40 WATT SUN – Perfect light

0 Participations
Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Avec les temps et les années s’accumulant sur ses épaules, il semble que Patrick Walker s’assagit et se calme de plus en plus, glissant tout doucement vers une fascination pour les chansons triste et lentes. On remarque cette évolution quand on reprend la carrière du bonhomme dès le début, avec le groupe Warning, formé en 1994. Warning sort deux albums de doom metal, ʺThe strength to dreamʺ (1999) et ʺWatching from a distanceʺ (2006), considéré comme l’œuvre supérieure du groupe. On y trouve en effet de gros riffs typiques du doom, avec un rythme de procession funéraire et une tristesse à faire passer Leonard Cohen pour l’animateur d’un groupe de majorettes.

Puis, Warning se met en veilleuse à partir de 2009, afin de laisser Patrick Walker et le batteur de Warning, Christian Leitch, monter 40 Watt Sun, un groupe qui démarre avec un mélange de doom et grunge encore assez électrifié sur le premier album ʺThe inside roomʺ (2011). Les années passent et 40 Watt Sun (qui tire son nom d’une ligne de la chanson ʺEmerald linesʺ de Marillion) sort son deuxième album ʺWider than the skyʺ en 2016. Moins électrifié que son prédécesseur, cet album confirme la tendance du groupe à l’écriture de longues chansons frisant ou dépassant souvent les dix minutes, au rythme lent et à la mélancolie dominante.

On laisse encore filer quelques années (le temps que Patrick Walker remonte Warning pour une série de tournées des festivals passées à rejouer le deuxième album dans son intégralité) et voici 40 Watt Sun de retour avec un line-up sensiblement différent, la section rythmique étant maintenant tenue par Andrew Prestidge (batterie, collègue de Patrick Walker dans le Warning reformé) et Alasdair C. Mitchell (basse, qui remplace William Spong). Le groupe est surtout de retour avec un album qui va encore plus loin dans le calme et le retrait de l’électricité au profit de l’acoustique.

Ici, sur ce ʺPerfect lightʺ, à l’instar que ce qu’Opeth avait pu faire à une époque, 40 Watt Sun opte pour l’acoustique pure, dénuée de tout artifice électrique. Au prix actuel du kilowatt/heure, c’est peut-être aussi un choix économique. Mais c’est surtout une superbe réussite artistique, d’une beauté et d’une délicatesse à couper le souffle. Il faut se mettre en mode mélancolique, le genre à rester assis sur le bord d’un canal, à regarder passer les molles péniches qui glissent lentement le long de l’eau, avec rien d’autre à faire que de laisser traîner ses pensées dans le vide. Et là, le premier morceau ʺRevealʺ, avec la voix grave de Patrick Walker, vous fauche et fait monter la pression sur les glandes lacrymales. 40 Watt Sun signe ici une des plus belles chansons d’amour qu’il m’ait été donné d’entendre, cathédrale de beauté et de tristesse.

En fait, Patrick Walker a réalisé cet album seul en s’accompagnant de musiciens de passage. Nombreux sont les bassistes, batteurs et pianistes qui participent à un ou deux morceaux au cours de l’enregistrement de cet album qui se déroule finalement sur une année. Le rythme est donc lent partout, y compris dans le calendrier de travail mais encore une fois le résultat est bouleversant, avec ces huit chansons qui sont toutes d’un calme olympien et d’une mélancolie à faire fondre en larmes n’importe quel taliban afghan. Il faut être bien prêt mentalement pour recevoir cette grâce larmoyante car quand on écoute ce disque, tout s’arrête. Si vous sortez d’un enterrement ou procédure de licenciement, ce n’est pas le moment de mettre vos oreilles là-dedans. Attendez quand ça ira mieux, mais allez-y car cet album est tout simplement grandiose.

Bon, je suis devenu trop spongieux à force d’avoir écouté cette merveille, je vais aller me sécher et me durcir à nouveau l’âme avec une petite cure de Morbid Angel, tiens.

Le groupe :

Patrick Walker (chant, guitare, basse, piano, synthés)
Nicola Hutchison (violon et chœurs)
Roland Scriver (basse)
Andy Prestidge (batterie et percussions)
Lorraine Rath (basse)
Theodore Howarth (piano)
Pat Crilly (mandoline)
Dave Walsh (batterie)
Ajit Gill (batterie)
Ryan Cowell (basse)
Chris Redman (piano)

L’album :

ʺRevealʺ (08:46)
ʺBehind My Eyesʺ (11:34)
ʺUntilʺ (08:19)
ʺColoursʺ (04:19)
ʺThe Spaces in Betweenʺ (09:41)
ʺRaise me upʺ (09:46)
ʺA Thousand Milesʺ (09:08)
ʺClosureʺ (05:54)

https://40wattsunmusic.bandcamp.com/album/perfect-light
https://www.facebook.com/40wattsun

Pays: GB
Svart Records
Sortie: 2022/01/21

Laisser un commentaire

Music In Belgium