AMGALA TEMPLE – Invisible Airships

4 Participations
Notre évaluation
L'évaluation de lecteur
[Total: 0 Moyenne: 0]

Pour les historiens et les géographes, Amgala est une localité située dans le Sahara, dans une zone faisant l’objet d’incessants conflits entre les forces espagnoles à l’époque du Sahara espagnol, puis marocaines contre le front Polisario, pour le contrôle et l’indépendance de ce qu’on appelle le Sahara occidental. Amgala a fait l’objet de pas moins de trois batailles, deux en 1976 et une en 1989. On ne sait pas s’il y a un temple là-bas mais les trois musiciens norvégiens qui ont choisi ce nom ne l’ont sans doute pas fait en référence à des activités guerrières mais plutôt dans une optique plus pacifique, genre méditations orientales et trip psychédélico-électrique baignant néanmoins dans une bonne couche de jazz progressif volontiers heavy.

Amgala Temple est le résultat de l’association entre musiciens originaires d’Oslo et qui ont déjà de gros CV dans des participations à divers groupes, artistes et projets musicaux de tous genres. Lars Horntveth (basse, synthétiseurs), Amund Maarud (guitare) et Gard Nilssen (batterie) ont en effet opéré chez Jaga Jazzist, Susanne Sundfør, Todd Terje, Morudes, Bushman’s Revenge, a-ha ou Acoustic Unity, autant d’artistes norvégiens qu’à part a-ha, j’avoue ne pas connaître.

Mais peu importe ce que ces trois gaillards ont fait par le passé, ce qui compte, c’est leur premier album ensemble, un «Invisible Airships» qui donne sans complexe dans des sonorités jazz et rock progressif environnés de sérieuses ruades de guitares. L’album ne contient que cinq titres mais il fait tranquillement ses 45 minutes, avec plusieurs morceaux frôlant ou franchissant allégrement le seuil des dix minutes. Ici, pas de chanteur braillard et poseur, tout est dans l’instrumental et c’est essentiellement la guitare qui mène le bal.

Le trio privilégie l’improvisation qui aboutit à de grandes envolées de guitares nourries à la testostérone de tricératops («Fleet ballistic missile submarine»). Les choses restent néanmoins sous contrôle et on sent la grande maîtrise instrumentale de ces garçons («Bosphorus» et les prouesses rythmiques de la batterie, «The eccentric»). Quelques incursions dans le monde du psychédélisme plus planant ne sont pas oubliées non plus («Moon Palace»). Ce dernier morceau donne lieu à une intrication progressive des instruments pour offrir en fin de compte de nouvelles occasions à la guitare d’Amund Maarud de briller dans des solos olympiens. Pour les similitudes de style, on peut penser à un croisement entre Soft Machine, le Mahavishnu Orchestra, les œuvres solos de Peter Green et des choses plus néo-prog à la scandinave, genre Anekdoten ou Höyry-kone.

L’album a été vite mis en boîte, en quelques jours, au studio Konserthus d’Oslo ainsi qu’aux studios Amper Tone. Il y a tout lieu de penser qu’Amgala Temple n’a pas perdu son temps dans les frivolités des techniques modernes d’enregistrement et a mené tout le boulot à l’ancienne : groupe soudé, peu de prises, grosses répétitions avant d’entrer en studio. D’après ce que l’on sait, il semble que ce premier album sera bientôt suivi d’une série de petits frères par le biais du label Pekula Records. Voici une nouvelle intéressante et on attend les prochains épisodes de la saga Amgala Temple avec impatience.

Découvrez aussi la page FaceBook du groupe

Pays: NO
Pekula Records
Sortie: 2018/12/07

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!