DROWNING, The – The radiant dark

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Le temps est maussade? Il ne fait pas beau? Vous regardez tomber la pluie et les feuilles mortes derrière votre fenêtre et vous n’avez pas le moral? Voilà de quoi en remettre une couche dans la déprime et vous enfoncer dans les profondeurs ultimes du désespoir parce que, non, les feuilles qui tombent en automne ne sont pas un motif suffisant pour sombrer dans la neurasthénie.

Voilà le produit miracle qui va vous faire déprimer si fort que vous serez ensuite très heureux de vous promener sous la pluie et de marcher dans les flaques d’eau. Et vous pourrez même vous promener nuitamment dans les cimetières en ruine en gardant toujours le sourire aux lèvres parce que décidément, à côté d’un album de The Drowning, il n’y a rien qui justifie la tristesse ou le vague-à-l’âme.

Parce qu’avec The Drowning et son death/doom metal funéraire et baudelairien, vous allez comprendre ce que c’est que d’avoir le moral au fond des chaussettes, de ne plus avoir envie de rien faire de votre vie puisque de toutes façons, on sera bientôt morts et nos corps pourriront dans la glaise froide d’un cimetière de banlieue. Et en matière de désespoir, ces Anglais (pardon ! mille excuses : ces Gallois) commencent à atteindre une certaine expertise puisque ʺThe radiant darkʺ est leur cinquième album qui jalonne une carrière commencée en 2003.

Steve Hart (batterie), Matt Small (chant, également dans Anakim et Vile Inscription), Jason Hodges (guitare), Richard Moore (basse, aussi dans Desecration) et Mike Hitchen (guitare, de My Silent Wake), épanchent leur mauvaise humeur et leur chagrin du côté de Cardiff et ont donc à leur actif les albums ʺWhen the light was taken from usʺ (2006), ʺThis bleak descentʺ (2008), ʺFall Jerusalem fallʺ (2011), ʺSenescent signsʺ (2016) et enfin ce ʺThe radiant darkʺ qui vient de sortir sur le label Transcending Obscurity. Les quatre premiers albums étaient sortis sur la label londonien Casket Music et je n’ai pas entendu que la promotion commerciale de The Drowning était particulièrement intense. Avec Transcending Obscurity, on espère que cela changera car l’album que The Drowning nous a concocté ici est tout simplement magnifique de maturité.

A force d’usiner un doom metal particulièrement dépressif en l’alimentant en chant death, les gens de The Drowning ont finalement trouvé leur sillon de prédilection et leur son. ʺThe Radiant darkʺ propose près d’une heure d’ambiances puissantes, lentes mais aussi épiques qui trouvent leur moment d’apogée sur des morceaux comme ʺIn cold earthʺ ou ʺBlood marks my graveʺ. Les choses commencent en douceur mais le chant d’ours blessé de Matt Small vient vite s’insinuer dans les oreilles, aidé en cela par de vastes constructions de guitares épaisses et une rythmique engluée dans les tourbes maudites des landes de la mort infinie. On ressent de puissantes secousses dès ʺThe triumph of the wolf in deathʺ, deuxième morceau qui suit la courte introduction ʺAlpha Orionisʺ. Et voilà ʺIn cold earthʺ et ses monstrueux assauts de riffs acérés et de chant gluant et acide, de quoi vous dresser les cheveux sur la tête sur cette composition particulièrement réussie. ʺAll that we need of Hellʺ est aussi joliment efficace avec sa langueur métallique lancée vers des montées épiques. C’est un des trois ou quatre morceaux de cet album qui frôlent ou dépassent les dix minutes, permettant la confection de climats musicaux forts et complexes. On met aussi le pouce en haut pour ʺI carve the heart from the universeʺ qui entretient aussi ce souffle puissant et on met un genou en terre devant l’immense ʺBlood marks my graveʺ qui résume en un morceau toutes les qualités de l’album, avec de délicates textures de guitares évoquant le deuil éternel, ouvrant la voie sur une longue et lente montée vaporeuse emplie de tristesse, attaquée de temps à autres par des explosions de colère qui envoient les guitares vers toujours plus d’intensité et de gloire mélodique. Puis on revient au calme et on peut s’endormir dans le froid néant du chagrin éternel.

ʺThe Radiant darkʺ est décidément une très belle découverte qui ravira les amateurs de doom metal triste, ainsi que tous les dépressifs qui ont fait le tour de Joy Division et qui veulent découvrir d’autres sensations pour entretenir leur mal-être.

Le groupe :

Steve Hart (batterie)
Matt Small (chant)
Jason Hodges (guitare)
Richard Moore (basse)
Mike Hitchen (guitare)

L’album :

ʺAlpha Orionisʺ (01:41)
ʺThe Triumph of the Wolf in Deathʺ (09:37)
ʺPrometheus Blindedʺ (04:50)
ʺIn Cold Earthʺ (08:02)
ʺAll that we need of Hellʺ (09:44)
ʺHarrowed Pathʺ (05:48)
ʺI Carve the Heart from the Universeʺ (10:16)
ʺBlood Marks My Graveʺ (07:37)

https://drowningwales.bandcamp.com/

https://www.facebook.com/DrowningWales/

Pays: GB
Transcending Obscurity
Sortie: 2019/11/08

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