APPLE JELLY – Die, motherfucker, die !!!

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Il est des œuvres qui sont parfois difficiles à accoucher. C’est le cas de cet album d’Apple Jelly, un consortium électro-dance lyonnais qui n’en était pourtant pas à ses débuts. Après les albums ʺRadio B92ʺ (2000), ʺHomeʺ (2003) et ʺNa na na clubʺ (2008), le groupe formé par SLip et BEnn avait l’intention de continuer sur sa lancée avec un quatrième opus mis en chantier dès 2013. Et puis le temps passe, les années s’écoulent et ce disque reste sur les cales. Les hommes d’Apple Jelly émettent encore quelques signes de vie avec un projet parallèle Oh Boy ! en 2016 mais il n’y a rien de bien conséquent.

Pourtant, cet album de 2013, le public ayant vu Apple Jelly sur scène le connaissait un peu, étant donné que de nombreuses chansons en étaient extraites lors des concerts que le groupe effectuait à l’époque. Un enregistrement existait même, mis sur bande par Bruno Preynat, mais ces dix titres restaient résolument enfermés dans un tiroir. Comme Apple Jelly connaît ensuite quelques dérives dans sa carrière, tout reste dans l’ombre jusqu’à ce jour de 2019 ou SLip et BEnn décident de se remettre à l’ouvrage, embauchant même leur batteur original Fat Kick Jo.

Bruno Preynat sort les bandes du tiroir, en retire la poussière et remixe le tout pour donner aux dix chansons une sonorité plus actuelle. La philosophie de l’album, elle, n’a pas besoin d’être revue puisque le groupe avait écrit des chansons sur la décrépitude de la société moderne, un thème toujours d’actualité en 2020… L’album ʺDie, motherfucker, die !!!ʺ retrouve donc la superbe qu’il aurait toujours dû avoir, avec ses titres dansants aux rythmiques puissantes, un voyage entre Hot Chips et LCD Soundsystem. En mars 2020, la plage titulaire de l’album est même sélectionnée par le festival Berlin Music Video Awards qui le met en concurrence avec des chansons des Chemical Brothers, Thom Yorke, Foals ou Travis Scott.

Et puis, pour continuer dans la poisse et les contretemps, le coronavirus vient geler l’industrie musicale mondiale pour une période indéterminée. Mais qu’importe, Apple Jelly décide quand même de faire décoller son disque au milieu du marasme. On verra ce que ça donnera au niveau commercial mais sachez déjà que cet album est une petite pépite, entre disco punk et R&B déviant à la Billie Eilish. Deux longs morceaux entourent en début et fin d’album des chansons plus courtes aptes à faire chauffer les dance-floors. Le groupe allie insouciance disco (ʺWalking bassʺ) et regard amer sur la société (ʺControlʺ), faisant danser son monde sur la bande-son d’un monde en proie au questionnement et à l’angoisse. Le chant résonne parfois comme du Bowie (ʺDance with meʺ) ou du Bryan Ferry (ʺSynchronizedʺ) et les ponts avec les années 80 s’établissent souvent de manière évidente (l’anachronique ʺLeaving 2012ʺ, qui rappelle que l’album a été écrit en 2013). Ce sont surtout les morceaux longs qui impriment ici une marque forte, comme le superbe ʺThe end of our ageʺ qui termine l’album avec près de huit minutes d’intensité électronique et dansante.

Que les gens d’Apple Jelly se rassurent, ils n’ont pas perdu sept années pour éditer cet album, ils ont simplement pris le temps d’attendre et ils marquent de toute façon des points puisque leur musique n’a pas pris une ride entre 2013 et 2020.

Le groupe :

Benn.
Slip
Fat Kick Jo
Théo
Axel

L’album :

ʺDie, Motherfucker! Die!!!ʺ (07:42)
ʺControlʺ (03:25)
ʺWalking Bassʺ (02:39)
ʺSynchronizedʺ (04:08)
ʺLeaving 2012ʺ (03:56)
ʺDance With Meʺ (04:56)
ʺTake It Leave Itʺ (02:40)
ʺGirls Of Parisʺ (02:29)
ʺMoney Meʺ (03:37)
ʺThe End Of Our Ageʺ (07:49)

https://applejelly.bandcamp.com/album/d-m-d
https://www.facebook.com/pg/WeareApplejelly/about/?ref=page_internal

Pays: FR
Autoproduction
Sortie: 2020/09/25

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