CHALICE OF SUFFERING – Lost eternally

23 Participations

Notre évaluation
L'évaluation de lecteur
[Total: 0 Moyenne: 0]

Déjà remarqué avec un premier album ʺFor you I dieʺ en 2016, le combo américain de doom metal funéraire Chalice Of Suffering revient avec son deuxième opus ʺLost eternallyʺ, sorti sur le label indien Transcending Obscurity. Les limiers de cette sympathique maison de disques ont toujours le flair pour dégotter dans les recoins perdus de notre planète le groupe de métal extrême qui a le petit quelque chose en plus et qui peine à se faire reconnaître sur ses propres terres. Ici, c’est à Minneapolis que Transcending Obscurity est allé trouver ce Chalice Of Suffering, qui a bien des choses à nous transmettre pour nous faire tomber dans la dépression et le désespoir les plus noirs.

Le groupe est animé par un gang de musiciens dont la moyenne d’âge vient de franchir la quarantaine, l’âge de la maturité et de la réflexion, l’âge où on abandonne peu à peu l’énergie pure pour se consacrer à des effets moins spectaculaires mais non dénués de puissance. C’est ce que l’on trouve ici chez John McGovern (chant), Will Maravelas (guitare/claviers), Aaron Lanik (batterie), Nikoley Velev (guitare/claviers/batterie) et Neal Pruett (basse), qui n’en sont pas à leurs premiers méfaits. Si l’on scrute le CV de ces garçons, on découvre des implications dans un nombre considérable de groupes extrêmes du Minnesota, comme Coffinrot, Insect Death, Plague Of Stars, We Are Legion, Distorted Reality, Historian, Inspell, Scapegoat, Darkmoon Rising, Grond, etc.

Comme dit au début, Chalice Of Suffering évolue plutôt dans le doom metal mais un doom metal assez particulier puisqu’il s’agit du sous-genre funéraire. Déjà que le doom en général, ce n’est pas forcément très gai, alors, le doom metal funéraire, vous imaginez… De quoi faire passer My Dying Bride pour des revendeurs de farces et attrapes et imaginer Baudelaire employé comme clown au cirque Bouglione. Dans le doom funéraire, tout est plus triste, plus lent, plus las, plus fatigué que partout ailleurs. Vous ne savez pas quoi choisir comme musique d’accompagnement aux funérailles de votre arrière-grand-mère? Plutôt que de vous emmerder avec du Tino Rossi, glissez un petit coup de doom funéraire dans les haut-parleurs de la chapelle… Je décline toute responsabilité dans les vagues de suicides qui suivront.

Dans le genre, Chalice Of Suffering respecte tous les codes. Les longs titres de neuf à dix minutes constituent la majorité des morceaux de l’album, avec des atmosphères désespérées et morbides, engluées dans des rythmes tournant au ralenti. Le batteur donne un coup de baguette sur sa caisse claire, va boire un café au fond du studio et revient sur son kit pour donner le coup de baguette suivant. Le chanteur énonce des litanies monotones sur des nappes de claviers subtils et évanescents. On pense parfois à Type O Negative pour ce qui est de l’inspiration. Les spécialistes du genre pourront aussi y reconnaître des influences héritées d’Evoken, Skepticism, Ossuarium ou My Dying Bride.

Bref, on rit et on s’amuse à Disneyland mais ces propos ne sont que faussement moqueurs car il faut reconnaître que Chalice Of Suffering mène très bien sa barque sur les eaux noires du Styx qui s’enfoncent dans les profondeurs de la terre. Quelques invités viennent ajouter encore davantage d’ambiance et on peut retrouver ici Danny Woe de Woebegone Obscured (sur ʺEmancipation of painʺ), Demonstealer de Demonic Resurrection (sur ʺMiss me, but let me goʺ), Giovanni Antonio Vigliotti de Somnent (sur ʺLost Eternallyʺ) et Justin Buller de Wolvenguard et In Oblivion (sur ʺThe hurtʺ).

Le doom atmosphérique et funéraire de Chalice Of Suffering est porté ici à son niveau le plus cruel et le plus dépressif. Le secret de fabrication réside dans les ambiances profondes et sombres qui hantent ce disque, idéal pour les longs hivers passés dans les cryptes. Pas de bol, l’album sort au printemps et c’est peut-être son seul défaut.

Le groupe :

John McGovern (chant)
Will Maravelas (guitare/claviers)
Aaron Lanik (batterie)
Nikoley Velev (guitare/claviers/batterie)
Neal Pruett (basse)
Kevin Murphy (cornemuse)

L’album :
1. In the mist of once was
2. Emancipation of pain
3. Forever winter
4. Lost eternally
5. The hurt
6. Miss me, but let me go
7. Whispers of madness

https://chaliceofsuffering.bandcamp.com/
https://www.facebook.com/ChaliceOfSuffering/

Pays: US
Transcending Obscurity
Sortie: 2019/04/19

Laisser un commentaire

Do NOT follow this link or you will be banned from the site!