». Le public est ravi d’entendre (enfin) deux nouvelles compos du groupe qui plait toujours autant. Avec ses chœurs et ses guitares qui font mouche, ses compositions fluides et une présence scénique de mieux en mieux maîtrisée, le groupe assure toujours autant et vous replonge dans la scène rock des années 80 avec un réalisme stupéfiant. Cela tombe plutôt bien puisque le public est justement venu pour cela!

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Bref, on ne pouvait rêver mieux pour finir la première journée de cette très belle édition du Wildfest. Il est temps de recharger les batteries des appareils photos pour être fin prêt demain matin!

A suivre…

 

Accréditations: Mike De Coene (Hard Life Promotion) et Wildfest

Texte: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos © 2022 Hugues Timmermans

 

 

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