DIRTY SHIRLEY – Dirty Shirley

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Devinette : si on retire le n du prénom de Dino Jelusic, on obtient quoi? Dio, bien entendu, et c’est une des premières références qui vient à l’esprit quand on découvre l’album ʺDirty Shirleyʺ de Dirty Shirley. Le chant très puissant de Dino Jelusic s’impose naturellement, avec en plus des intonations à la David Coverdale, ce qui ne gâche rien. Quand on se penche sur le CV de Dino Jelusic, citoyen croate, on risque fort d’être surpris. Ce garçon né en 1992 est donc pour l’instant âgé de 27 ans (l’âge dangereux pour un rocker) mais ses activités professionnelles remontent à sa prime enfance puisqu’il a commencé à chanter à trois ans, a débuté sur scène à cinq ans et a décroché le premier prix de l’Eurovision Junior en 2003, alors qu’il était âgé de onze ans. Si vous voulez vous marrez un bon coup, allez visionner sur YouTube la chanson ʺTi si moja prva ljubavʺ chantée par le jeune moufflet à l’époque. C’est le genre d’exploit passé qu’on peut jeter à la figure du désormais velu hard-rocker Dino Jelusic si on veut lui faire un peu de tort.

Mais finalement, le môme a bien évolué puisqu’il a découvert la sainte voie du métal et qu’il a vite abandonné la daube pop pour se consacrer au hard rock avec son groupe Animal Drive. Ce combo réalise seulement un album et un EP de reprises mais c’est suffisant pour attirer l’attention du show business sur ce chanteur plus que doué. En l’occurrence, c’est le label italien Frontiers Music qui repère le jouvenceau et le prend sous son aile, avec un petit contrat à la clé et une proposition de monter un groupe avec le légendaire George Lynch (Dokken, Lynch Mob). Tout individu normalement constitué ne peut résister à une telle offre et voilà donc lancé le projet Dirty Shirley.

Avec un monstre sacré du genre de George Lynch à la manœuvre, ce nouveau groupe va vite s’enrichir de quelques pointures, dont Will Hunt, le batteur d’Evanescence et Black Label Society, entre autres, la basse étant tenu par Trevor Roxx. L’album ʺDirty Shirleyʺ va donc logiquement ressembler à une rencontre entre Whitesnake et Dokken, le tout rehaussé de la voix d’exception de Dino Jelusic. Avant de s’attaquer au contenu, on aura aussi un commentaire sur la pochette de l’album, qui est l’adaptation moderne d’un des plus célèbres tableaux de la peinture classique américaine de la première moitié du 20e siècle : ʺAmerican gothicʺ de Grant Wood (1891-1942). Le tableau d’origine représente un paysan austère équipé d’une fourche, posant avec sa fille, tout aussi austère, devant une petite maison de bois qui existe vraiment et qui se situe à Eldon dans l’Iowa. L’histoire raconte que les modèles ont été peints indépendamment de la maison et qu’il s’agissait de la sœur de Grant Wood, ainsi que son dentiste. La pochette de l’album de Dirty Shirley représente toujours cette maison, dans un état avancé de délabrement, avec deux jeunes gens en blouson de cuir, l’homme portant une batte de base-ball à la place de la fourche d’origine.

Et ce qu’il y a dans le disque vaut largement ce qu’il y a sur la pochette. Dirty Shirley développe un rock lourd, riche en mid-tempos, avec de fantastiques solos de George Lynch (ʺI disappearʺ, ʺEscalator to purgatoryʺ) et une flopée de titres costauds, habités par un feeling bluesy (ʺDirty bluesʺ) et cette fusion entre le métal du regretté Ronnie James Dio et celui plus flamboyant de Whitesnake (ʺHere comes the kingʺ, ʺLast man standingʺ, l’excellent ʺColdʺ). Plus inspirée par Deep Purple, ʺSiren songʺ brille par ses solos d’orgue virevoltants, et ʺThe voice of a soulʺ calme un peu le jeu pour révéler qu’elle aurait pu être une chanson écrite par Whitesnake, tant le chant de Dino Jelusic colle au style de David Coverdale, avec en prime toute la maestria de George Lynch à la guitare. Côté production, c’est l’inusable Alessandro Del Vecchio qui s’est occupé du mixage, George Lynch travaillant sur la production.

Comme on dit, tout ceci est classique mais ça fait toujours rire. Dirty Shirley montre à nouveau qu’on peut toujours emprunter des chemins maintes fois visités et rester excitéant, quand on a l’art et la manière de le faire.

Le groupe :

Dino Jelusic (chant)
George Lynch (guitare)
Trevor Roxx (basse)
Will Hunt (batterie)

L’album :

ʺHere comes the kingʺ (3:43)
ʺDirty bluesʺ (3:34)
ʺI disappearʺ (6:57)
ʺThe dyingʺ (4:00)
ʺLast man standingʺ (4:16)
ʺSiren songʺ (4:04)
ʺThe voice of a soulʺ (7:08)
ʺColdʺ (5:16)
ʺEscalatorʺ (5:04)
ʺHigherʺ (5:27)
ʺGrand masterʺ (3:59)

https://www.facebook.com/DirtyShirleyRock/

Pays: US
Frontiers Music
Sortie: 2020/01/24

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