EIGHT BELLS – Legacy of ruin

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Je tombe par hasard sur ce groupe Eight Bells et sa discographie encore débutante (trois albums) mais en pleine évolution est un bon prétexte pour faire connaître ce groupe de Portland dans l’Oregon qui a d’intéressantes choses à dire.

Formé en 2010 autour de Melynda Jackson (chant et guitare), Chris van Huffel (batterie) et Haley Westeiner (basse et chant), Eight Bells est l’émanation d’un groupe appelé Subarachonid Space, combo space rock et psychédélique dans lequel évoluaient Melynda Jackson et Chris van Huffel. Ce groupe se disperse en 2010, après un dernier et septième album précisément intitulé ʺEight bellsʺ.

Eight Bells est donc opérationnel dès 2010 et choisit une orientation beaucoup plus post-hardcore. Le premier album ʺThe captain’s daughterʺ (2013) faufile dans cette veine, avec de longs moments accordés à des passages instrumentaux, des aspects progressifs où l’improvisation semble s’inviter. Le groupe réitère cette expérience sonore avec le deuxième album ʺLandlessʺ (2016), où Rae Amitay a repris en compte la batterie, laissant à Chris van Huffel un rôle de percussionniste. On sent cependant poindre davantage d’éléments doom metal ou sludge, le groupe ralentissant les rythmes et se voulant plus aérien au niveau du chant.

Ce groupe se cherche donc, ce qui ne semble pas être du goût de l’ensemble de l’équipe, qui finit par se distendre, laissant Melynda Jackson seule aux manettes en 2017, au moment où Eight Bells connaît un profond remaniement de personnel. Brian Burke (No Shores, Cave Dweller) reprend la batterie en 2017 puis, en 2019, c’est Matt Solis (Cormorant, Ursa) qui intervient à la basse en remplacement d’Haley Westeiner.

Une petite séquence covidienne gèle tout pendant deux ans et on retrouve Eight Bells de retour en 2022 avec un troisième album qui révise de fond en comble les concepts musicaux mis en place au début de la carrière du groupe. Il est désormais question d’être plus assertif sur le doom metal, avec un son plus épais et des rythmiques basées sur la lenteur et l’espace. Ce changement de stratégie a idéalement servi le destin d’Eight Bells, qui signe ici un disque plus cohérent que les précédents. Le trio continue d’écrire des morceaux assez longs, permettant de partir dans de grandes chevauchées tortueuses (ʺThe wellʺ) ou de faire rugir les guitares dans des atmosphères sénatoriales (ʺTorpid dreamerʺ). Ce titre ʺTorpid dreamerʺ est incontestablement le plus direct de l’ensemble, avec sa durée plus courte et ces incisives interventions prog et métal.

La suite de l’album est plus contradictoire mais n’en reste pas moins fascinante. ʺNadirʺ offre une magnifique progression vers un apogée doom metal et post-rock tandis que ʺThe croneʺ est plus feutré et onirique dans son début, avant d’exploser dans une rage approchant du black metal. On termine avec une pièce de choix incarnée par ʺPremonitionʺ et près de dix minutes continuant sur la lancée du précédent morceau sur un mode beaucoup plus dramatique et sludge metal.

Eight Bells montre ici une belle maîtrise des atmosphères et des montées en puissance, avec un album qui commence en douceur et se termine dans la densité sonore étouffante d’une chaudronnerie métallique d’une invincible épaisseur. Un disque de la maturité qui, espérons-le, engendrera d’autres idées du même tonneau pour Eight Bells.

Le groupe :

Melynda Jackson (chant et guitare)
Brian Burke (batterie)
Matt Solis (basse et chant)

L’album :

ʺDestroyerʺ (8:14)
ʺThe Wellʺ (11:09)
ʺTorpid Dreamerʺ (4:45)
ʺNadirʺ (5:14)
ʺThe Croneʺ (7:47)
ʺPremonitionʺ (9:28)

https://eightbells.bandcamp.com/album/legacy-of-ruin
https://www.facebook.com/eightbellsband

Pays: US
Prophecy Records
Sortie: 2022/02/25

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