DESERTED FEAR – Doomsday

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Quand j’ai vu arriver ce nouvel album de Deserted Fear sur ma table de travail, je me suis souvenu du pénible et ennuyeux précédent album ʺDrowned by humanityʺ (2019), faisant lui-même suite à un ʺDead Shores risingʺ (2017) qui avait été très peu du goût de mon camarade Michel Serry, qui en avait fait la chronique à l’époque. C’est donc avec la mitrailleuse lourde chargée à ras-bord de balles traçantes en titane de synthèse, prête à ouvrir le feu à la moindre faiblesse, que j’ai abordé ce nouvel album du trio allemand, le cinquième d’une carrière entamée à Eisenberg il y a une quinzaine d’années.

Mais le doigt a fini par abandonner la détente de mon arme fatale, à l’écoute d’un album qui s’est finalement annoncé moins soporifique que prévu. Alors que je m’étais ennuyé au bout de huit minutes sur le précédent album, mes paupières n’ont commencé à s’alourdir ici qu’à partir de la 19e minute, progrès remarquable. Et même, cette petite baisse de régime n’aura pas duré bien longtemps puisque le seconde partie d’album a connu un coup de fouet avec l’intervention de titres beaucoup moins mélodiques que les morceaux du début. Deserted Fear a en effet retrouvé sur cette deuxième partie son esprit combatif qui avait fait les beaux jours des premiers albums ʺMy empireʺ (2012) et ʺKingdom of wormsʺ (2014), à un moment où le groupe chassait sans vergogne sur les terres de Bolt Thrower ou Asphyx.

Et donc les choses se déroulent de la manière suivante. Après une petite introduction en mode ʺSeigneur des anneauxʺ, Deserted Fear lance ses divisions blindées sur nos tympans avec une première vague de titres puissants, dont ʺPart of the endʺ est sans doute le meilleur fleuron. Riffs murés, voix d’ogre et mélodie dans les solos constituent la teneur de ce premier titre, qui se retrouve rejoint par des compositions de même nature par la suite (ʺIdols of triumphʺ, ʺFollow the lights that blindsʺ). Au bout de la quatrième couche (ʺFall from graceʺ), on se dit que l’ambiance de l’album est posée et qu’une petite évolution vers autre chose serait bienvenue. Certes, il y aura ʺAt its endʺ, court intermède de 43 secondes au piano qui apporte de la nouveauté mais tout cela est très bref et laisse la place à un ʺReborn paradiseʺ qui sent de plus en plus la redite.

Enfin, une seconde phase un peu plus brutale apparaît à partir de ʺThe one desireʺ, qui laisse place à des guitares plus agressives, une rythmique plus compacte et des accélérations. Là, on sent la frustration s’exprimer davantage, surtout quand on sait que les gens de Deserted Fear ont passé une partie de leur confinement covidien à ne pas trop pratiquer leur musique et attendre au contraire que l’envie revienne dans son entièreté. On retrouve cette envie d’en découdre sur des titres parfois très bons, comme ʺCall of emptinessʺ qui met en lice des sinistres riffs angoissants, bien dans l’esprit du death metal old school, ou encore ʺVoices of fireʺ ou ʺDoomsdayʺ, qui allient des aspects un peu plus sinistres et une approche toujours mélodique mais un peu moins voyante.

Pour ceux qui se procureront l’édition CD de luxe de ʺDoomsdayʺ, ils auront encore droit à un titre bonus (ʺFuneral of the Earthʺ) et une reprise d’un morceau d’In Flames, ʺArtifacts of the black rainʺ. Le choix d’In Flames est assez éclairant sur les préoccupations mélodiques de Deserted Fear, un groupe complètement resté fidèle au death metal authentique ayant sans doute choisi un autre modèle (un bon vieux morceau d’Entombed ou de Morbid Angel, par exemple).

Il y a ici un léger mieux pour ce nouvel album de Deserted Fear par rapport à ses deux efforts précédents mais ce n’est pas une raison pour leur donner le bon Dieu sans confession. Personnellement, j’attends encore de nouvelles garanties de méchanceté pure de la part de ce groupe avant d’adhérer complètement à sa vision du death metal.

Le groupe :

Manuel Glatter (chant, guitare)
Fabian Hildebrandt (guitare, basse)
Simon Mengs (batterie)

L’album :

ʺIntroʺ (1:23)
ʺPart of the Endʺ (5:47)
ʺIdols of Triumphʺ (3:16)
ʺFollow the Light That Blindsʺ (3:45)
ʺFall from Graceʺ (4:12)
ʺAt Its Endʺ (0:43)
ʺReborn Paradiseʺ (4:59)
ʺThe One Desireʺ (4:27)
ʺCall of Emptinessʺ (3:31)
ʺVoices of Fireʺ (4:15)
ʺDoomsdayʺ (5:09)
ʺFuneral of the Earthʺ (4:11)
ʺArtifacts of the Black Rainʺ (3:15)

https://www.facebook.com/desertedfear

Pays: DE
Century Media
Sortie: 2022/03/04

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