CLOSURE IN MOSCOW – Pink Lemonade (réédition de 2014)

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Nous retrouvons Closure In Moscow et leur deuxième album, paru en 2014. Pour mémoire, à l’occasion des chroniques sur l’EP ʺThe penance and the patienceʺ (2009) et le premier album ʺFirst templeʺ (2010), nous avons eu l’occasion d’exprimer tout le bien que l’on pensait de ce groupe australien débarqué de la planète Mars, Mars Volta pour être plus précis. Car le groupe monté en 2006 par Christopher de Cinque (chant), Mansur Zennelli (guitare et chœurs), Michael Barrett (guitare), Beau Mckee (batterie) et Brad Kimber (basse) n’a jamais pu vraiment se départir d’une lourde influence transmise par Mars Volta, un des groupes les plus géniaux du début du 20e siècle.

Nous avions vu que Closure In Moscow était peu à peu monté en puissance avec les premiers éléments de sa discographie, qui allaient briller sur ʺFirst templeʺ. Mais avec ʺPink lemonadeʺ, on doit reconnaître que le groupe de Melbourne révèle son œuvre la plus aboutie.

Ce deuxième album parvient en effet à rassembler les billes dispersées sur le premier disque pour les remettre encore une fois en valeur, avec davantage de cohérence tout en diversifiant les styles, ce qui n’est pas rien. Ensuite, le groupe corrige les défauts de jeunesse de ses premiers disques. La musique était trop influencée par Mars Volta ? On s’éloigne de cette ombre, qui reste présente mais laisse germer un style beaucoup plus personnel à Closure In Moscow, qui associe ici post-hardcore, psychédélisme, funk et R n’B, histoire de mettre plus de couleurs dans les propos. Le chant avait tendance à en faire un peu trop et à couvrir les autres instruments ? Christopher de Cinque trouve ici le ton juste, brillant toujours sur des vocalises scintillantes et explosives mais agissant en meilleur osmose avec les autres instruments, qui s’expriment au mieux.

Également, la prévisibilité qu’on avait pu ressentir sur la seconde partie de ʺFirst templeʺ est ici oubliée. Closure In Moscow parsème son album de titres au style sans cesse renouvelé. On ne sait jamais à quoi s’attendre et il faut parcourir tout l’album pour s’apercevoir que, oui, aucun morceau ne frappe jamais deux fois au même endroit. On part d’une petite introduction nébuleuse (ʺThe foolʺ) pour plonger immédiatement au cœur des débats, s’élevant déjà très haut sur la plage titulaire ʺPink lemonadeʺ qui bondit partout et change sans cesse de rythme. La même folie règne sur ʺNeoprene byzantineʺ où Christopher de Cinque est assisté au chant par Kitty Hart et ses miaulements de chatte ensorceleuse. Les ambiances seront beaucoup plus dansantes sur ʺSeeds of goldʺ et ses rythmiques funk bien appuyées, tandis que ʺThe Brahmaton songʺ inaugure la partie centrale de l’album, qui lévite vers les sommets avec les trois morceaux suivants, ʺDinosaur Boss Battleʺ, ʺMauerbauertraurigkeitʺ et ʺThe church of the technochristʺ. Ici, ces titres tournent autour des sept minutes de moyenne et sont le prétexte à des envolées heavy prog ou psychédéliques jouissives.

Closure In Moscow pousse même l’éclectisme jusqu’à terminer son album avec un morceau en japonais, illustrant parfaitement l’esprit de la J-pop, la pop japonaise, délicieusement niaise et dansante. Ici, il faut des locuteurs du cru et c’est Midori Kurihara qui se charge de chantonner sur ʺピンク レモネードʺ, final curieux et décalé, dont le titre signifie limonade rose, c’est-à-dire l’intitulé de l’album. Donc, si tout cela est bien foufou, il y a quand même une logique à cette fin pour le moins surprenante.

Closure In Moscow confirme ici son statut de groupe créatif et très intéressant. On attend toujours la suite des événements, qui sont en suspens mais il paraît que le groupe bosse sur un troisième album. On attend tout cela avec impatience.

Le groupe :

Christopher de Cinque (chant)
Mansur Zennelli (guitare et chœurs)
Michael Barrett (guitare)
Salvatore Aidone (batterie)
Duncan Millar (basse)

L’album :

ʺThe Foolʺ (1:33)
ʺPink Lemonadeʺ (8:14)
ʺNeoprene Byzantineʺ (3:54)
ʺSeeds of Goldʺ (3:41)
ʺThat Brahmatron Songʺ (9:30)
ʺDinosaur Boss Battleʺ (6:20)
ʺMauerbauertraurigkeitʺ (7:25)
ʺThe Church of the Technochristʺ (6:46)
ʺBeckon Fireʺ (4:02)
ʺHappy Daysʺ (5:38)
ʺピンク レモネードʺ (3:29)

https://closureinmoscow.bandcamp.com/album/pink-lemonade
https://www.facebook.com/closureinmoscow

Pays: AU
Bird’s Robe Records
Sortie: 2022/02/04

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