BODY COUNT – Carnivore

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Pas à dire… Depuis quelques années, le mythique combo rap metal Body Count semble revenir plus fort que jamais à chaque nouvel album. La dernière rondelle en date, ʺCarnivoreʺ, est là pour le prouver. Cet album peut d’ailleurs être considéré comme achevant une trilogie commencée avec ʺManslaughterʺ en 2014, poursuivie avec ʺBloodlustʺ en 2017 et terminée avec ce ʺCarnivoreʺ dont le titre évoque encore, comme les précédents, une certaine orientation charcutière dans les propos tenus par le chanteur Ice-T et ses sbires.

Eh oui, Ice-T, 62 ans cette année, est toujours vaillant et hargneux en 2020. Son vieux camarade guitariste Ernie C aussi. Depuis 1990, ces deux lascars tiennent les rênes de Body Count qui, après ses deux chefs d’œuvre ʺBody countʺ (1992) et ʺBorn deadʺ (1994) a connu quelques hauts et quelques bas (notamment avec le décès de trois de ses membres originaux) et un espacement certain de la sortie de ses albums entre 1997 et 2014. Mais depuis six ans, Body Count est de retour et enfonce toujours un peu plus le clou de sa puissance sur la chair mourante de notre société corrompue.

Cette année, Body Count joue le même jeu dans la même couleur, avec un album qui adopte les mêmes caractéristiques que son prédécesseur, avec les mêmes musiciens, des invités et quelques reprises, comme sur l’album ʺBloodlustʺ. Sauf que cette fois-ci, ça dépote encore plus que sur le précédent album. Oui, les hommes de Body Count tiennent la grande forme, sont remontés comme jamais contre le monde actuel et sortent les griffes. Ice-T (chant), Ernie C (guitare), Vincent Price (basse), Juan of The Dead (guitare rythmique), Ill Will (batterie), Sean E. Sean (samplers et chœurs, membre original absent entre 2003 et 2008) et Little Ice (hype man et chœurs) ont composé une nouvelle série de titres tueurs qui font place nette et derrière lesquels rien ne repousse. On parlait d’invités et de reprises, les voici : Riley Gale (de l’excellent groupe thrash metal US Power Trip) sur ʺPoint the fingerʺ, Jamey Jasta (Hatebreed) sur ʺAnother levelʺ et Amy Lee (Evanescence) sur ʺWhen I’m goneʺ. La reprise, toujours annoncée par quelques mots d’Ice-T (comme sur celle de ʺReign in bloodʺ de Slayer sur ʺBloodlustʺ) est un hommage à Lemmy de Motörhead, avec un ʺAce of spadesʺ velu. En parlant de reprises, Ice-T glisse également deux de ses morceaux issus de sa carrière solo : ʺColorsʺ et ʺIn tha morningʺ (qui ne figure que sur l’édition vinyle et la version double CD commercialisée par Century Media), le tout dans des directions sérieusement métallisées.

Et pour les nouveaux morceaux, c’est un festival de violence et de colère qui aplatit l’auditeur. Body Count démarre son album avec ce que l’on appelle en langage militaire une prise en main (si on est à l’instruction) ou une préparation d’artillerie lourde (si on est à la guerre). Les trois morceaux ʺCarnivoreʺ, ʺBum-rushʺ et ʺPoint the fingerʺ s’abattent sur les tympans avec un fracas de blockbuster, en mode pilonnage massif. Ce tapis de bombes initial met tout de suite les choses au point, ça va être du lourd, du très lourd tout au long de l’album. Après que la reprise de ʺAce of spadesʺ a fait son petit effet dévastateur, le rouleau compresseur impitoyablement rap et métal reprend sa course avec un nouveau trio de bombes à fragmentation (ʺAnother Levelʺ, ʺColorsʺ, ʺNo remorseʺ, rien à voir avec une quelconque reprise de Metallica). C’est alors que les hommes de Body Count ont la bonne idée d’innover avec un morceau plus profond en âme parlant de l’assassinat de l’activiste, entrepreneur et rappeur Nipsey Hussle, faisant intervenir le chant féminin d’Amy Lee, qui compense notablement la dureté de l’interprétation faite par Ice-T. Après ce moment émotion, le carnage reprend sur la bonne vieille formule du chant rappé au milieu d’une tonne de riffs rageurs, avec les tout aussi efficaces ʺThee critical beatdownʺ et ʺThe hate is realʺ. Au milieu des détonations de flingues et des coups de poing, Body Count nous sort des chansons couillues qui sont parmi les meilleures qu’il ait composées.

On soulève donc sa casquette posée à l’envers et on salit le genou du pantalon de survêtement Nike en le posant au sol devant cette performance de vieux briscards qui n’ont rien perdu de leur énergie et de leur hargne. Il faut dire que l’état calamiteux du monde moderne est une source infinie d’inspiration pour la colère et la révolte. Si Body Count peut encore nous sortir quelques albums de cet acabit d’ici la fin de l’ère humaine, on sera bien content.

Le groupe :

Ice-T (chant)
Ernie C (guitare)
Vincent Price (basse)
Juan of The Dead (guitare rythmique)
Ill Will (batterie)
Sean E. Sean (samplers et chœurs)
Little Ice (hype man et chœurs)

L’album :

ʺCarnivoreʺ (03:12)
ʺPoint The Fingerʺ (02:38)
ʺBum-Rushʺ (03:23)
ʺAce of Spadesʺ (03:00)
ʺAnother Levelʺ (04:12)
ʺColors – 2020ʺ (04:25)
ʺNo Remorseʺ (03:13)
ʺWhen I’m Goneʺ (04:35)
ʺThee Critical Beatdownʺ (03:12)
ʺThe Hate Is Realʺ (04:01)

https://www.facebook.com/bodycountofficial/

Pays: US
Century Media
Sortie: 2020/03/06

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